Au printemps, les équipes éditoriales des dictionnaires Larousse et Le Petit Robert dévoilent le nom des personnalités publiques qui feront leur apparition entre leurs pages et présentent les quelques nouveaux mots de l’année qui s'y ajoutent. Mais qu’en est-il de ces mots qui disparaissent?

C’est traditionnellement lors des premières semaines d’été que les nouvelles éditions des dictionnaires font leur entrée en librairie. On peut alors se faire plaisir et fouiller dans ces précieux ouvrages qui, avouons-le, trouvent de moins en moins preneurs. À l’ère du numérique, même votre rédactrice ci-présente, pourtant férue de dictionnaires, craque parfois et fouille sur le Web pour vérifier le bon usage d’un mot. Pourtant, rien ne vaut le papier pour mémoriser les savoirs! Quoi qu’il en soit, chaque année, de nouveaux mots intègrent le vocabulaire, puisque la langue évolue, se transforme et s’adapte, à l’image de la société. On retrouvera notamment escape game, greenwashing et découplage; écoanxiété, recyclerie et vélo-cargo; bascule, pigeonnier et délestage… Et ce ne sont là que quelques-uns des exemples des néologismes du Petit Larousse illustré 2024. Le Petit Robert 2024 ajoute pour sa part spoiler, parkour, réparabilité, complosphère, crush, ghoster, mégenrer et métavers, entre autres.

Cette année, l’auteur et slameur David Goudreault fait son entrée dans Le Petit Robert tandis que la bédéiste Julie Doucet prend place dans Le Petit Larousse. Quel insigne honneur, n’est-ce pas, de se retrouver dans le dictionnaire?

Mais voilà, pour faire place à ces nouvelles entrées, il faut bien se délester de quelques anciens termes. Est-ce à dire que ces mots, si désuets soient-ils, sont morts? Pas tout à fait, quoique bien des mots illustrent une réalité qui n’existe plus. Par exemple, les métiers de coffretier et d’argenteur n’ont plus cours. Le terme chasse-cousin, bien qu’il puisse encore malheureusement s’appliquer, désigne un mauvais vin… mais plus personne n’utilise l’expression. Ces mots tombent donc dans l’oubli. Cela dit, les lexicographes du Petit Robert ne les abandonnent pas complètement : les mots obsolètes sont conservés dans le Grand Robert, en version numérique, témoins d’époques révolues certes, mais présents. On peut aussi plonger dans ce livre, Les mots disparus de Pierre Larousse, heureusement toujours disponible (ce serait le comble, si?) qui regorge d’exemples de mots endormis. Endormis, parce qu’il arrive, parfois, qu’on assiste à une renaissance! C’est le cas du mot « maille », qui désignait une monnaie de faible valeur jusqu’au 14e siècle et qui a resurgi en 2018 dans la chanson d’un rappeur français. Comme quoi, il faut bien couver ces mots, précieux et toujours vivants.

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