Il y a un moment déjà, on nous annonçait la traduction en arabe de deux titres des auteurs François Blais et J.D. Kurtness. On en discute avec Geneviève Pigeon, présidente et directrice générale des éditions de L’instant même.

En effet, les droits de Document 1, de François Blais, et ceux de De vengeance, de J.D. Kurtness, ont été vendus à l’éditeur égyptien Al Arabi Publishing and Distributing et seront donc traduits en arabe. Document 1 est également disponible au Canada anglais grâce aux éditions Book*hug Press et en Espagne chez Editorial Barrett. Quant à De vengeance, il est publié par Dundurn Press au Canada anglais, par KLAK en Allemagne et par les éditions Dépaysage en France. De la route et bien du lectorat donc, pour ces deux auteurs qu’on apprécie.

Comment ça se passe, les achats de droit? « Il y a plusieurs réponses à la question », nous dit Geneviève Pigeon. « La Foire du livre de Francfort, notamment, est l’occasion pour les éditeurs de se rencontrer et de présenter leurs livres. On fait du réseautage, du démarchage et parfois, un éditeur a un coup de cœur et décide de prendre sous son aile un titre. » Si la mission des éditions de L’instant même est de publier que des livres en français écrits au Québec et au Canada, il va de soi qu’un autre éditeur québécois peut acheter les droits d’un livre étranger afin de le publier au Québec. « Les salons du livre sont aussi des rendez-vous importants pour les éditeurs. Ceux de Bruxelles, de Londres, de Paris et de Montréal par exemple, permettent ces rencontres. » Geneviève Pigeon souligne le travail de l’Association nationale des éditeurs de livres (ANEL), qui épaule les éditeurs d’ici dans leurs démarches sur le marché international. D’ailleurs, le Salon du livre de Montréal sera à nouveau le cadre de la Foire des droits de traduction grâce entre autres au programme Rayonner au Canada du Conseil des arts du Canada. « Il y a aussi le traducteur, qui joue un rôle important dans l’achat de droits », ajoute-t-elle. « Il y a des traducteurs qui choisissent eux-mêmes leurs livres à traduire et comme leur travail est respecté, que leur réputation est bonne, les éditeurs vont vouloir le publier. » Enfin, et ce n’est pas à négliger, les livres qui remportent des prix littéraires suscitent évidemment davantage l’attention. Geneviève Pigeon ajoute que tous ces facteurs, les foires, les salons, les traducteurs ainsi que le travail de l’ANEL et des différents paliers gouvernementaux créent, en quelque sorte, des ponts culturels et facilitent la diffusion de notre littérature.

On n’a pas idée, lorsqu’on lit un livre, du chemin parcouru de cette histoire, écrite parfois dans des conditions bien différentes des nôtres et qui, traduite, résonne encore si fort en nous. Et de croire que des auteurs comme François Blais et J.D. Kurtness feront le même effet sous des ailleurs lointains a de quoi nous conforter dans le pouvoir si salvateur de la littérature.

Bien qu’il date de plusieurs années, on vous invite à relire ce dossier sur la traduction, et cette entrevue, plus récente, avec l’autrice et traductrice Mélissa Verreault.

Publicité