La principale intéressée, ravie d’être conviée à cette auguste assemblée, est également férue de romans policiers. Elle a accepté de répondre à nos questions. Mais avant, voici les finalistes du prix Saint-Pacôme 2024!
La femme papillon, de J.L. Blanchard (Fides)
Le poids des années, de Guillaume Morrissette (Saint-Jean)
La honte de Frank White, de Jacques Savoie (Libre Expression)
Le nom du gagnant sera dévoilé le samedi 5 octobre lors du Gala du roman policier de Saint-Pacôme.
C’est grâce notamment à la défunte émission de radio Plus on est de fous, plus on lit!, à laquelle elle a collaboré comme chroniqueuse, qu’Isabelle Richer a découvert de nombreux polars et romans policiers d’ici et d’ailleurs. « C’est ainsi que j’ai connu les livres de Maureen Martineau tout comme ceux d’André Marois, qui sont des coups de cœur. J’ai lu La sainte paix l’année dernière, à la suite de sa nomination au prix Saint-Pacôme. J’aime beaucoup ce type d’écriture, toujours sur la frange de l’humour noir. » Elle se dit particulièrement sensible au ton, et à l’originalité des textes de Maureen Martineau. A-t-elle des auteurs ou des autrices d’ailleurs qu’elle apprécie? « Ma chouchou, entre tous, c’est Fred Vargas. Bien sûr, j’aime, comme tout le monde, Michael Connelly, Henning Mankell, Philip Kerr, Jo Nesbo, James Lee Burke… mais celle qui les supplante tous, c’est Fred Vargas, justement pour ce ton unique. Rien n’approche ce qu’elle fait dans la littérature policière. J’aime les digressions d’Adamsberg, sa lenteur, ses réflexions. »
Comment lit-elle ses romans? Cherche-t-elle à découvrir le meurtrier ou se laisse-t-elle porter par l’histoire? « Je suis une lectrice docile. Je me laisse porter; je ne joue pas à l’enquêteur. Là où je suis agacée, c’est lorsqu’il y a quelque chose d’invraisemblable, si l’auteur prend des raccourcis ou des libertés narratives, ou des hasards trop énormes, ça enlève la crédibilité. Je décroche. Je suis particulièrement critique avec les thrillers judiciaires. » Est-ce que ça nous surprend? « Je corrige les erreurs à la mine dans le livre! Connelly, qui a couvert la scène judiciaire, est entièrement conforme et parvient à ficeler des intrigues crédibles et palpitantes. »
La réalité dépasse-t-elle la fiction? « Oui, souvent. Il n’y a que peu de livres qui me renversent, parce que j’ai vu pire. La nature humaine se rend à des extrémités qu’on ne soupçonne pas. Quand j’en suis témoin, en cour, je me dis que l’avoir lu, je ne l’aurais pas cru. Il y a des invraisemblances qui sont par ailleurs possibles. »
Isabelle Richer a débuté comme journaliste généraliste. Comme partout dans les salles de nouvelle, elle a traité de tout jusqu’à ce qu’elle entre en contact avec le monde judiciaire, qu’elle a apprécié tout de suite. Sa première expérience? « J’étais impressionnée; ce n’était pas une affaire simple. C’était la cause rendue en cour d’appel de Chantal Daigle et Jean-Guy Tremblay, sur le droit à l’avortement, où les aspects juridiques étaient complexes, mais incarnés dans une histoire très humaine. » Elle explique qu’il a fallu qu’elle comprenne les concepts juridiques, qu’elle les digère, pour pouvoir les expliquer ensuite au public. « Après cette cause, j’ai couvert un procès criminel et c’est là que j’ai vraiment eu la piqûre. J’ai demandé à être affectée au Palais de justice, et c’est ce que j’ai fait toute ma vie. » Je souligne à quel point elle est le visage du journalisme judiciaire au Québec. Fait-elle du mentorat? « Le mentorat, je le fais auprès de mes jeunes collègues, souvent ceux et celles qui sont en région, qui en font peu, et qui sont inquiets de bien faire les choses. La passation des savoirs et des connaissances, c’est très important pour moi; j’aimerais brancher mon cerveau et le mettre sur une clé USB pour transmettre ce que je sais. »
Si elle ne dit pas non à se laisser tenter éventuellement par l’univers de la fiction, il faudra cependant patienter qu’elle s’extirpe de ce métier qu’elle adore. D’ici là, on peut plonger dans ses souvenirs grâce à son livre, Ce que je n’ai jamais raconté : Vingt-cinq ans au palais de justice, publié aux Éditions La Presse en 2022. On peut la voir du lundi au vendredi, à 11h30 sur ICI RDI et également écouter son balado, Ma version des faits, sur OHdio.
La journaliste Isabelle Richer sera aussi l’invitée d’un café-conférence le dimanche 6 octobre à La Mosaïque-Bibliothèque, à 10h. Le coût de cette activité est de 5$ et l’inscription est obligatoire (inforomanpolicier@gmail.com ou biblio@lapocatiere.ca ou 418 856-3394, poste 1118).
Photo : © Bénédicte Brocard




















