L'initiative Les libraires conseillent répond à la demande des lecteurs avides de suggestions. Chaque mois, un comité formé d’une quinzaine de libraires établit, après moult discussions passionnées et passionnantes, une sélection de cinq livres. Essais, BD, romans jeunesse ou pour adultes, d’ici comme d’ailleurs, ces cinq livres sont mis de l’avant dans les librairies membres de notre réseau. Cette initiative est une belle occasion de promouvoir des livres jugés particulièrement remarquables, ainsi que de valoriser le rôle primordial de votre libraire. Voici la sélection de juin.
 

L’homme aux araignées
Jocelyn Boisvert (La courte échelle)

Anna et sa famille prennent la route des vacances pour Boston. En chemin, elle explique aux enfants qu’elle veut faire un détour dans un petit village isolé pour aller voir un ami peintre qui n’a pas donné de nouvelles depuis longtemps. Anna ne s’inquiète pas trop, car l’ami en question communique seulement par la poste. En arrivant à la cabane, la famille découvre l’endroit plein de toiles d’araignées et plusieurs œuvres troublantes d’araignées peintes, mais il ne semble y avoir personne à part quelques bestioles à huit pattes. En regardant au-delà des toiles d’araignées, Anna découvre son ami face à la fenêtre avec l’air absent. Elle décide donc de l’emmener à l’hôpital, mais elle n’est pas au bout de ses peines, la reine des araignées en a décidé autrement… Jocelyn Boisvert signe ici un nouveau roman dans la collection « Noire » de la courte échelle. Une collection que j’affectionne particulièrement. Une lecture assez angoissante pour ceux qui ont peur des araignées, le livre en est rempli! Dès 9 ans.
Annie Proulx, Librairie A à Z (Baie-Comeau)

 

Passe-temps
Pascal Girard (Pow Pow)

Pascal Girard nous revient avec un dessin sans acrobatie, mais avec l’autodérision mordante qui fait son charme. À travers les strips (bande dessinée de quatre cases tenant en une seule page) qui constituent Passe-temps, il nous fait découvrir de petits moments tirés d’un quotidien qui ne sont pas nécessairement à son avantage, mais qui font ô combien rire son public. Cette nouvelle collection de Pow Pow consacrée aux carnets et notes de bédéistes est une pure merveille en termes de bonnes idées et le ton de Pascal Girard s’y présente à la perfection.
Anthony Lacroix, Librairie Boutique Vénus (Rimouski)

 

Whitehorse
Samuel Cantin, Guillaume Laurin et Sébastien Tessier (Ta Mère)

Après avoir charmé les lecteurs et la critique avec ses bandes dessinées, l’auteur Samuel Cantin nous présente la version adaptée au théâtre de son roman graphique Whitehorse (Pow Pow) qui lui avait valu un prix Bédélys en 2016. Les fans seront heureux de retrouver Henri, l’écrivain raté et anxieux, Laura, l’étoile montante du cinéma et Sylvain Pastrami, le réalisateur pervers narcissique. Les lecteurs qui se plongeront pour la première fois dans l’œuvre de Cantin découvriront, quant à eux, un univers déjanté qui ne ressemble à rien d’autre. Avec cette version théâtrale publiée aux éditions de Ta Mère, l’auteur nous prouve que malgré l’absence d’illustrations, son humour décalé demeure inchangé et devient accessible à un nouveau public.
Jacinthe Crête, Librairie Monet (Montréal)

 

Comme un long accident de char
Joël Martel (La Mèche)

Que serions-nous sans les innombrables détours aussi imprévisibles que salutaires dont nos vies sont pétries? Que serions-nous sans ces rencontres qui nous forgent et nous déforment parfois un peu au passage, mais qui au final ont fait de nous ce que nous sommes? Que reste-t-il de ces gens décédés dont on a croisé la route ou qui ont croisé la nôtre et qui persistent à continuer d’exercer une influence, en bien ou en mal, dans la poursuite malaisée du cours de nos propres jours? Comment faire pour passer de l’ambivalence inhérente au statut de fils aux impératifs propres aux enjeux de la paternité? Peut-on être son propre père? Dans ce roman sensible, pénétrant, poignant et perspicace, Joël Martel fait montre d’une étonnante habileté à sublimer l’anecdotique pour en tirer la substantifique moelle de ce qui donne un sens à ce grand cirque où s’ébrouent nos cœurs transis, mais toujours battants. Excellent.
Philippe Fortin, Librairie Marie-Laura (Jonquière)

Avide
Myriam Vincent (Poètes de brousse)

Dans ce troisième roman, Myriam Vincent confirme son talent pour monter une intrigue captivante, enlevante. Laisser l’histoire happer son lecteur, imaginer des avenues possibles et surprendre, pas nécessairement par la finalité, mais par la façon de s’y rendre. Ici, elle ajoute également en toile de fond les inégalités sociales et l’insécurité financière qui en découle. Parce que si tous et toutes ont accès aux études, peu peuvent se permettre de se tromper et de recommencer lorsqu’elles sont terminées. Par le biais d’une chasse au trésor à travers les sentiers canadiens avec à la clé un million de dollars, Myriam Vincent confronte la nécessité au loisir, la misère au confort, l’espoir d’une vie équilibrée à la perspective d’un quotidien sans plaisir.
Chantal Fontaine, Librairie Moderne (Saint-Jean-sur-Richelieu)