2015 aura marqué la commémoration du tricentenaire de la mort de Louis XIV, le roi de France le plus éblouissant de l’histoire de France. Son esprit visionnaire, son amour des arts et de l’architecture, sa passion des femmes, son esprit conquérant nous sont relatés avec brio par cet excellent conteur qu’est Max Gallo. L’iconographie de ce magnifique livre est à la hauteur des réalisations du Roi Soleil.
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Les libraires craquent
Splendeurs et misères. Images de la prostitution 1850-1910
La prostitution était au XIXe siècle une facette incontournable de la vie parisienne. Parfois émus, parfois lubriques, les artistes du temps ont dépeint avec talent cette faune si colorée. Mais le faste de cette exposition laisse, tout de même, une forte impression de misère, de solitude et d’asservissement de ces femmes, qu’elles soient contraintes à la prostitution pour survivre ou pour accéder à une place dans la haute société de l’époque. Un regard à la fois artistique, historique et anthropologique fascinant.
Blasmusikpop
Un village perdu des Alpes autrichiennes, si isolé que les catastrophes du XXe siècle l’ont à peine touché… C’est là que grandit Johannes A. Irrwein, convaincu qu’il n’est pas à sa place parmi ces incultes, voués à préserver leurs traditions et leur patois. Comme son « docteur papi » qui l’a contaminé, ayant lui-même étudié la médecine pour comprendre comment un ver solitaire avait pu se loger en lui, Johannes se singularise en étudiant et se passionnant pour Hérodote, ce vieux Grec qu’il décide d’imiter en décrivant les mœurs de ses concitoyens. On l’aura compris, on est beaucoup dans l’humour. On rit, certes, mais on se dit aussi que c’est un portrait assez fidèle des petites communautés que recèle le vaste monde. De belles heures de lecture!
Boo
Il n’est pas chanceux, Oliver, 13 ans, surnommé Boo. Il vient de se réveiller dans l’au-delà. Il se rappelle qu’il récitait le tableau périodique des éléments devant sa case à l’école secondaire… Son cœur, malade depuis toujours, a sans doute flanché… Mais un jour, Thelma, qui l’aide à s’acclimater à sa nouvelle « vie », lui amène une recrue, Johnny, qui fréquentait la même école. Surprise puis choc quand Johnny révèle à Boo avoir passé plusieurs semaines dans le coma parce qu’un élève avait tiré sur eux avant de se suicider. Une idée prend vite forme : ce meurtrier pourrait-il se trouver parmi eux? Leur enquête aura des conséquences imprévues… Un roman d’une grande originalité, à la fois drôle et fort touchant, un hymne à l’amitié!
Les fugueurs de Glasgow
1965. Époque de tous les possibles. Ils sont jeunes et naïfs. Leur vie à Glasgow les étouffe. Quand Jack, expulsé de son école, annonce aux copains de son groupe de rock qu’il fugue à Londres, tous décident de l’accompagner. Périple rempli d’aléas, suivi d’un mois hallucinant… jusqu’à ce que survienne un drame terrible. Partis à cinq, ils seront trois à rentrer. 2015. Un meurtre à Londres les replonge dans le passé. Refaire le voyage devient essentiel pour expurger le mal. Construit en allers-retours entre les deux époques, le récit de l’Écossais Peter May est certes un roman noir, mais c’est aussi un formidable texte sur l’amitié, les rêves perdus et les années 60, un livre dont la dernière phrase vous touchera au plus profond…
Du sang sur ses lèvres
Des jumeaux. Des Français. Alix et Paul. Presque la quarantaine. Leur vie a basculé quand ils étaient enfants : leurs parents sont morts de façon violente. Leur but : la vengeance. Éliminer
« Monster », le responsable. Quand Paul disparaît sans un mot, plus longtemps qu’à l’habitude, Alix sait : elle doit le retrouver pour prendre part au châtiment. Le détective qu’elle embauche le retrace au Québec, à Pohénégamook, à la frontière du Maine : c’est dans cet État, tout près, que « Monster » habite maintenant… Seule solution pour elle : traverser l’Atlantique afin de rejoindre Paul immédiatement. À son arrivée, elle apprend que son frère a tout prévu. Il reste à exécuter le plan! Un récit froid, sans demi-teinte. Une quête impitoyable…
Je veux une maison faite de sorties de secours
Nelly Arcan a rejoint les Anne Hébert et Gabrielle Roy, selon moi, malgré sa courte carrière. Mes attentes étaient grandes pour cet ouvrage et elles ont été largement dépassées. D’abord, qui de mieux placé que Claudia Larochelle, bonne amie de la défunte auteure, pour réunir ces textes tous distincts, parfois touchants, et tous plus éloquents, sur la vie et l’œuvre de cette grande femme de la littérature québécoise? Ce très bel objet peut d’ailleurs très bien faire office d’introduction à l’œuvre d’Arcan qui, mieux qu’une biographie, nous permet d’explorer la vie et les romans de l’auteure sous l’œil avisé d’écrivains, de journalistes et de traducteurs qui la connaissaient ou non. Bref, ces pistes de réflexion sur l’auteure tourmentée qu’elle était illuminent vivement la noirceur émanant de ses romans, de son parcours et de son décès.
Le nid de pierres
Le nid de pierres, c’est l’histoire de Thomas, un scénariste de série télévisée qui décide de se réinstaller, avec un amour d’enfance, à Saint-Denis-de-Brompton, leur village natal. C’est ainsi que s’ouvre ce roman envoûtant empreint d’une aura mystérieuse qui ne se dissipe pas. En filigrane, des retours en arrière de Thomas, alors enfant en 1985, et une légende abénaquise qui évoque un contraste entre mysticisme et réalisme. Avec ce premier roman, Malavoy installe son récit dans le passé et dans le présent, en jouant d’une intrigue forte sur la disparition de plusieurs villageois. Une fois qu’il entame sa lecture, le lecteur se trouve lui-même étouffé par ce ventre de bœuf qui hante Thomas. Guidé par une écriture somptueuse et organique, ce récit est celui du passé qui revient tous nous hanter, parfois à jamais.
La remontée
Un ancien amant, David, disparaît. Clarisse, après avoir appris la nouvelle, abandonne sa galerie d’art, son associé et copain ainsi que sa fille pour retourner à Sainte-Catherine-sur-Mer, son village d’enfance dans le Bas-du-Fleuve. C’est en s’installant dans la maison de chambres où résidait David que s’entament les réflexions de Clarisse sur son rôle de mère, de femme et d’artiste. Se détachent par couches les aveux et remords du personnage afin de découvrir la complexité de cette femme qui se cherche sans se trouver. Les questionnements de Clarisse poussent le lecteur à lui-même réfléchir. Est-ce qu’une mère peut renoncer à son rôle? Comment créer maintenant que sa vie est changée? Les questions viennent toutes avec le dénouement de la disparition de David. Roman intimiste et original, il est manifestement dans la lignée de ceux des Éditions de Ta Mère.
Un amour américain
Impossible de ne pas succomber à ce super bel album! La magnifique couverture tout en corail et vert tendre présente les deux personnages principaux en tête-bêche, comme le début et la fin du récit. L’illustratrice a réussi un coup de maître en ajoutant des images splendides à cette histoire plutôt simple, racontant le souvenir d’un premier amour. Entre désir, voyages et rêve, cette romance nous berce tantôt en douceur, tantôt en mélancolie, mais toujours en mouvements comme le temps qui passe. Avec le souhait de retrouver ce premier amour, le lecteur tourne les pages lentement pour ne rien manquer. De toute beauté. Dès 7 ans
Buena Vida
L’auteure, bien connue pour sa musique et sa voix unique, se livre à nous dans ce témoignage où nous la suivons de sa tendre enfance à sa sortie des soins psychiatriques. Élevée dans un monde d’artistes, possédant un don inné pour la musique, mère d’une petite fille, Florence K s’est tout de même retrouvée dans un trou noir duquel il semblait n’exister aucune issue. Ce récit empreint d’humilité explique bien la souffrance de la descente aux enfers et le pénible travail de la remontée. Buena Vida est un cri du cœur, un message d’espoir autant pour la personne atteinte qui souffre que pour les gens autour. Parce que chacun peut se retrouver un jour désemparé…
Maman a tort
Malone, âgé de trois ans, affirme haut et fort que sa mère n’est pas sa vraie maman. Il le sait, car sa peluche le lui dit. Lorsqu’un psychologue et une commandante tenteront d’enquêter sur la question, tout déboulera vite et les conséquences seront sévères pour ceux qui mettent leur nez là où ils ne devraient pas. Maman a tort est un roman intrigant qui captive le lecteur du début à la fin alors qu’il essaie de comprendre ce qui se cache dans la vie de chaque personnage. Le lecteur suit les personnages dans leur quête de vérité alors que le temps est contre eux. Ce roman de Michel Bussi mélange manipulation et suspense et traîne le lecteur dans toutes les directions possibles.
Encyclopédie de la cuisine de Nouvelle-France
Bien sûr, le rôle premier d’un livre de cuisine est de nous fournir des recettes ou des idées afin de nourrir les nôtres ou d’épater la galerie avec un somptueux repas. Mais d’autres gens, comme moi, aiment s’asseoir sur un sofa et passer la soirée à feuilleter un livre. Eh bien! Vous qui pratiquez ce sublime type de lecture, voici le livre qu’il vous faut! Jean-Marie Francœur a passé plusieurs années à amasser informations et anecdotes pour nous pondre ce magnifique ouvrage. Et quel ouvrage! Presque 600 pages de purs plaisirs culinaires et historiques. Près de 3000 recettes offertes, d’extraits de vieux ouvrages, de notes étymologiques et d’encarts historiques. Entrées, potages, soupes, volailles, sauces, pains, desserts – et je n’en nomme que la moitié ici –, tout ce qui a été les fondements de nos traditions culinaires au Québec s’y trouve. Ce qu’on trouvait sur la table du riche, comme du pauvre. Saviez-vous qu’on cuisinait le marsouin du fleuve à une époque? Qui était Marc Lescarbot? Quel ouvrage culinaire Nostradamus a-t-il publié de son vivant (oui, oui!)? C’est une invitation à un somptueux banquet qui vous attend au fil de ces pages, une procession de plats plus alléchants les uns que les autres. Et ils ne sont pourtant pas illustrés. Imaginez pousser l’audace à les réaliser dans votre cuisine (bien sûr, pour le marsouin, il faudra oublier, c’est interdit désormais). Bref, le livre à avoir dans sa cuisine… ou son salon! Bon appétit!
La petite patrie
Depuis que je me suis arrêté à lire les BD de Julie Rocheleau, je suis vite tombé amoureux de son art! Un dessin actif, vibrant, aux couleurs vives. Un sens de la perspective magnifique et un rythme efficace. La petite patrie, roman de Claude Jasmin scénarisé par Normand Grégoire, prend, sous ses crayons, son existence propre. C’est l’enfance dans toute sa splendeur avec sa naïveté, sa cruauté et son insouciance. En marge, le drame de la guerre, l’omniprésence de la religion et l’étincelle encore somnolente de la Révolution tranquille à venir. Après le succès de la trilogie de « La colère de Fantômas », je suis ravi de voir le travail de Julie Rocheleau foisonner au Québec. Une artiste qui n’a pas fini de nous surprendre!
À table avec les microbrasseries du Québec et leurs complices
La bière. J’ai appris, lors des dernières années, qu’il y a mieux que la quantité : il y a la qualité. Si avant on l’achetait en caisse de vingt-quatre pour garnir le frigo, de plus en plus, on l’achète pour garnir la table. Et encore mieux, pour en utiliser dans nos recettes. La multiplication des microbrasseries a permis d’élargir la carte des produits offerts, maintenant d’une grande variété. Le livre que voici nous propose plusieurs recettes préparées à partir de ces bières goûteuses et originales : burgers, compotes d’oignons, soupes, côtelettes, et j’en passe. Que de preuves pour vous convaincre que la bière a désormais sa place dans le monde merveilleux de la gastronomie! De plus, les photos sont superbes. Santé!
Tout ce qu’on ne te dira pas, Mongo
Ce livre arrive sur nos tablettes à un moment où nous en avons bien besoin. Ce moment où nous accueillons dans notre pays des victimes d’un conflit qui nous semble si lointain. C’est un guide pour connaître l’autre, tout dépendamment du point de vue qu’on prend. L’autre, le Québécois qui reçoit, mais ne comprend pas encore les codes de son nouvel arrivant, et l’autre, l’immigré qui doit se retrouver dans les us et coutumes du Québécois. C’est un livre qui nous fait sursauter parfois, tellement le reflet de ce que nous sommes est véridique, même si ça nous plaît plus ou moins. J’ai aimé faire cette pause, où j’ai pu me mettre dans la peau de Mongo, un Camerounais enthousiaste de vivre parmi nous, mais qui en ressort avec quelques écorchures.
Ukraine à fragmentation
L’Ukraine est depuis quelque temps un pays déchiré. Frédérick Lavoie, qui a eu la possibilité d’être sur place en 2014 lors de bombardements, a décidé de nous présenter les racines de cette crise imbécile qui profite à des opportunistes. Selon moi, le fait de s’adresser à Artyom, un petit garçon de quatre ans mort lors d’une frappe à Donetsk, véhicule toute la force de ce livre. Frédérick n’est plus le journaliste, ni l’auteur, il est le porte-parole de l’injustice qui a frappé ce garçon. Et le message porte bien; il est impossible d’être d’un côté ou de l’autre tant les idioties et la désinformation culminent sur cette terre avec une histoire déjà riche en mésaventures. Un livre qui fait réfléchir sur le fragile équilibre de la paix…
Les chiens
Véritable roman d’anticipation, voici un roman poignant, haletant et dur! Enfin! Rares sont ces livres un peu terrifiants pour les 12-14 ans! Cameron et sa mère viennent tout juste d’aménager dans cette vieille maison, décrépite, située au milieu de terres agricoles. Alors qu’il explore les lieux, il découvre de sinistres dessins d’enfant, laissant présager le pire pour leur auteur. Cameron porte lui-même sur ses épaules un lourd passé. Est-ce son imagination? Entend-il vraiment la voix du garçon dans sa tête? Est-ce lui qu’il a vu dans la grange? Fantôme, meurtres sordides, secrets de famille, voisin douteux, les ingrédients foisonnent. Happé par ces mystères, le lecteur n’aura de répit que lorsqu’il aura tourné l’ultime page, essoufflé. Dès 12 ans
Le fils
Le jour où un codétenu lui confie la vérité sur la mort de son père, accusé à tort d’avoir été une taupe au sein de la police, Sonny délaisse l’héroïne et entreprend de se venger. Ce junkie passif et docile s’évade de prison et devient un justicier terrible pour ceux qui l’ont berné. Les personnes qui le côtoient s’y attachent, mais sa naïveté et sa candeur ne le détournent pas de son but. L’enquêteur chargé de résoudre les meurtres qu’il commet est sensible à sa cause puisque celle-ci laisse entrevoir l’implication de hauts dirigeants corrompus avec les pires criminels. Nesbø livre, encore une fois, un thriller aux multiples ramifications complexes, qui culminent à une chute totale, surprenante et à la hauteur des attentes de ses lecteurs.
Le temps des fleurs, le temps de neiges
Voici un de ces livres dont il faut saluer l’existence et la finesse! D’abord, par la musique qui accompagne l’album, chantée, entre autres, par une chorale d’enfants accompagnée des musiciens de l’OSM. Le tout sans prétention, mais livré avec une sincérité et une émotion qui se ressentent. Le livre est tout aussi accrocheur. Philippe Béha y va de son coup de pinceau caractéristique, variant les couleurs et les mouvements pour offrir une œuvre chaleureuse, empreinte de tendresse, qui raconte un peu de cette mythologie grecque si riche d’enseignement. Ici, l’origine des saisons expliquée grâce au compromis trouvé entre Déméter et Hadès pour se partager Perséphone. Une fabuleuse initiative des éditions Planète rebelle, toujours inventives. Dès 6 ans
Aux toilettes
Que se passe-t-il lorsqu’un après l’autre les élèves d’une même classe demandent à aller aux toilettes? Que se passe-t-il lorsque chacun d’entre eux revient différent? L’une pouffe de rire, l’autre a changé de vêtements et celui-là est tout tâché… Francis, leur enseignant, est bouche bée. Lorsque tinte la cloche de la récréation, allez hop! Monsieur Francis se précipite au p’tit coin. Et puis… Ah, non! Je ne vous dévoilerai pas la chute, tout de même! C’est rigolo! La plume d’André Marois est colorée, chantante et pleine de vitalité. Quant aux illustrations de Pierre Pratt, elles auréolent l’histoire de magie, elles élargissent, grâce à ce coup de crayon si particulier, les horizons de l’imagination. Un album qui se savoure avec bonheur! Dès 4 ans
Tout va bien aller. C’est pas facile d’être une fille (t. 2)
Apprendre à conduire une voiture manuelle, soutenir sa meilleure copine en pleine crise identitaire, aimer sans condition son fiancé qui passe ses journées de congé à jouer à des jeux vidéo en se goinfrant de Pop-Tarts et, surtout, organiser son mariage de rêve sans porter atteinte à sa santé mentale : dans ce deuxième tome, Bach nous le prouve en grand, ce n’est fichtrement pas facile d’être une fille! Les fans de Margaux Motin et Pénélope Bagieu seront enchantés par les planches humoristiques et ô combien charmantes de cette bédéiste bien de chez nous. À lire, pour tous ces petits moments d’autodérision où vous vous direz, en riant : ah, ça, c’est tellement l’histoire de ma vie!
Les dieux de l’Olympe
Attention chef-d’œuvre! Il s’agit d’un des plus beaux livres que j’ai tenu entre mes mains. À saveur Art déco rappelant une imagerie de jadis, les illustrations de ce livre, toutes aussi sublimes les unes que les autres, présentent les différentes divinités de la Grèce antique de façon exemplaire. Aphrodite n’a jamais été aussi belle et Poséidon est d’une puissance qui ferait rougir d’envie Moby Dick. Comme documentaire jeunesse sur le sujet, on a probablement rarement fait mieux. Les textes ne sont jamais lourds, mais toujours pleins de renseignements faciles à assimiler pour le jeune lecteur comme pour le plus vieux. On souhaiterait que les auteurs poursuivent leur excellent travail en présentant d’autres mythologies.
Metropolis
Ce magnifique imagier aux couleurs riches et harmonieuses propose un tour du monde en quelques mots et plusieurs dessins. Il présente des monuments, personnages, lieux et autres éléments représentatifs de soixante-quatre villes phares de notre planète. De Montréal à Stockholm en passant par Jakarta, Rome et Rio, on apprend les spécificités de chacune de ces villes grâce à un dessin dépouillé et évocateur. Celui illustrant P.K. Subban est adorable de simplicité tout comme celui présentant le pont Nelson-Mandela de Johannesburg est amusant à souhait. Cet ouvrage en est un d’exception par son homogénéité remarquable et par sa qualité d’impression qui nous convainc de feuilleter un véritable travail d’artiste. Unique.
Kent Nagano. Sonnez, merveilles!
Dans ce passionnant essai à géométrie variable, le chef de l’Orchestre symphonique de Montréal décrit les difficultés économiques des grands orchestres de l’Occident, aux prises avec un public vieillissant. Il les explique par la diminution de la culture générale – et bien sûr musicale – dans la société et dans le curriculum scolaire, prenant comme exemple sa propre expérience dans le village californien de son enfance, où l’exposition à la musique a été déterminante dans sa vie. De manière éloquente, il explore l’effet de la musique sur notre cerveau avec un chercheur en neurosciences, de surcroît musicien, ainsi que la place de la musique dans le quotidien de personnalités d’horizons aussi divers que l’astronomie et la politique. L’essence de l’ouvrage, c’est l’exploration du rôle de la musique dans nos sociétés, mais les plus beaux passages sont dans les rapports du maestro avec les œuvres.
L’enquête secrète de la ruelle
Un album unique en son genre, illustré par la photographe verdunoise Julie Durocher. On y suit les aventures de quatre jeunes enquêteurs qui décident de partir à la recherche de M. Lagacé qui semble avoir disparu de la carte depuis quelques jours. Ils parcourront les ruelles de leur quartier, rencontrant une panoplie de personnages, tous aussi amusants les uns que les autres. Un grand bonheur de lecture, grâce à la très belle plume de Jean-François Sénéchal et à la mise en page dynamique et colorée. Un premier ouvrage pour l’éditeur Jules la mouche qui mise juste, qui fera le bonheur des petits et aussi des plus grands qui se reconnaîtront dans la nostalgie des ruelles de la ville et dans l’imaginaire débordant des enfants.
Des explosions
Imaginez Michael Bay comme un des grands penseurs de notre époque, un artiste incompris qui voit, dans son Bad Boys, un film sur la décolonisation. Ajoutez à ça une foule de personnages, tous aussi absurdes les uns que les autres (qu’ils soient réels ou fictifs), des poursuites endiablées, de grands enjeux philosophiques et des tournages de films complètement déjantés… et vous ne ferez qu’effleurer le génie et l’humour de cet excellent roman. Avec brio, Mathieu Poulin nous transporte dans la vie fictive de ce réalisateur de blockbuster américain et déconstruit sa carrière pour notre plus grand plaisir, nous livrant dans le détour un roman intellectuel de grande qualité. Vous ne regarderez plus jamais Armageddon de la même manière!
Je ferme les yeux pour couvrir l’obscurité
La collection « Jardin de Givre » poursuit son exploration littéraire du nord et nous offre cette fois un recueil nous provenant du Groenland. À travers des fragments de vie quotidienne d’un réalisme noir, l’écriture tourmentée de l’auteur fascine. Les personnages, en quête d’une porte de sortie temporaire ou ayant déjà la gueule de bois, témoignent d’un désir de révolte presque toujours noyé par la présence invasive de l’homme scandinave et la violence de l’hiver. Ici et là teinté d’un ancien mysticisme inuit et d’un imaginaire perdu dans la vie urbaine, Je ferme les yeux pour couvrir l’obscurité pose un regard nécessaire sur la vie des peuples autochtones, le colonialisme et la langue en péril qui saura captiver le lecteur curieux qui s’y plongera.
Les grands esprits
Publiées il y a plus de trente ans, et inédites dans leur version française, ces histoires de fantômes se révèlent être un recueil bourré d’humour, bien loin d’être effrayant. Campés entre les murs du Massey College, dont Davies fut maître-fondateur pendant près de vingt ans, ces récits furent racontés chaque année lors de la fête de Noël annuelle pour amuser ses collègues. Se moquant souvent au passage du milieu universitaire ou littéraire, l’auteur joue avec les codes du genre et rencontre au cours des pages plusieurs classiques et autres figures historiques, du diable à Charles Dickens en passant par la reine Victoria. Une lecture légère et pleine d’esprit(s) d’un grand auteur canadien qu’on se fait un plaisir de découvrir ou de redécouvrir.
Une simple histoire d’amour
Inspirée par Lettre à un inconnu de Stephan Zweig, Noëlle décide d’écrire une longue lettre à Erwan pour faire revivre le souvenir de ces cinq occasions où elle l’a croisé dans sa vie. Au fil des pages, elle raconte avec mélancolie, avec tristesse aussi, cet amour qui l’unit à Erwan et qu’elle ne pourra oublier tout au long de sa vie. Un court roman réaliste et saisissant qui creuse les mécanismes de l’amour et de la mémoire. La justesse des émotions et la maîtrise du récit en font un livre essentiel à lire, parce qu’il ne peut laisser personne indifférent et qu’il invite à réfléchir sur la portée de l’amour et du pardon. C’est aussi un brillant hommage au temps qui passe et qui transforme, bien souvent, les gens en inconnus. Dès 12 ans
Tommy l’enfant-loup
On raconte, à Arvida, que Tommy aurait été trouvé par une bande de chasseurs, dans un terrier de loup, par une nuit de juin où il neigeait. Lorsque le malheur frappe, l’enfant-loup sent l’appel de la forêt et s’interroge sur sa place parmi les hommes. Il décide alors d’élucider le mystère de ses origines avec l’aide des frères Archibald et de Bill Bilodeau, l’ami des animaux. Porté par la langue colorée de Samuel Archibald et les illustrations envoûtantes de Julie Rocheleau, ce bijou de récit à saveur de conte plaira aux jeunes lecteurs comme aux grands. On attend avec impatience la suite de la série Bill Bilodeau, l’ami des animaux, et on accueille avec enthousiasme Porc-Épic, la toute nouvelle collection jeunesse du Quartanier. Dès 8 ans
Au péril de la mer
Dominique Fortier, depuis Du bon usage des étoiles, nous a toujours habitués à la grande histoire. Celle qui se déroule loin, tant sur la frise chronologique que sur les cartes et le territoire. Lorsqu’on aborde Au péril de la mer, l’action se pose tout doucement au Mont-Saint-Michel en plein cœur du XVe siècle, laissant présager un Fortier pur jus. Lorsqu’on se retrouve quelques pages plus tard dans un parc d’Outremont avec la mère et l’écrivaine qui se croisent en réflexion, on assiste à la découverte de la romancière, dans ses doutes, ses questionnements, ses certitudes et une sorte d’intimité. Pour la première fois, Dominique Fortier marie la grande et la petite histoire, la sienne, laissant présager qu’il y a peut-être vraiment eu révolution dans sa façon d’aborder l’écriture.
Les irremplaçables
À l’intersection de l’intime et du social, Cynthia Fleury élabore depuis une quinzaine d’années une philosophie politique qui replace l’individu dans son processus d’humanisation. Dans ce nouvel essai qui lie habilement philosophie, littérature et psychanalyse, elle reconstitue les formes de l’individuation en vue d’une critique de l’individualisme. En proclamant l’irremplaçabilité de l’individu, la philosophe française rejette autant les éloges immodérés du moi que les déplorations passéistes de l’émergence moderne de l’individu. Pour préserver et revigorer la démocratie, l’analyse du régime politique est insuffisante, il faut une philosophie politique de la responsabilité et de la solidarité qui prend sa source dans les relations que tissent les individus.
La philosophie en France aujourd’hui
Cet ouvrage collectif reprend deux numéros de la revue Cités et entend offrir aux mordus de philosophie un panorama complet de la France philosophique actuelle. On y croise des figures aussi différentes que Marcel Gauchet, Franck Fischbach, Barbara Cassin et Jean-Luc Nancy. Entre études approfondies, entretiens et autoportraits, on voyage entre les tendances et les tensions d’une constellation intellectuelle qui a les idées bien ancrées dans le XXIe siècle. Mentionnons à cet égard la dernière section consacrée aux nouvelles approches. En introduction, Yves Charles Zarka livre un plaidoyer énergique et salutaire pour la philosophie comme rempart à la barbarie intellectuelle.
Le rêve du retour
As du roman politique campé dans l’Amérique latine du XXe siècle et ses guerres civiles, Castallanos Moya donne ici dans un registre plus intime, bien que les arcanes du pouvoir continuent d’agir en sourdine. On suit le journaliste Erasmo Aragon dans une lente, mais tenace dérive psychique et relationnelle matinée d’alcool, d’ennuis de santé et d’hypnose. La phrase longue et sinueuse, l’humour noir et la chaleur de Mexico servent parfaitement bien le caractère monomaniaque de cet homme au bord de l’implosion.
Corps simples
J’ai découvert ce recueil de poésie lorsque j’ai entendu Jean-Paul Daoust en lire des extraits à la radio. J’ai été immédiatement attirée par ce que j’entendais. J’ai perçu une matière brute et naturelle, quelque chose proche de la vie. C’est une poésie anecdotique : j’avais l’impression de lire des fragments de vie; ma vie et celles des autres. On est confrontés aux impératifs de l’existence. La vie est soumise à une tension. J’y ai d’abord vu la mélancolie humaine, mais il n’y avait pas que ça : le désespoir se tient à l’arrière-plan, mais est sublimé par une douceur désarmante. On finit par aller plus haut. C’est comme une longue fuite de la tristesse. On s’ouvre tranquillement à quelque chose de beau.
Histoire(s) et vérité(s). Récits autochtones
Ce que j’aime de Thomas King, c’est qu’il n’a pas la langue dans sa poche. Ses propos sont crus, son ton est acide et grinçant. Il utilise l’humour et l’humeur pour traiter de sujets sensibles. Il aborde le thème des relations difficiles entre les Premières Nations et les Blancs, montre l’éventail des masques du colonialisme et se penche sur les représentations courantes, stéréotypées, de l’Autochtone, soit l’homme sauvage en harmonie avec la nature et qui est loin de la vie civilisée. King nous éveille à une autre réalité. Sans rentrer de force dans les grands débats, il raconte des histoires. Il montre comment elles peuvent avoir une influence directe sur nos mœurs. Il réactualise la fonction du mythe et tente d’expliquer la vie avec un autre mode de pensées. C’est une invitation à réfléchir sur notre manière d’envisager les choses.
Prince Lestat
J’étais une fan des Chroniques de vampires lorsque j’étais adolescente. Je les ai tous enchaînés. Ce fut en quelque sorte mon initiation au monde du livre. En vieillissant, j’ai cessé de suivre Lestat. J’ai récemment eu le bonheur de voir un nouveau tome arrivé sur les rayonnages : j’ai bien sûr sauté dessus! Le roman reprend le fil là où La reine des damnés s’est arrêté. Il s’ouvre sur un monde en crise : quelqu’un a décidé d’éliminer les jeunes vampires. J’étais enchantée, c’était un retour aux personnages tant aimés et j’étais incapable d’arrêter! J’ai néanmoins étiré ma lecture pour éviter que la fin n’arrive trop vite. Je me sentais comme en enfance, lorsque ma mère voulait que j’aille dormir alors que je ne pouvais pas cesser de lire.
Je serai un territoire fier et tu déposeras tes meubles
Dans cet essai, Steve Gagnon pose un regard nécessaire et lumineux sur la masculinité au 21e siècle. Sa posture en est une de destruction des conventions de genres habituelles pour instaurer une masculinité émancipée, sensible, multiple, fière, curieuse intellectuellement et affamée de justice. Il ne s’agit surtout pas ici de donner de règles à suivre, mais plutôt de reconfigurer le rôle que doit prendre l’homme dans la société, un rôle de défricheur de terrains vagues et inhabités, le plus loin possible d’un confort qui n’amène qu’à l’inertie. L’auteur signe un texte extrêmement pertinent dans un contexte où la définition traditionnelle des genres montre ses failles et sa désuétude et nécessite certainement une remise en question profonde.
L’activiste. Le jour des morts
Ce troisième roman policier se déroule encore une fois dans la petite municipalité de Tingwick, au cœur des Bois-Francs. Avec L’activiste, c’est un thriller politique que nous offre Maureen Martineau, alors que la Sûreté du Québec doit se pencher sur un attentat terroriste prenant pour cible la caisse populaire du village. Un homme est blessé dans l’explosion, tandis qu’un riche homme d’affaires disparaît et que des menaces pèsent sur la fille de celui-ci. L’enquêtrice devra démêler les faits qui semblent pourtant n’avoir aucun lien entre eux. Dans cette enquête qui mènera le lecteur de Tingwick à Ottawa, en passant par Trois-Rivières, Salluit et New Delhi, Maureen Martineau lève le voile sur le dossier délicat de l’amiante. Bien qu’il soit parfois difficile de départager les faits de la fiction, l’auteure tient ici un filon original et présente une grande connaissance du sujet doublé d’un sens de l’intrigue efficace.
Opération Napoléon
Le tout nouveau Indridason paru en français est en fait le troisième roman de l’auteur. On y retrouve les paysages volcaniques et enneigés qui lui sont propres, sans la présence d’Erlendur, son commissaire habituel. Opération Napoléon se déroule dans les années 90, mais l’intrigue porte toutefois sur un crash d’avion ayant eu lieu à la fin de la Deuxième Guerre mondiale sur le glacier Vatnajökull. À bord de l’appareil se trouvent des officiers allemands et américains ainsi qu’une cargaison mystérieuse. Cinquante ans plus tard, l’avion émerge des glaces et des militaires américains prennent d’assaut le glacier pour récupérer le véhicule et son contenu dans le plus grand des secrets. L’auteur parvient encore une fois à dresser un portrait éclairé de son pays en présentant cette fois-ci le malaise entourant la présence de la base militaire américaine. Un très bon divertissement au rythme trépidant, idéal pour découvrir l’auteur.
Panique au village des crottes de nez!
Le jour où la maison de Papi crotte de nez est saccagée par un doigt géant, rien ne va plus au village. Les maisons-nez ne sont plus une protection suffisante pour ces gros bonhommes verts qui se promènent nus, bottes de cowboys aux pieds! Les dessins simples et colorés servent bien le propos déjanté de cette histoire qui, avouons-le, est à se tordre de rire. Les enfants et les adultes riront aux éclats et je crois même qu’ils en redemanderont. Panique au village des crottes de nez! tiendra probablement les petits doigts bien loin des narines… pour un certain temps du moins! Dès 3 ans
Ton petit look
Ton petit look est un blogue archi-connu qui fête cette année ses cinq ans d’existence. Avec ce livre, les jumelles de la mode s’offrent (et nous offrent!) un cadeau à la hauteur de leur succès. On reconnaît dans ces textes, signés par Josiane et Carolane Stratis et plusieurs autres collaboratrices, le ton sans prétention et les valeurs mises de l’avant dans le blogue. On y retrouve également les sujets qui sont au cœur du blogue : la mode et l’estime de soi, bien sûr, mais également des conseils pour bien démarrer sa vie d’adulte. C’est ainsi qu’on lira des textes sur la cuisine, la vie en appart, le budget ou encore l’avortement. Ce livre au look parfait pourrait bien devenir la suite logique de L’ABC des filles (éditions Les malins), c’est-à-dire une référence pour les jeunes filles québécoises.
Chemin Saint-Paul
Avec Chemin Saint-Paul, nous pénétrons dans l’univers si particulier de Lise Tremblay. Tout d’abord, la chambre bleue où elle partagera avec son père agonisant les souvenirs d’une enfance pauvre marquée par la violence, l’enfermement dans le silence et la résignation. Et cette phrase du père qui revient toujours, « pas un mot à ta mère », afin d’éviter toute confrontation. La chambre blanche dans laquelle se réfugie sa mère sera le théâtre de tous les drames : anorexie, folie, obsessions, mais aussi amour passionnel et irraisonné pour sa propre mère psychotique. C’est dans la chambre blanche que Lise Tremblay dira de sa mère qu’« elle n’arrive jamais à passer l’été sans drame » : menace de suicide, internement en hôpital psychiatrique. Et c’est à l’adolescence que Lise Tremblay choisira sa propre voie de salut.
La disparition de Michel O’Toole
Côte-Nord, mai 2015. Michel O’Toole, un journaliste québécois d’origine irlandaise, disparaît sans laisser de trace alors qu’il roulait à moto sur la route 389, qui relie Fermont à Baie-Comeau. Voici les prémices de cet ouvrage collectif original qui nous présente des récits complètement différents. Stéphanie Pelletier nous plonge dans les émotions de l’amante du journaliste à la suite de sa disparition. Tristan Malavoy nous transporte à Gagnon, ville rasée dans les années 80. Chrystine Brouillet met Maud Graham sur l’enquête. Patrick Senécal rassemble à sa manière les personnages des autres nouvelles. Ce collectif nous permet de redécouvrir des auteurs de haut niveau qui mettent en scène l’espace vaste qu’est la Côte-Nord.
Anya et tigre blanc
En librairie, des albums pour les plus jeunes, il y en a à ne plus savoir où les ranger. Mais plus rares sont ceux qui peuvent captiver nos plus grands… ou nos plus éveillés. Avec un album tel qu’Anya et tigre blanc, c’est assurément le cas. Même un simple amateur de belles illustrations, comme moi, trentenaire, y trouve son compte. Bernard et Roca, un duo qui a déjà fait plusieurs fois ses preuves (L’homme-Bonsaï, Rose et l’automate de l’opéra, pour n’en citer ici que deux), vous invitent cette fois au pays du Grand Blanc! Un pays où règne un horrible roi et où des enfants disparaissent mystérieusement pour ne plus jamais revenir. Mais au pays du Grand Blanc, il est aussi question d’une prémonition qui pourrait bouleverser l’ordre (ou le désordre) établi.
Le deuxième étage de l’océan
Un jeune garçon qui mène une petite vie bien tranquille fait un jour l’étrange découverte d’un escalier invisible. Où mène donc cet escalier? Audeuxième étage de l’océan, peut-être? Notre petit bonhomme a-t-il enfin trouvé l’histoire qui lui vaudra l’attention de ses proches ou s’est-il mis dans un terrible pétrin? Carle Coppens, qui aborde entre autres le thème du mensonge, n’a pas tenté d’être moraliste, et, pour le plaisir du lecteur, s’en est tenu à nous raconter une bonne histoire. Accompagné de quelques dessins de Julie Rocheleau (« La colère de Fantomas »), ce petit roman en prose saura plaire aux jeunes et aux moins jeunes. Pour ma part, j’avoue avoir été conquis par le titre et la couverture.
Niourk
Laissez le Petit Enfant noir vous raconter comment il est devenu Alpha. Comment, sur une planète Terre postapocalyptique, il fit la rencontre de son ami l’ours. Comment il découvrit les villes des dieux, l’origine des poulpes géants et tant d’autres mystères. Olivier Vatine (Star Wars, Heir to the Empire), directeur artistique de la collection « Les univers de Stefan Wul », s’est occupé personnellement de l’adaptation en bande dessinée du chef-d’œuvre culte de la science-fiction française, Niourk. Paru en trois tomes, on retrouve dans l’adaptation toute la fantaisie et les rebondissements du roman. Les dessins dynamiques et ô combien efficaces de Vatine sont aussi mis à l’honneur dans une édition de luxe en noir et blanc.
Le doute
Un couple de Londres, Angus et Sarah, décide d’emménager dans une maison isolée sur une île écossaise, pensant ainsi mieux surmonter la mort accidentelle de l’une de leurs filles jumelles. Alors qu’ils se préparent à partir, leur fille survivante, Kirstie se met à avoir des comportements étranges et à prétendre être Lydia, leur fille décédée. Le doute s’installe. Qui est vraiment leur fille, Kirstie ou Lydia? C’est dans une atmosphère sombre et inquiétante que la famille tente tant bien que mal de s’adapter à son nouveau milieu de vie. Avec Le doute, S.K. Tremayne – pseudonyme d’un auteur à succès britannique – nous plonge dans un thriller psychologique qui nous tient en haleine jusqu’à la fin.
En attendant Russell
Enfin un premier roman « hors genre » pour François Levesque! L’auteur délaisse ici ses affinités pour le fantastique et l’horreur pour nous plonger dans le quotidien bien réel d’un jeune garçon à l’époque charnière dans la vie qu’est l’adolescence. Pris entre des séances d’intimidation à son école et des questionnements existentiels, il fera la rencontre d’une jeune fille intrigante qui lui fera découvrir le cinéma et un certain Russell Crowe… Enfin un roman psychologique par un auteur qui nous a déjà épatés avec ses œuvres précédentes. Avec son écriture assurée, il nous transporte avec cette histoire dont la finale, à l’instar de ses autres romans, sera vous surprendre!
Les corps extraterrestres
Pierre-Luc Landry nous propose une histoire à la construction surprenante de deux hommes, Xavier et Hollywood. Chacun vit une sorte de quête existentielle. Ils sont différents, mais si semblables dans le fond. Tout comme son premier roman, l’excellent L’équation du temps, ce roman propose des univers qui se veulent parallèles, mais qui se croisent finalement. Un roman contemporain et singulier. Entre rêves et réalité, le récit se dévoile tout en nuance et, surtout, évite les clichés. Cet étrange mélange de banalités et de moments extraordinaires, comme Hollywood qui vit sans cœur et se réveille, souvent après des semaines, dans d’autres lieux, donne un roman étonnant et complètement déroutant. Si vous avez le goût d’être surpris, il faut lire absolument ce livre!
Quand j’étais Théodore Seaborn
Le maître du polar québécois revient en force avec ce nouveau roman, délaissant son enquêteur fétiche (Victor Lessard) qui l’a apporté au sommet des ventes en librairie. Ce nouveau tour de force nous transporte dans l’univers de Théodore Seaborn, publicitaire trentenaire qui s’ennuie. Entre les séances de visionnement de la commission Charbonneau et autres moments futiles, il croisera par hasard un homme, véritable sosie de lui-même! S’en suivra une chute aux abîmes qui le mènera au cœur de l’Islam, de la Syrie… et au bord de l’horreur! Un roman troublant par son thème d’actualité et par la force de raconter de l’auteur. Michaud signe ici ce qui est assurément son meilleur roman! Un grand parmi les grands et, surtout, inévitable dorénavant!
Implacables. Les Jaros de la Beauce (1975-1976)
Une histoire beauceronne, une histoire de gagnants rudes et fiers. André Veilleux, riche homme d’affaires, réalise son rêve à l’automne 1975, offre à Saint-Georges-de-Beauce la troisième équipe professionnelle de hockey au Québec, bâtit un club à l’image « frappe et compte » des Flyers de Philadelphie. Entourés des batailleurs Gilles « Bad News » Bilodeau, James Troy, Wally Weir, les attaquants Joe Hardy et Alain « Boom Boom » Caron se sentent à l’aise, renversent tout sur leurs passages, battent des records et permettent à cette équipe d’expansion de terminer en première place. Jamais depuis la guerre de la Conquête des « brutes venues du Nord » n’ont autant semé la terreur en Nouvelle-Angleterre. Cette équipe arrogante, au jeu robuste, les « hors-la-loi » du hockey, sert de modèle aux Bulldogs de Syracuse, les « méchants » du film culte Slap Shot. Un truculent portrait d’une époque, de bagarres à coups de micro, de hockeyeurs passant la nuit dans une geôle de Springfield. Slap Shot n’a rien d’une caricature.
Opération Napoléon
Le plus mouvementé, le plus musclé des récits d’Arnaldur Indridason, mixture tortueuse et savoureuse de suspense à la Deon Meyer et d’intrigue à la Philip Kerr, n’incluant pas (ou presque, n’en disons plus) son inspecteur Erlendur. Un avion survolant l’Islande, en plein blizzard, s’écrase sur un glacier à quelques semaines de la fin de la guerre, en 1945. Plus de quatre décennies plus tard, en 1999, des militaires américains, partis à la recherche de cet appareil dans une opération clandestine, n’hésitent pas à réduire au silence des jeunes randonneurs islandais qui les surprennent dans leurs manœuvres. Que cache cet avion où se retrouvaient curieusement mélangés passagers allemands et américains? Pourquoi son existence doit-elle demeurer dans les ténèbres? Indridason, en plus de nous livrer un solide thriller, accrocheur jusqu’à la dernière ligne, offre une méditation des plus pertinentes sur les rapports ambivalents entre la population et les bases américaines.
Un papa de sang
Vingt ans après les tueries, Jean Hatzfeld revient au Rwanda, sur les collines de Nyamata, donner la parole à des enfants de rescapés ou à des enfants de tueurs. Le gouvernement souhaite une « réconciliation nationale », ne veut plus « d’une politique qui fâche dans les écoles », gomme même l’existence des Hutus et des Tutsis, mais les ethnies ne s’effacent pas, « ne sont pas rongées de la même façon », feintent la réconciliation. L’enfant tutsi, fils ou fille de papa « coupé », éduqué ou curieux comme Ange Uwasa, grandit dans la méfiance, la vigilance. L’enfant hutu, de papa qui a trempé dans le mal, de papa de sang, pauvre, renvoyé à la dureté de la terre par le génocide, esquive les conséquences, démarre mal dans la vie. Des bouleversants récits de lycéens, d’agriculteurs, écrits à la première personne et au phrasé mélodieux, singuliers, de jeunes qui, malgré un passé douloureux, aiment leur coin de terre, rêvent d’un destin lumineux pour le Rwanda et l’Afrique.
L’agroécologie. Une éthique de vie
Le plaisir est toujours à son comble quand nous lisons un nouveau livre de Pierre Rabhi, philosophe et agriculteur. C’est un message plein d’espoir qu’il nous dévoile dans sa dernière parution. Adepte de l’agroécologie, l’auteur la défend avec ardeur puisqu’il l’expérimente lui-même. Son constat est que ça fonctionne. Dans cette discussion avec Jacques Caplat, en plus de revenir sur son parcours, Pierre Rabhi explique ce en quoi il croit et ce qui est indispensable de faire : repenser notre mode de vie pour mettre fin à cette croissance sans limites qui exploite une planète aux ressources limitées. Défendre l’agroécologie, c’est revitaliser une économie locale, restaurer les terres arables et surtout défendre un patrimoine nourricier.
La fille aux sept noms
Le parcours classique d’un Nord-Coréen en fuite est la traversée de la Chine pour rejoindre la Thaïlande, le Laos ou le Vietnam. Le but? Atteindre une ambassade de Corée du Sud où la citoyenneté lui est garantie. Inconsciente, la jeune Hyeonseo Lee traverse le fleuve pour rejoindre de la famille en Chine. Une dernière curiosité avant sa majorité. Elle pensait y rester deux jours, elle y sera clandestine pendant dix ans. Ce témoignage met l’accent sur le danger que subissent les transfuges. Une fois en Corée du Sud, c’est le choc culturel et l’effondrement de toute cette propagande imprégnée depuis leur plus jeune âge. C’est le cœur serré que vous suivrez Hyeonseo jusqu’en Corée du Sud : un parcours incroyable et unique.
Mon grand-père était Gandhi
Arun Gandhi, petit-fils de Mahatma Gandhi, a eu la chance lors de son adolescence de vivre le concept même de la non-violence durant dix-huit mois. Ce séjour a changé sa vie. Né en 1934 en Afrique du Sud, Arun subit les humiliations de l’Apartheid. Il rentre à l’ashram de Sevagram nourri par un désir de vengeance. Aujourd’hui, il enseigne à ses enfants et petits-enfants les préceptes de son grand-père. Mais qu’est-ce que la « non-violence »? Une philosophie vivante évoluant et se perfectionnant sans cesse. Loin de la théorie, ce livre est une belle expérience de vie mettant en avant l’amour, le respect, la compréhension, l’acceptation et l’appréciation. Cet ouvrage apporte, sans aucun doute, du baume au cœur.
Peurs bleues et humour noir
Vous est-il déjà arrivé d’avoir peur de quelque chose de totalement absurde? Que votre reflet prenne votre place dans le monde réel ou que vos doigts restent pris dans la boule de quilles lorsque vous la lancez? Dès que ces pensées apparaissent, vous vous dites que c’est impossible et vous les chassez du revers de la main? Ne vous en faites pas, vous n’êtes pas seul à avoir des idées sans queue ni tête, un peu effrayantes, qui surgissent dans votre esprit sans crier gare. L’auteur Fran Krause nous présente 101 peurs ou idées saugrenues (et glauques) que ses lecteurs ont bien voulu partager avec lui. Après avoir lu Peurs bleues et humour noir, vous serez rassuré de voir que vous n’êtes pas seul à avoir l’esprit tordu par moment.
La règle de trois
Alors qu’Adam et son meilleur ami Todd terminent un travail dans la salle des ordinateurs de leur école secondaire, tout s’éteint : tous les appareils électroniques et électriques cessent de fonctionner. Par contre, la panne est loin de se limiter à l’école et la situation dégénère rapidement lorsqu’après trois jours les choses ne sont toujours pas revenues à la normale. Loin de la violence gratuite des dystopies à la mode depuis quelques années, le récit d’Eric Walters présente des personnages crédibles et attachants pour qui la mort d’un être humain, quel qu’il soit, est troublante, et ce, peu importe le contexte dans lequel elle survient. Une histoire remplie de rebondissements, qui nous fait réfléchir sur la nature humaine.
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