Un roman divisé entre trois narra – teurs, Harold, Thomas et Gabrielle. Ces deux derniers, marqués par le passé, sont au bord du gouffre. Guidé par leur perception de la vie, et par le docteur Harold, on apprend peu à peu à les connaître et on aspire à savoir ce qui leur est arrivé pour qu’ils deviennent ainsi, meurtris, amers, un peu fous. On se questionne sur le fonctionnement de la psyché et on réapprend humblement que nul n’est à l’abri d’une faille, d’une fragilité. Sur fond de Tadoussac et de ses fameuses baleines, Dominique Demers offre un récit certes triste, mais ô combien salvateur. Un roman porteur d’un second souffle, qui nous pousse à prendre une grande respiration pour ensuite expirer lentement.
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Les libraires craquent
Pour que tienne la terre
Oubliée
Catherine McKenzie, avocate, est une auteure remarquable qui nous transporte de façon exaltante du début à la fin. Dans ses romans, l’écrivaine nous fait passer par toute une gamme d’émotions. Après le décès de sa mère, Emma, l’héroïne principale qui est également avo – cate, se retrouve en Afrique pour réaliser le rêve de la défunte. Ce qu’elle n’avait pas prévu, c’est de rester assez longtemps pour que tous la croient morte… De retour chez elle, à la veille de Noël, elle découvre son appartement occupé par un bel inconnu. Que se passe-t-il? Devra-t-elle recom – mencer sa vie ou se battre pour regagner ce qu’elle a perdu? Elle ressassera le passé pour aller de l’avant et choisir ce qu’est vraiment le bonheur.
Toujours jamais
Dans un Pointe-au-Père vintage imbibé par le fleuve évoluent quelques personnages d’aquarelle, fluides, dont « l’âme en peine se dilue devant la mer », « penchés au bord vertigineux des larmes ». Une écriture comme un coquillage fragile, créative, et libre, qui invente le lecteur. Un récit aquatique, une oeuvre originale et rare, un tesson de porcelaine fine trouvé sur la grève durant une promenade au phare. Généreuses sont les évocations d’écrivains, répertoriées en annexe, mais affichant une indexation erronée, triste responsabilité de l’éditeur de qui on attend toujours l’erratum quelques semaines après la parution…
Journée des dupes
Ce livre n’est pas un ovni qu’en raison de sa couverture verte; il est aussi étrange qu’intéressant. Quelques fois, le texte prend des airs poétiques. À certains endroits, le style est plus proche du récit, surtout celui d’Éric Plamondon dans sa trilogie « 1984 ». Souvent, nous aimerions plus de cohésion, car l’auteur peut nous amener sur des sentiers inhabituels. Nous aimons cependant nous laisser transporter sur cette planche de jeu incongrue. Journée des dupes est une succession de petits faits divers qui peuplent le quotidien contemporain. Si le but n’est jamais complètement clair, l’écriture, elle, est toujours juste. Elle nous entraîne dans un jeu de questionnements et de mystères, car c’est un peu ça la vie : une rafale de petits instants.
La déesse des mouches à feu
Bouleversant de vérité, La déesse des mouches à feu ramène le lecteur aux années 1990; le discman, le Sunny Delight, Kurt Cobain. Au-delà de ces mythes culturels, Catherine, enfant du divorce, cherche sa place au sein d’une bande d’ados en quête de sens. La drogue et le sexe, mais aussi l’amour, l’amitié, la mort; autant de malaises adolescents (mais universels) exprimés avec justesse. Un texte doux-amer où la douleur des silences se heurte à la méchanceté des mots. L’auteure livre des personnages attachants et réalistes qui hanteront le lecteur longtemps. Le premier roman d’une grande écrivaine possédant un style déjà bien défini. Madame Chose a enfin un nom
Petits tableaux
Découvert par hasard. Soirée plate et pourtant. Je n’avais encore aucune idée de ce que j’avais entre les mains. Premier roman à la couverture qui se retient de tout dire et où tout s’installe dès le premier des soixantecinq tableaux. Un grand désordre, classé par éléments naturels qui justifient, de manière très juste et parfois si subtile, les tranches de vie d’une femme forte qui tombe souvent. Anne-Si a appris à se tenir droit, même couchée, au nom de la volonté. Pour l’amour, pour l’amitié, pour son fils. Roman où l’on remarque une sensibilité souvent retenue et quelques malaises poignants à en avoir la mâchoire serrée. Bien au-delà d’un roman de débauche-drogue-prostitution. Comme une promesse.
La saga des papineau
Décembre 1837, le jeune Amédée Papineau passe la frontière canado-américaine pour fuir le pays en rébellion. Il commence la rédaction du Journal d’un Fils de la Liberté, une oeuvre considérable mettant de l’avant les aspirations politiques de son père, chef des patriotes. À travers sa plume et une correspondance abondante, se dessine la saga d’une famille secouée par les épreuves : exil, maladie mentale, suicide, alcoolisme, batailles juridiques. Amédée exerce une brillante carrière, voyage de par le monde, s’investit dans la construction du manoir de Montebello, mais la vie ne l’épargne pas. L’historienne Micheline Lachance le décrit comme l’un des mémorialistes les plus prodigieux du XIXe siècle. Un livre marquant dont la fin nous laisse pantois.
Le feu de mon père
Il y a de ces moments, dans la vie d’un écrivain, où il doit franchir cette porte souvent masquée par la pudeur, oubliée derrière la fiction. Dans Le feu de mon père, Delisle nous entraîne aux confins de l’intime, où ne subsiste aucun tabou, aucun non-dit. Un hors-la-loi s’engouffre dans la mystique à en oublier son fils, le laissant en marge, à la recherche d’une figure paternelle, à jamais handicapée. Ce sempiternel récit sur le père manquant se démarque par une prose concise à la poésie singulière, se lisant telle une confidence. Au-delà des blessures que Delisle revisite, il y a surtout l’écrivain qui se construit dans l’ombre du père; ce besoin de dire, d’écrire. De se raconter des histoires pour fuir le vrai, pour mettre le feu.
Les aventures étranges et surprenantes d’Esther Brandeau, moussaillon
1739. Nouvelle-France. Inspiré d’un fait divers véri – dique et nourri d’imagination, ce magnifique et coloré roman nous raconte les péripéties hautes en couleur d’Esther Brandeau, qui parcourut les mers en se faisant passer pour un garçon. Au terme de ses aventures, elle accostera à Québec, où son imposture sera vite démasquée. Éprise de liberté, Esther tentera de trouver sa place au soleil malgré les conventions rigides et les préjugés, mais avec sa forte personnalité, elle bousculera les plus hautes instances de la colonie. Une écriture magnifique, un récit passionnant et un propos inspirant.
Les aventures étranges et surprenantes d’Esther Brandeau, moussaillon
Mélangez l’univers de la Nouvelle-France à celui des Mille et une nuits et vous obtiendrez l’un des romans les plus plaisants de la rentrée hivernale : Les aventures étranges et surprenantes d’Esther Brandeau, moussaillon de Susan Glickman. Basé sur un fait historique pour le moins intrigant, le récit s’autorise une profusion de fantaisies en imbriquant à la trame québécoise les histoires abracadabrantes d’une fabulatrice hors pair. C’est d’ailleurs grâce à ses talents de conteuse qu’Esther arrivera à prolonger son séjour au sein du Nouveau Monde, et ce, malgré la découverte par les autorités de son voyage sous fausse identité. On plonge dans ses histoires d’exploration navale et de cruels sultans avec la même curiosité que manifeste le Tout-Québec de l’époque.
Faillir être flingué
L’Ouest américain au XIXe siècle. Territoire où règne la loi du plus fort. Époque où tous les possibles semblent… possibles. S’inspirant des codes du western auxquels elle donne un nouveau souffle, Céline Minard joue avec une galerie de personnages pittoresques, au passé quelquefois trouble, qui convergent vers un embryon de ville au milieu de e part. Avançant parfois au rythme lent du chariot à boeufs des frères McPherson, galopant à d’autres moments à la vitesse des chevaux d’Orage-Grondant, le roman Faillir être flingué amuse par l’exubérance de ses personnages, captive par le côté rocambolesque de ses péripéties et éblouit par la poésie de ses descriptions. Un beau moment de lecture! Prix du style 2013.
Sauf les fleurs
En six courts chapitres, dans un petit miracle de concision, Nicolas Clément vous entraîne dans l’enfance piétinée de Marthe et de son jeune frère Léonce. Sauf les fleurs est un roman si court qu’un autre l’aurait qualifié de longue nouvelle. La fulgurance de sa beauté surprend, à la manière d’un éclair zébrant soudainement le ciel. De l’orage, vous ne retiendrez aucun détail précis, mais vous le remémorerez toutefois à l’occasion comme une belle et terrible chose. Pour lire ce petit bijou littéraire, une soirée vous suffira amplement. Entrez dans ce conte où chaque mot semble à sa place, où chaque phrase semble avoir été longuement mûrie pour laisser voguer le lecteur dans ces eaux tumultueuses sans qu’il ait à se préoccuper de décryptage.
Moscou babylone
Moscou Babylone d’Owen Matthews est un récit de décadence. Il se déroule en Russie, en 1995, quelques années après la chute de l’URSS. Peu après sa graduation, Roman Lambert, jeune Anglais, accepte un emploi à Moscou. Il y vivra de folles nuits, remplies de sexe et de drogues. Le ton rappelle Bret Easton Ellis avec cette nuance que l’auteur, ancien journaliste, était en Russie à l’époque où son roman se déroule. Plus que de la fiction, on trouve aussi dans ce roman l’exposition de l’état de la Russie à cette époque. On y lit d’abord la misère des régions éloignées. On est confronté aussi à la déchéance d’un peuple qui s’était bâti un avenir à l’intérieur d’institutions désormais insolvables. Le roman saisissant d’une époque troublée.
Taxi driver
C’est en 1976 que le monde a découvert l’univers tordu de Travis Bickle. Porté à l’écran par l’immense Martin Scorsese et interprété par un De Niro titanesque, Taxi Driver nous a fait entrer dans l’univers sans sommeil de cet ancien combattant, amoché par son séjour au Vietnam. Vu l’immense succès du film, on peut se surprendre qu’il ait fallu trente-sept ans avant que le livre soit traduit en français. Cette traduction, dont il faut reconnaître la justesse, s’adresse aux inconditionnels d’abord. Il faut vouloir s’enfoncer encore plus profondément dans l’esprit troublé de Travis Bickle. On le suggère ensuite à ceux ou celles qui ignorent tout du film, car cet univers noir ressort à l’écrit encore mieux qu’à l’écran. Une curiosité à (re)découvrir!
La quête
Vaste fresque pleine d’aventures, de périls et de mystères, La quête nous transporte en l’an 1072, juste avant les premières croisades. Un mercenaire franc et d’un jeune érudit venu d’Italie ont pour mission de se rendre en Norvège pour capturer quatre faucons blancs très rares, rançon exigée pour libérer un prisonnier. Ils nous feront voyager d’un bout à l’autre de l’Europe dévastée par les guerres et la misère, affrontant mille dangers pour accomplir cette mission. Robert Lyndon a mis dix ans de travail pour nous présenter cette oeuvre monumentale qui nous séduit d’une couverture à l’autre. Quelle épopée que cette quête!
Coups de foudre
Alors qu’elle promène son chien, Jessica Taylor, jeune célibataire endurcie et à la carrière toute tracée, est frappée par la foudre. À son réveil, la pauvre est totalement confondue, et pour cause! Son esprit n’habite plus le bon corps. La jeune femme se retrouve soudainement mère de quatre enfants et mariée à un homme qu’elle ne connaît pas. Nouvelle identité, nouveau mode de vie, Jessica a beaucoup à apprendre si elle ne veut pas finir ses jours à l’asile. Comble de malheur, chaque nuit marque le début d’une nouvelle journée dans son corps d’origine et Jessica doit maintenant concilier deux vies. Ce roman poignant nous entraîne dans une course effrénée où la logique n’a plus sa place et où la valeur de l’âme prend tout son sens. À lire!
« On a tiré sur le président »
L’année 2013 marquait le cinquantième anniversaire de l’assassinat du mythique président américain John F. Kennedy. Pour souligner le drame, de nombreuses publications ont fait leur apparition sur les tablettes des librairies. L’auteur français Philippe Labro, journaliste en 1963, se trouvait sur la côte est lors de cette sombre journée. Envoyé d’urgence à Dallas pour couvrir l’événement, il se retrouve au centre de la confusion, aux côtés des policiers de Dallas. Il nous livre dans cet ouvrage passionnant son expérience, ses hypothèses et ses impressions sur cette tragédie qui a marqué l’Amérique à tout jamais.
Les complémentaires
Une banlieue cossue de Copenhague. Un couple heureux, marié depuis vingt-cinq ans. David, avocat qui a réussi. Emma, d’origine britannique, artiste en veilleuse qui gribouille dans son atelier. Leur fille, Zoë, étudiante aux Beaux-Arts. Un matin, une croix gammée sur la boîte aux lettres. Craquelures dans le vernis de David qui a toujours refusé d’arborer ses origines et panique. En parallèle, Zoë qui amène dîner son nouveau copain pakistanais musulman et Emma qui croit de bon ton de mentionner les racines juives de son mari. Résultat : de fortes tensions entre les époux. Occasion pour eux de revisiter le passé et de disséquer leur relation. Portrait intimiste d’un couple en crise que signe le grand romancier danois Jens Christian Grøndahl.
La petite communiste qui ne souriait jamais
Un vol plané dans le quotidien de Nadia Comaneci, jeune athlète roumaine ayant fait détraquer les ordinateurs après avoir obtenu une note parfaite aux barres asymétriques, au cours des Jeux olympiques de Montréal, en 1976. Sur fond de conflit Est- Ouest d’avant 1989, Lola Lafon construit un dialogue fictionnel entre une narratrice et cette petite fille qui a vécu une chute aussi brutale que fut rapide son ascension. À l’aide d’une écriture précise, délicate et réflexive, elle nous porte à travers une fable au communisme déchu et à la violence du marché de l’image, et réussit, avec talent, à proposer une lecture différente de cette histoire de la gymnastique.
Alphabet city
Un saut dans le quartier animé d’Alphabet City, dans le New York des années 80, où les mouvements de musique punk hardcore côtoient les sans-abri et les décombres. Alcool, drogues, sexe; un trio explosif que laisseront de côté trois adolescents paumés au profit du mouvement straight edge après qu’un de leurs proches ait succombé à une surdose. En s’éloignant des idéaux hippies de leurs parents, ils tenteront d’apprivoiser ce monde nouveau où le drame se cache au prochain tournant. C’est l’histoire à la fois touchante et violente de trois jeunes qui trouveront dans la musique une échappatoire provisoire, et un chemin vers la maturité. Alphabet City est un premier roman réussi, tout en détail, élu Meilleur roman de l’année par le New York Times.
Le dernier arbre
Au début des années 20, dans une Louisiane sudiste et désolante, Randolph Aldridge tente de ramener son frère aîné Byron au nord. Ce dernier, brisé par la Grande Guerre, est venu faire la loi dans une scierie isolée, dont la communauté est aux prises avec l’alcoolisme et le racisme. L’ambiance y est sombre et noire, bien servie par l’écriture posée de l’auteur. Le cadet sera dépourvu face à son frère, qui finira par déclencher un violent règlement de compte avec les Siciliens, qui contrôlent le saloon voisin de la scierie. Un duel qui mènera à une fin faisant honneur au récit. L’univers de Gautreaux est dans la pure lignée de ceux des auteurs du Sud (Faulkner, McCarthy et, récemment, Ron Rash), poignant et impitoyable.
M. Pénombre, libraire ouvert jour et nuit
Bon, je l’admets, un livre qui parle de libraire ne pouvait qu’attirer mon attention. Et dès la première page, je me suis fait happer par cette histoire d’un jeune créateur de pages Web en quête d’emploi qui atterrit dans une librairie étrange, ouverte jour et nuit. S’il y a, comme il se doit, des livres à vendre sur les rayons, d’autres volumes moins accessibles attirent une clientèle singulière, empruntant et rapporte ces livres qui semblent contenir des codes… Bref, ce livre palpitant m’a gardé en haleine jusqu’à la fin! Je ne vous en dis pas plus, sauf que c’est un bel hommage au livre sous toutes ses formes, du vieux livre écrit et relié à la main au livre numérique, en passant par le livre audio!
Je l’appelais cravate
La rassurante solitude permet à Taguchi Hiro, ce jeune hikikomori, de se mettre à l’abri des méandres de la société japonaise en pleine ébullition. Toutefois, la rencontre de celui qu’il surnommera Cravate, un simple salarié nippon sans emploi, changera brusquement le cours de son existence. Le premier s’abreu – vera de ce seul contact humain, alors que le deuxième se réfugiera dans cette amitié qui se développe à contre-courant d’un monde éreintant. La beauté de ce roman réside dans le fait qu’il déploie une relation de nécessité entre ces deux icônes du Japon contem – porain, dépeinte par une écriture tout en finesse, fluide tel un pétale de lotus voguant paisiblement sur le ruisseau d’un parc où se retrouvent deux inconnus, au coeur d’une ville turbulente.
S’abandonner à vivre
Ce nouveau recueil de nouvelles de notre écrivain voyageur est comme toujours un dépaysement. Chaque aventure, du petit voyage de noces à la traversée du désert, est un véritable appel au dépassement de soi, à un éveil de conscience. Parfois même, un pied de nez à nos valeurs à nous, les Occidentaux. De savoureuses à profondément humaines, ces histoires permettent à Sylvain Tesson de nous faire réfléchir sur le sens profond de la vie. N’est-ce pas ce qui pousse ce grand aventurier à voyager hors des sentiers battus? Une chose est certaine, il nous envoûte au point où à la fin de chacun de ces récits, il faut se retenir pour ne pas tout laisser tomber et partir, sac au dos, à la recherche de nouveaux défis à relever.
Vengeance en prada. Le retour du diable
Lauren Weisberger nous revient, dix ans plus tard, avec la suite de son célèbre roman Le diable s’habille en Prada. Si le début surprend un peu (on ne s’attendait sûrement pas à retrouver Andy à la tête d’un magazine sur le mariage avec pour associée la superficielle Emily – l’assistante en chef de Miranda), on reconnaît rapidement tous les bons ingrédients d’une chick lit qui se respecte : amour et humour, mode et cocktails mondains. Malgré cela, l’auteure réussit à nous étonner avec un « happy ending » non traditionnel. Bref, une lecture rafraî – chissante qui nous rappelle que la vie est remplie de surprises!
Les blondes
Une pandémie vient d’éclore et seules les femmes, blondes ou très pâles, en sont atteintes. C’est à travers la narration d’Hazel, qui parle à son enfant à naître, que l’inévitable constat se dévoile. Je crois que si monsieur/madame Tout-le-Monde avaient à vivre un jour une pandémie, ça ressem – blerait beaucoup plus à l’histoire de ce roman qu’à n’importe quel livre postapocalyptique délirant bourré d’action que j’ai l’habitude de lire. C’est probablement ce qui m’a plu; un rythme lent, sans excès, bien que l’ampleur de la catastrophe soit sans égal! C’est un bouleversement planétaire, mais il faut bien vivre et… survivre! De New York à un chalet aux alentours de Toronto, suivre Hazel m’a fait passer un excellent moment!
Solstice d’hiver
À sa mort, Nana lègue son journal intime au narrateur, lui qui l’a toujours aimée. Page après page, il racontera la vie de cette fille dévergondée, mauvaise graine, qui a manipulé et blessé les gens autour d’elle pour échapper à l’ennui. Raconter un roman de Basara relève presque de l’impossible, il faut le lire pour le croire. Croire qu’il est un génie comme pas un qui peut passer d’une ligne à l’autre de la tragédie à l’humour, du fantastique au banal. Plus que tout, un nouveau roman de Basara est une joie, un pur bonheur pour un lecteur parce qu’il est inqualifiable, qu’il n’est rien et tout à la fois, qu’il est l’ultime manège que l’on n’a pas encore inventé, une drogue qui rend accro dès qu’on y goûte. Lisez seulement la quatrième de couverture, vous serez convaincu!
Une part de ciel
Dans Une part de ciel, Claudie Gallay nous revient avec le même univers intimiste que celui déve – loppé dans son roman à succès Les déferlantes paru en 2009. C’est toujours avec cette même écriture délicate et un rythme lent qu’elle nous entraîne dans un petit village éloigné où la nature est omnipré – sente. On y rencontre Carole, de retour dans son patelin natal au coeur des montagnes. En attendant le retour de son père, absent depuis trois ans, Carole se remémore ses souvenirs d’enfance. Ce séjour la pousse à renouer avec son passé, alors que son présent est rempli d’incertitudes. Les personnages n’y sont pas exubérants, mais malgré cette économie de mots, l’auteure parvient à créer une atmosphère forte, que l’on voudrait ne jamais quitter.
Les chants de la fureur
Les chants de la fureur rassemble pour la première fois la totalité des textes enregistrés, publiés et inédits de Léo Ferré. Une belle somme où se déploie un demi-siècle d’une écriture unique dans le ciel de la chanson française. Outre les chansons, on y trouve des éphémérides, son unique roman, Benoît Misère, les Lettres non postées ainsi que quantité de préfaces d’albums et de livres d’autres artistes. Bref, une occasion en or de se replonger dans cet univers fait de fureurs et de passions, d’apprécier toute la vive intelligence et l’insoumise cohérence, malgré les apparentes ruptures de ton et de style, d’une oeuvre vibrante et toujours pertinente. Un bel ouvrage concocté par le fils de Ferré, Mathieu, qui en signe la touchante préface.
Nu dans le jardin d’éden
Harry Crews affirmait que Nu dans le jardin d’Éden était son meilleur roman. Écrit en 1969, il traite de Garden Hills, petit village bâti dans l’environnement immédiat d’une mine de phosphate, qui sombre tranquillement dans l’oubli. Puis, Dolly revient, la « Miss Phosphate » à l’hymen d’acier qui a tenté sa chance à New York. Dans les hauteurs de son délire, celle-ci décide de revitaliser le village en y créant un spectacle tordu. L’immense Fat Man, vautré dans son château en haut de la colline, voit bien que plusieurs, y compris son Jockey Jester, le nain parfait, succombent à cette folie. Pourra-t-il y résister bien longtemps? On trouve dans ce roman des perles de folie qui sauront accrocher tout lecteur assoiffé d’audace. Un gros coup de coeur!
Lettres choisies 1943-1997
Qu’on aime ou qu’on déteste le poète américain Allen Ginsberg, on ne peut nier l’influence et l’importance qu’a eues ce dernier dans le monde des lettres et de la culture au cours de la deuxième moitié du XXe siècle. Et ces Lettres choisies sont là pour en témoigner, tant par leurs propos que par la diversité de leurs destinataires. Figure incontournable de la Beat Generation, l’auteur du controversé poème « Howl » s’y livre tout entier, comme toujours, avec exubé – rance et intelligence, causant littérature, art, bouddhisme, politique et sujets plus intimes. Se déployant sur plus de cinquante années, cette sélection de lettres permet de plonger dans les profondeurs de cet esprit original et d’en apprécier toute la richesse.
La corde
Roman curieux que La corde de Stefan aus dem Siepen… À la lisière d’une forêt où est situé un petit village rural d’une autre époque, la quiétude des villageois est troublée par l’apparition d’une étrange corde qui s’enfonce dans la forêt. Les hommes du village vont partir en expédition pour découvrir ce qu’il y a au bout de ladite corde. Départ brutal pour une aventure au dénouement incertain. Ils seront pris dans une quête absurde qui bouleversera tout le village et mettra à rude épreuve leur humanité. Suspense habile et étrange qui met en lumière la fragilité psychologique de chacun face au danger, ce roman démontre bien que l’orgueil peut mener à tout, même à la perte de tout bon sens. Inquiétant et envoûtant, La corde nous conduit au bout de la folie des hommes et du chaos…
Légendes pédagogiques
Nul ne peut prévoir sur quelle théma – tique portera le prochain ouvrage de Normand Baillargeon, essayiste toucheà- tout, auteur notam ment du Petit cours d’autodé fense intellectuelle. À la lecture de Légendes pédagogiques, force est de reconnaître que le philosophe a encore visé juste : bien des assertions que nous croyions vraies sans les avoir questionnées s’écroulent. En quatorze courts chapitres plus limpides que jamais, Baillargeon déboulonne de persistants mythes liés au monde de l’éducation en se basant sur les études de ses pairs. Il y est question, entre autres, de la prédominance, en enseignement, de la capacité analytique sur la transmission de connaissances. Encore une fois, pseudo – sciences et charlatans n’ont qu’à bien se tenir!
L’anarchie expliquée à mon père
« Anarchisme », « anarchie », « anar – chiste » : que veulent dire ces concepts aujourd’hui? Pourquoi sont-ils devenus aussi marginaux? Ce sont les questions auxquelles répondent les deux auteurs. À travers leur dialogue, le père et le fils s’intéressent à la façon dont cette théorie peut être mise en pratique, utilisant différents exemples d’événe – ments historiques, d’auteures et de militantes. Ils dressent un portrait de l’évolution des mots et tentent de briser les clichés trop souvent perpétués par les médias et l’État. Au-delà de l’homme masqué arborant un drapeau noir et une grenade, que peut-on y trouver? De l’« anarcha-féminisme » à l’« éco-anarchisme », il y a dans ce petit livre davantage de pistes de réflexion que de réponses à donner.
André fortin. L’homme qui brillait comme une comète
L’auteur nous amène à Normandin, au Lac-Saint-Jean, où l’on fait connaissance d’André, un enfant talentueux et ultra sensible. Les gangs de garage, les tournois de hockey à l’aréna, la polyvalente, la musique d’Harmonium et de Supertramp, c’est tout à fait les années 70. Viennent ensuite les années 80, celles avant les Colocs, faites de projets, de remises en question, d’aventures et de rencontres d’artistes préfigurant la naissance du groupe. Puis, c’est l’arrivée d’une comète nommée Dédé – artiste intense, créatif mais ô combien tourmenté – qui marquera profondément sa génération. Quiconque a suivi la scène musicale alternative québécoise de cette époque trouvera grand intérêt à cette lecture.
100 ans de jazz
Voici un coffret qui nous offre une recension des géants du jazz. Il s’agit de deux livres qui répertorient les musiciens de la première géné ration, avec les artistes de La Nouvelle-Orléans, Chicago, New York, etc., en passant par les célèbres musiciens de l’ère swing. Le deuxième volume relate des artistes de la seconde moitié du XIXe siècle : joueurs de be-bop, de hard bop, de cool jazz, etc. Les chanteuses y sont aussi décrites. Les photographies sont de très grande qualité. Je recommande ce livre à tous ceux et celles qui désirent parfaire leurs connaissances, comme j’ai pu parfaire les miennes sur ce genre musical unique.
Le monde jusqu’à hier
Chacun des livres publiés par l’essayiste américain Jared Diamond est un événement. On se retrouve avec un pavé monumental entre les mains, prêt à plonger dans ces brillantes synthèses de sciences aussi diverses que connexes. Après Effondrement et De l’inégalité parmi les sociétés, l’intel – lectuel polyvalent nous revient avec Le monde jusqu’à hier, ce que nous apprennent les sociétés traditionnelles. Le projet est ambitieux, bien vulgarisé et on ne peut plus pertinent. En détaillant les moeurs de 39 sociétés traditionnelles préservées de la modernité jusqu’à hier, Diamond tente de comprendre l’essence de l’expérience humaine en empruntant de multiples chemins tels que l’alimentation, le langage, l’éducation, la guerre, la notion de danger et la religion.
Encyclopédie. Malfaisances et incongruités de l’espèce humaine
Monestier est un écrivain à part. Infatigable fouilleur du côté sombre de l’humanité, ses nombreux ouvrages touchent l’extrême autant que l’insolite. Tueurs en série, faits divers et déviances de toutes sortes composent l’univers issu de la plume de cet auteur qui décortique avec passion les noirs méandres de l’âme humaine. Ce présent livre, fruit d’un laborieux travail de recherche, est une véritable anthologie sur la nature malfaisante de l’homme. On entre dans ces 1400 pages parsemées de révélations étonnantes sur autant de personnages comme dans la maison des horreurs d’une foire, avec amusement, peur et dégoût. Un livre qui démontre bien que l’homme se donne une supériorité existentielle qu’il n’a résolument pas.
Jules César
Fiez-vous à la parole d’un ancien étudiant en histoire antique : rédiger la biographie de Jules César est une chose; le faire avec objectivité et pertinence en est une autre! En effet, ne s’attaque pas qui veut à ce symbole de l’Antiquité romaine, dont la vie tumultueuse et la mort brutale animent les débats et soulèvent les interro gations depuis maints siècles déjà. Il fallait donc le savoir monumental et l’expertise d’un Jérôme Carcopino pour livrer une étude qui, non seulement a fait école lors de sa parution initiale dans les années 1930, mais qui, malgré le temps et les critiques (de l’oeuvre ET de l’auteur), demeure une référence incontournable pour l’amateur d’histoire qui se respecte. Une réédition à ne pas laisser passer!
Histoire de france. De la gaule à nos jours
Résumé exemplaire de l’histoire de la France, le « Petit Lavisse » fut un manuel obligé dans les classes françaises d’il y a un siècle. Davantage un survol général de l’histoire qu’un travail exhaustif, l’ouvrage se lit agréablement comme un roman jeunesse. Lavisse tenait à donner à chaque écolier une base de connaissance à la fois simple et solide et, cent ans après la parution du manuel, on s’étonne de la fluidité du texte. Bien sûr, certains propos sont aujourd’hui discutables, mais il faut se remettre dans le contexte de l’époque. Et soulignons l’habile ajout du prolongement de l’histoire du XXe siècle par Casali qui a su respecter le style Lavisse, autant au point de vue phraséologique qu’en matière de gravures, d’une jolie beauté.
La peur de l’insignifiance nous rend fous
À cheval entre la psychologie, la sociologie et la philosophie, le psychanalyste Carlo Strenger nous offre un essai percutant sur la société et sur notre place au sein de celle-ci. Abordant la célébrité facilement gagnée, les campagnes publicitaires qui tentent de nous faire croire que tout est possible et l’Internet qui décuple notre champ de référence, l’auteur nous décrit un univers où chacun peine à se satisfaire de ce qu’il est. Bien au-delà de la simple critique, le spécialiste propose des solutions afin de se réaliser pleinement en tant qu’individu en reconnaissant d’abord et en respectant ensuite, ses propres limites. Ce livre passionnant nous amène à réfléchir sur notre perception du monde et à développer une meilleure estime de soi-même.
Verdun
Verdun de Paul Jankowski fait partie de ces synthèses historiques qui paraîtront en cette année de centenaire du début de la Première Guerre mondiale. Les chiffres de Verdun sont effarants : plus de 700 000 victimes pour aucun résultat tangible. Dès lors, quelle « histoire » peut-on écrire de cette bataille qui dépasse l’entendement? Il décrit donc les forces en présence et les événements auxquels celles-ci sont confrontées, mais il traite aussi de l’historiographie de ces événements. C’est la force principale de cet ouvrage qui examine les diverses « histoires » de Verdun, afin d’en séparer le grain de l’ivraie. Plongée en profondeur dans la « mécanique historique », ce livre s’adresse d’abord aux inconditionnels.
Les femmes dans l’espace rebelle
L’histoire des femmes, on en parle peu; les femmes qui se rebellent, on n’en parle pas. Ce livre a comme objectif d’apporter un point de vue divergente de l’histoire qui nous a été répétée mille fois, celle des hommes. À travers l’analyse des discours présents autant dans les journaux que dans les textes de fiction, l’auteure revisite cette histoire de la place des femmes dans les rébellions du Bas- Canada et du Haut-Canada de 1837-1838. Elle s’intéresse principa lement à ce qui a été dit et écrit sur elles afin de reconstruire une partie de cette histoire. Quel a été le rôle de ces femmes dans les rébellions et comment ce rôle a façonné nos identités? Malgré ses 400 pages, cet essai s’avère une lecture accessible et nécessaire pour tous ceux qui s’intéressent à l’histoire du Canada.
Du bonheur. Un voyage philosophique
Dans une prose simple et vivante, on chemine avec Lenoir sur un sentier ponctué d’interrogations où l’on croise les plus illustres penseurs. On éprouve à la lecture de cet essai un réel plaisir à connaître leur pensée et à découvrir de quelle façon la science moderne intègre leurs remises en question qui demeurent d’actualité. Les concepts sont définis, précisés; la pensée, ciselée pour en affiner les contours : un régal à savourer à petites bouchées. On aime annoter les pages et pousser sa réflexion en s’attardant aux oeuvres de ces philosophes qui ont tant contribué à l’éternel questionnement et à la pratique de la vie heureuse. On serait bien avisé de relire régulièrement ce petit livre, pétillant comme des bulles de bonheur!
Le justicier d’Athènes
2011. La Grèce va toujours aussi mal dans ce deuxième tome de la trilogie policière que Petros Markaris consacre à son pays en crise. Alors que de plus en plus de désespérés choisissent le suicide, un inconnu se lance dans la chasse aux fraudeurs fiscaux. Les menaçant de mort s’ils ne paient pas les sommes astronomiques qu’ils doivent au fisc, ce Robin des Bois moderne élimine quelques récalcitrants et devient vite un héros pour la population quand d’autres, apeurés, paient leurs dettes. Le commis – saire Charitos doit identifier et arrêter ce justicier qui talonne également certains politiciens… Par-delà l’enquête policière, c’est le portrait d’un pays exsangue et corrompu qui fascine, le drame humain que vivent les gens ordinaires qui émeut.
Déposer glaive et bouclier
Hack Holland est un propriétaire texan, avocat, candidat montant en politique, marié à une femme superbe. La réalité est moins glamour : traumatisé de la guerre de Corée, il boit trop et déteste ce qu’il est devenu. Peut-être trouvera-t-il la paix en aidant un ami de l’armée et en rencontrant les grévistes qui grondent dans tout le Sud? Magnifique roman sur la rédemption et le pardon, mais aussi sur les violents combats pour les droits sociaux au début des années 1970, Déposer glaive et bouclier a été publié en 1971. Burke y écrit des passages superbes, quoique terribles, sur les camps coréens et sur les conditions de vie des ouvriers du Sud américain. Il fait de Holland un homme luttant pour se retrouver et on le suit pour savoir s’il y parviendra.
Paris chaos. Libération, 1944
Dans ce Paris chaotique de l’été 1944, à l’approche de la Libération, Jean Leblanc, magicien de cabaret le jour, cambrioleur la nuit, compromis par sa violente passion amoureuse pour une blonde et redoutable enquêtrice allemande, tente le tout pour le tout afin de mettre la main sur un tableau de Vélasquez dont la revente lui permettra de fuir la débâcle imminente. Les emmerdes ne font que commencer. Avec ce Paris chaos, Noël Simsolo, artiste aux multiples talents (comédien, scénariste, romancier…), signe un pur délice de suspense rocambolesque à l’écriture coulante et aux dialogues épicés, bal tragicomique mettant en scène des policiers se faisant justiciers, des tapineuses jouant les résistantes, des truands mangeant à tous les râteliers, et où s’invitent Jean Cocteau, Louis-Ferdinand Céline, Albert Camus, Sacha Guitry. J’adore.
Derniers pas vers l’enfer
Suspense mené à fond de train, infernale incursion dans les bas-fonds sordides du Montréal d’aujourd’hui, Derniers pas vers l’enfer nous agrippe de la première à la dernière page. Délaissant son privé Stan Coveleski et les atmosphères brumeuses des années 40, Maxime Houde nous fait découvrir Daniel Martineau, un enquêteur du SPVM qui joue gros, trop gros, essayant d’embobiner deux mafieux, prétendant servir l’un et l’autre, tentant aussi de faire le ménage dans une vie affective tout aussi complexe que périlleuse. Pas d’extravagance dans l’univers de Houde, pas de personnages maléfiques oeuvrant en coulisse, mais des êtres, tant policiers que truands, vulnérables, réalistes, coincés dans leurs tracas quotidiens et prêts à sacrifier ce qui leur reste d’honneur et de principes pour s’en sortir.
Le meilleur des mondes et autres chefs-d’oeuvre
Plus que jamais, sans doute, il importe que les jeunes générations s’initient à la profondeur de l’oeuvre d’auteurs tels Aldous Huxley. En effet, dans ce monde où, trop souvent, la forme supplante le fond, où le savoir instantané dissimule la subjectivité crasse, où l’intermède illusoire détrône la certitude ancestrale, pourrions-nous trouver meilleur point d’ancrage à une société qui s’égare? Spirituel, inspiré et intemporel, Huxley nous renvoie – avec cette justesse qui transcende l’épreuve du temps – une image de nousmêmes d’une redoutable acuité, d’une indiscutable pertinence. Votre humble serviteur salue ainsi la judicieuse parution du recueil Le meilleur des mondes…, regroupant quelques-uns des écrits phares de ce visionnaire. Chapeau, Omnibus!
Dossier 64
Des disparitions. Plusieurs. Sans lien apparent, mais toutes survenues le 4 septembre 1987. Un vrai défi, en 2010, pour Carl Mørck et ses deux assistants, à qui la police de Copenhague confie des enquêtes jamais résolues. Très tôt se dessine un rapport avec un épisode noir de l’histoire du Danemark : dans les années 1950, des femmes jugées immorales étaient exilées sur l’île de Sprogø, soumises à des travaux dégradants et souvent stérilisées de force. Y aurait-il un rapprochement à faire avec la montée d’un parti d’extrême droite dont le principal porte-parole est lié à l’île maudite? Voilà, tout est en place pour un vrai page turner, tout aussi captivant que les trois affaires précédentes sorties de l’imagination de Jussi Adler-Olsen.
La légende de Mcneil
Que s’est-il passé de si terrible en 1996 dans le canton de Brompton pour que Marie n’en garde aucun souvenir? Et pourquoi est-elle terrorisée par les rêves de sa fille Élisabeth, dans lesquels apparaît le père de cette dernière? Dans cette réédition d’une nouvelle publiée en 2008, Jonathan Reynolds nous prouve une fois encore son talent de conteur. En alternant le passé et le présent, il laisse lentement émerger le cauchemar vécu par trois adolescents, confrontés au terrible sorcier McNeil, en plus de démontrer à quel point le mal est patient et peut prendre des chemins détournés pour nous atteindre, et ce, au plus profond de notre chair… Oserez-vous entrer dans la légende d’Henry McNeil? Faites attention, ou il faudra ajouter votre nom à la longue liste de ses victimes…
Docteur sleep
Un jour, j’ai entendu entre les branches que Stephen King allait publier une suite à Shining, roman qui est, selon moi, le plus terrifiant du maître de l’horreur. Eh bien, ces rumeurs sont devenues réalités et j’ai eu le plaisir de m’y plonger entièrement! La magie a opéré : me coucher trop tard, profiter de chaque temps libre disponible pour m’y replonger, y penser constamment… Bref, comme chaque fois, j’ai été ensorcelé. Nous sommes bien loin du démoniaque hôtel de Shining dans ce roman. Et il y a, entre autres, beaucoup plus de personnages. Danny, qui est devenu un adulte, devra à son tour aider une petite fille qui possède des pouvoirs semblables aux siens. Un roman haletant à lire absolument!
Silo
Voilà un roman de science-fiction comme je les aime! On est dans un futur éloigné. La surface de la Terre (en fait, est-ce vraiment la Terre?) n’est plus viable : que vents et poussières. Les gens vivent désormais dans ce qui s’apparente à un énorme silo. Tout le monde doit se conformer aux règles strictes pour empêcher tout soulèvement de la population. S’il y a manquement, c’est un aller simple à l’extérieur pour nettoyer les caméras qui renvoient les images de désolation, et y mourir… Si c’est un peu lent avant qu’on ne s’imprègne de l’ambiance du livre, un coup dans le bain, c’est en affamé qu’on dévore ce roman. J’ai été ravi de me rendre compte que c’était le premier volet d’une trilogie!
Surtout ne pas savoir
Dans une Écosse à saveur de terre retournée et de café froid, des parents de jeunes filles disparues reçoivent, à chaque anniversaire de celles-ci, des cartes montrant l’horreur et la torture auxquelles les soumet leur tortionnaire. D’une densité psychologique fouillée, ce roman met en scène une panoplie de personnages éclopés dont alcool, problèmes et violence sont le lot quotidien. À travers cette course contre la montre pour faire cesser les agissements du « Birthday Boy », l’auteur prend un malin plaisir à nous plonger dans les recoins les plus sombres de l’âme humaine avec un style d’écriture parfois laborieux, mais toujours au service d’une trame au crescendo habile. On quitte ce livre avec un battement du coeur accentué… heureusement.
Saveurs indiennes. Un voyage initiatique et gourmand
L’une des cuisines que je préfère est la cuisine indienne! Poulet au beurre, chutneys, caris, etc. Une richesse en épices et des ingrédients goûteux qui me font exploser de joie chaque fois! Alors, dès que je vois passer un livre de cuisine indienne, je ne peux m’empêcher de le feuilleter. Celui-ci m’a jeté en bas de ma chaise! Tout d’abord, cet énorme volume jaune pétant, richement décoré, attire immédiatement l’attention. Si le titre ne parlait pas de saveurs, j’aurais été porté à croire qu’il s’agissait d’un livre de voyage tant les photos peuvent rivaliser avec n’importe quel ouvrage encyclopédique sur l’Inde. On reste pratiquement surpris d’y voir des recettes au travers! Et quelles recettes! Typiques et succulentes! Un coup de coeur!
Ex-libris. L’art des ex-libris
Très particulier ce livre sur les ex-libris, ces petites gravures et estampes qui servaient jadis à identifier la propriété des livres. D’une élégante facture, cette publication présente une riche sélection de ces dessins issus de la collection du British Museum qui mettent parfaitement en valeur le travail minutieux de leurs créateurs, des artistes parfois très connus. Ceux-ci osent même apparenter leurs oeuvres à des mouvements artistiques tels l’art nouveau ou l’art déco. Ce qui s’avère aussi très intéressant est l’explication descriptive de chacun des ex-libris présenté. On prend alors conscience de l’importance de la symbolique pour leurs auteurs. Ce voyage dans l’allégorie en est un de grande qualité et se veut tout à fait charmant.
Zombies! Une histoire illustrée des morts vivants
Amateurs de Walking Dead, de Zombie Island et autres World War Z, ce livre magnifiquement horrifique a été conçu pour vous! De ses lointaines origines dans les rites punitifs haïtiens jusqu’à ses multiples incursions dans la littérature, le cinéma, les jeux vidéo et même la musique (les Zombeatles, vous connaissez?), le mythe du zombie n’aura plus aucun secret pour vous. Malgré ce que pourrait laisser présager son sujet, l’étude de la réalisatrice Jovanka Vuckovic est admirablement documentée, en plus d’être abondamment illustrée. Ainsi y traite-t-on du zombie par une analyse fouillée de ses variations géographiques et de l’évolution de ses codes. Figure de proue du cinéma d’épouvante, George A. Romero en signe d’ailleurs la préface. Un ouvrage fascinant, auquel on retourne sans râler!
Modernist cuisine at home (coffret)
En toute honnêteté, j’ai pratiquement bavé sur ce livre… C’est l’équivalent d’un Playboy pour chef cuisinier! Ce qui nous frappe en premier, ce sont les images magnifiques, à couper le souffle, qui agrémentent ce livre : presque tous les instruments de cuisine sont représentés en « profils », de manière à en exposer les composantes. Les textures des sauces, des huiles… juste wow! À éviter si vous avez le ventre qui gronde… Ensuite, les accessoires qui constituent la cuisine moderne! Emballeuse sous vide, presto, siphon, thermomètre à thermocouples et j’en passe! Vous ne verrez plus la cuisine de la même façon! Comment préparer un bon steak avec une glacière, sur la plage? Du boeuf jerky préparé au micro-ondes? Un livre à posséder absolument dans sa cuisine!
Confessions de chefs. Leurs meilleures adresses
Les grands chefs sont devenus de véritables stars dans l’univers médiatique québécois. Ils créent des tendances, déclinent leurs découvertes gastronomiques en divers lieux et sur toutes les plateformes. Bref, la gastronomie fait partie du mode de vie de nombreux Québécois comme jamais auparavant. Mais eux, les chefs, où font-ils leurs courses? Qu’aiment-ils vraiment manger, une fois la clientèle et les critiques gastronomiques bien rassasiés? Ce petit guide nous propose de (re)découvrir une foule d’adresses qui semblent des plus alléchantes. Bon appétit!
Des légumes en hiver
Il y a quarante ans, Eliot Coleman créa la « Four Season Farm » dans le Maine à partir d’un bout de terre qu’il défricha patiemment. Maintenant, sa ferme est un modèle d’agriculture biologique. À la suite de voyages, il apprend qu’au XIXe siècle, les maraîchers parisiens produisaient des légumes frais à l’année. Son nouveau défi était là : passer, en hiver, de la culture en serre tiède à une culture n’utilisant pas d’énergie fossile. Ce livre génial est le résultat complet de ses expériences; c’est un plaisir de lire ses notes et ses anecdotes de vieux jardinier. Lui et son équipe produisent maintenant à l’année des salades, radis, carottes et fines herbes. À vous maintenant, jardiniers québécois, d’expérimenter ce qui pourrait être fait ici.
Peintures & dessins d’écrivains. De Victor Hugo à Boris Vian
Si nous savions, bien sûr, que Jean Cocteau, Victor Hugo et Henri Michaux avaient, parallèlement à leur immense talent d’écrivain, une pratique en arts visuels fort respectable, il en est bien autrement des nombreux autres écrivains et écrivaines que nous découvrons, dans ce magnifique ouvrage, sous un angle tout à fait inédit. Quelle émotion que de découvrir les découpages de Hans Christian Andersen, les gravures d’Eugène Ionesco et de Günter Grass, les collages de Paul Éluard et de Jacques Prévert! Et que dire de ce portrait peint par Primo Levi? Ce magnifique livre est publié par les éditions Beaux Arts, qui nous offrent chaque mois une revue d’art de belle tenue et qui nous permettent, avec cet ouvrage, de passer de l’autre côté du miroir de la création.
Complètement plaqué
Des propositions de repas qui nous épargnent vaisselle et temps au fourneau : personnellement, je vote pour ça! La cuisson sur plaque nous offre une panoplie de possibilités – de l’entrée au dessert, en passant par des bouchées tape-à-l’oeil et des plats végétariens inventifs – et se distingue par sa simplicité. C’est une cuisine saine et accessible aux enfants puisque nécessitant très peu de matériel et d’étapes de préparation. Ce mode de cuisson permet également une meilleure conservation des minéraux et nutriments des aliments, dilués lors de la cuisson à la vapeur. Généralement prêtes en trente minutes, les recettes présentées contiennent beaucoup de légumes ajoutés en cours de cuisson pour un croquant parfait! Qu’attendons-nous? Attaquons la plaque!
Le mystérieux cercle Benedict et le périlleux voyage
Le mystérieux cercle Benedict est de retour pour une toute nouvelle aventure. Une année s’est écoulée depuis la première mission du cercle et nos quatre prodiges, Reynie, Kate, Constance et Sticky, sont tout à leur joie de se retrouver pour une grande chasse au trésor prévue par M. Benedict. Par malheur, M. Curtain est de retour, plus fourbe que jamais, et les plans du quatuor s’en voient modifiés. M. Benedict est kidnappé et nul ne sait où il est. Or, il faut plus qu’un inquiétant télégramme pour dissuader les quatre surdoués d’aller à la rescousse de leur ami. Humour, aventures et enquête sont au menu, alors que nos amis, plus divertissants et colorés les uns que les autres, voyagent de par le monde pour un sauvetage que nous espérons réussi. Dès 9 ans
Le ça
Lorsque la maman de Jules aperçoit un caca sur le tapis, c’est le début d’une série de quiproquos autour du « ça », qui mènent à une chute aussi drôle qu’inattendue. Les dessins de Maudet, à la limite du naïf, ajoutent grandement à l’histoire, en ne montrant que les jambes de la mère, de manière à insister sur le point de vue de Jules. Dans cet album, ce qui est dit est moins important que la manière dont les choses sont dites. Les parents prendront autant de plaisir que les enfants à suivre la conversation entre Jules et sa mère. Alors qu’on s’imagine qu’il s’agit d’un énième livre sur le thème du pot, Escoffier se joue des attentes du lecteur pour mieux les déjouer. Après tout, est-ce vraiment si sale de jouer avec le ça? Dès 2 ans
Gros ours courageux
Retrouvons Gros ours grincheux pour une toute nouvelle aventure alors que celui-ci ainsi que son nouvel ami Boris le buffle se livrent à quelques épreuves pour déterminer lequel des deux est le plus courageux. Une série d’obstacles tous plus ardus les uns que les autres les attend. Or, voilà qu’une épreuve parmi tant d’autres mettra leur courage à l’essai. Qui donc des deux en sortira vainqueur? Tout en rimes, cette histoire enchantera vos petits et leur arrachera quelques sourires à coup sûr. Superbement illustrés, les personnages sont attachants et comiques de surcroît. Pour ma part, j’avais été enchantée par Gros ours affamé et je n’ai pas été déçue par cette nouvelle histoire que je conseille à tout coup. Dès 3 ans
Les deux amoureux
Voilà un livre qui éveillera de bien tendres souvenirs… « Ils sont tombés amoureux, comme ça, en plein milieu de la cour de récréation… c’était comme deux cadenas fermés à double tour, impossible de les séparer… » Un premier amour, partagé ou pas, demeure à jamais gravé au fond de la mémoire. À travers les situations cocasses où sont entraînés les adultes à cause de ces deux jeunes amoureux, l’auteur nous démontre l’importance d’accorder une attention particulière aux sentiments des enfants. C’est en s’inspirant de son premier amour que Gilles Tibo a eu l’idée d’écrire ce beau petit roman. Du même coup, dira-t-il, il espère qu’un autre amour naisse dans le coeur d’un enfant : l’amour de la lecture. Dès 6 ans
Entre ciel et terre
Un grand-père décédé laisse, à ses sept petits-enfants, une lettre dans laquelle il donne une mission à chacun. Dans ce premier d’une série de sept livres, c’est le défi de DJ qui nous est raconté. Celui-ci doit faire l’ascension du Kilimandjaro et y répandre les cendres de son grand-père, au sommet. Très sûr de lui et convaincu de la simplicité du défi, DJ devra surmonter des épreuves difficiles et vivre des expériences humaines qui le feront grandir et le transfor – meront positivement. Lecture inspirante montrant la force et la persévérance dont sont capables les jeunes quand on leur fait confiance. Dès 12 ans
Les contes palpitants des 7 ours nains
Prenez les contes classiques de notre enfance. Déposez-les dans le mélangeur, mélangez un bon coup et faites-en une bande dessinée : vous obtien – drez ce magnifique livre de contes mettant en vedette les sept ours nains! Si, a priori, j’ai été attiré par ce livre, il fallait lui faire passer le test ultime! C’est-à-dire le lire avec les enfants. Ça a été un succès! Je dirais même que je dois l’avoir relu au moins une dizaine de fois depuis que je l’ai en ma possession. Et, contrairement à d’autres livres du genre, je ne me lasse pas! C’est une bande dessinée de qualité, avec des gags bien affûtés qui feront sourire autant les petits que les grands. C’est aussi un bel ouvrage pour introduire la bande dessinée chez les jeunes. Dès 6 ans
L’amour chez les robots
Tous les ingrédients sont réunis dans les deux premiers tomes de la collection « Poésies pour Zinzins », La valse des animaux et L’amour chez les robots, pour en faire un succès. Pourtant, François Gravel se joue habituellement des recettes dans son oeuvre. La preuve étant qu’au rayon jeunesse, le genre de la poésie est rarement et malheureusement trop peu fréquenté. Rime et humour font ici bon ménage, tout comme ce joli couple de robots formé sous la plume intelligente de l’auteur. Bien que constitués de métal et de boulons, ils sont attachants, travaillants, et savent tirer profit de leurs différences. Les jeunes lecteurs trouveront matière à admirer leur nature persévérante et créative. Deux histoires dans chaque livre, illustrées de judicieuse façon par Philippe Germain. Dès 10 ans
T’es où papa?
« Papa est parti. Il est mort. » Mais où est-il et qu’est-ce que cela veut dire vraiment? Voilà la question que se pose notre petit héros, alors que les yeux de sa mère sont rouges – elle pleure. Le garçon part alors à la recherche de son père : à la ville, à la campagne, à la montagne et à la mer, mais non, il n’est pas là. Les histoires nous permettent d’aborder les sujets les plus sensibles avec les enfants, et même avec les adultes, et celles-ci nous sont racontées avec sensibilité et simplicité. L’émotion monte et prend à la gorge, mais l’histoire se termine dans la tranquillité. Un album à offrir aux enfants et aux amoureux des livres qui ont perdu un être cher, pour les aider à passer un moment de calme et peut-être pour leur redonner le sourire, pour un instant. Dès 3 ans
L’avie d’Isée
Accompagnée de son ami Tadoramour, Isée entreprend sa nouvelle aventure, sur une partition de musique. Elle voyage à travers les villes-forêts, rencontre des maisonstres qui vandalisent tout sur leur passage et des personnages peu attrayants. Mais notre reine du coup de pied sait maintenant bien se sortir de ses péripéties. Elle suit désormais le cours de la vie, accepte le passé, découvre l’Histoire. Sa trilogie peut s’achever sur de nouvelles possibilités, des chemins infinis à parcourir. Il lui reste tant d’aventures à vivre! Avec ses entourloupes au vocabulaire qu’on lui connaît bien, Ponti signe ici une nouvelle ode à l’estime de soi et à la soif de savoir, avec un album aux dessins surdimensionnés et magnifiques. Comme Isée. Dès 5 ans
Le silence des autres
Le silence des autres, un titre évocateur pour des thématiques aussi actuelles; celles de l’intimi – dation chez les jeunes et de la violence faite aux personnes âgées. Deux protagonistes que rien ne semble relier : Jules, 14 ans, qui vit un enfer à l’école et qui n’a aucun ami sur qui compter et son voisin, Léon, 80 ans passés, qui vit sous le joug de sa fille profiteuse. C’est de leur rencontre qu’il est question et du moment où certains choisissent de briser ce silence. Un roman écrit avec une infinie douceur teintée d’espoir qui plaira, sans aucun doute, aux jeunes et aux moins jeunes. Comme chaque fois que je tiens un de ses romans, la magie opère et je tombe sous le charme de l’écriture de Lyne Vanier. Tout simplement magnifique! Dès 13 ans
Je suis riche!
Une poupée un peu défraîchie, un ourson un peu pelé… On croit toujours que l’herbe est plus verte chez le voisin, mais la petite fille de cet album joliment coloré par notre cher Philippe Béha constate combien elle est comblée : une famille « nuage d’amour » qui prend soin d’elle, un espace bien à elle pour jouer et rêver, des amis avec qui partager jeux et projets, des repas trois fois par jour, l’accès à l’école pour tous sans discrimination, un pays sans guerre… À mettre au rayon « philosophie » pour nos petits! Dès 3 ans
Merveilles de musées racontées aux enfants
Les collections permanentes des musées du monde cachent des trésors que le public oublie trop souvent! Dans ce magnifique livre, gros plan sur les masques, sculp – tures, statues, et autres, du buste de Néfertiti au lapin chromé de Jeff Koons, des momies de chats à l’araignée géante de bronze de Louise Bourgeois dont on peut voir un exemplaire à Ottawa. Quelle richesse! Des splendeurs! Les explications de chaque oeuvre remettent sa création dans son contexte, le tout étant accessible aux enfants, et les adultes y trouvent leur compte! À mettre entre toutes les mains! Dès 8 ans
L’ours qui aimait les histoires
D’entrée de jeu, nous avons ici affaire à l’un des plus beaux albums des dernières années. Une douceur unique et pleine d’émotion se dégage de cette magnifique histoire face à laquelle on ne peut rester insensible. Les abords d’une forêt deviennent le théâtre d’une improbable rencontre entre un ours et quelque chose de particulier… la lecture. L’animal se laissera d’abord apprivoiser par une jeune femme éprise de littérature qui tolérera sa présence. Au fil du temps, une belle complicité verra le jour entre eux. La femme quittant l’endroit à l’automne, son nouvel ami gardera certains de ses livres en promesse de retrouvailles. La sensibilité, l’humanité du dessin de ce livre n’ont d’égal que le texte très beau et très touchant. Dès 6 ans
Mon trésor d’histoires du soir
Scarry est une référence dans la littérature jeunesse d’hier et il faut saluer le beau travail de réédition de certaines de ses oeuvres majeures chez Albin Michel. L’univers littéraire et graphique de Scarry est unique et d’une beauté indémodable, comme le démontre bien ce livre rassem – blant une trentaine de courtes histoires éclectiques et amusantes. Les personnages, majoritairement des animaux, nous transportent dans des pays, des saisons et des aventures où la porte de l’imaginaire est sans cesse entrouverte au lecteur qui s’étonnera de tant de charme et de couleurs. Tout est mignon dans ce livre d’une autre époque qui saura plaire autant à l’enfant qu’à l’adulte qui désire revisiter son enfance bercée par ces classiques inimitables. Dès 4 ans
L’abominable sac à main
Savez-vous ce que contient le sac à main d’une maman? Notre petite héroïne, elle, le sait… Elle s’étonne même que sa maman soit si attachée à son sac! Ce glouton, cette affreuse machine, a avalé les clefs de la maison : tombées au fond du sac… elles sont introuvables! D’ailleurs, plus le sac est grand et plus il contient d’objets pratiques, inutiles ou insolites, dont notre jeune amie dresse l’incroyable liste. Pour dormir tranquille, notre fillette lui donnera même ses vieux jouets pour calmer sa gloutonnerie nocturne. Et soudain, l’idée géniale, un sac plus petit fera-t-il l’affaire? Réel et imaginaire se côtoient joyeusement pour un album aux amusantes illustrations. P.-S. À vous de jouer avec votre maman, et essayez de deviner ce que contient son sac à main. Surprises! Dès 4 ans
Zizi lolos smack!!
Comment aborder amour et sexualité avec des enfants au moyen d’un texte simple, des termes précis, en espérant une compréhension facile? Défi bien relevé avec ce livre dont la couverture colorée attire le regard. Les nombreux volets créatifs et ludiques et la manière d’aborder ces thèmes avec drôlerie constituent une formule gagnante : la course aux spermatozoïdes est fort bien imagée, et le ventre de la maman, enceinte, occupe « avantageusement » toute la page. Mais bien d’autres volets sont à découvrir; vous serez charmé. Enfants et parents seront enchantés de pouvoir discuter ensemble et de s’amuser sur des sujets sérieux. Dès 9 ans
L’atelier mastodonte
L’atelier mastodonte, c’est la fine fleur de la BD française (Trondheim, Alfred, Pedrosa, Tébo, Julien Neel, Bastien Vivès et quelques autres encore) qui raconte la vie de l’atelier fictif (?) qui les rassemblerait tous. Dit comme cela, on pourrait craindre un album très « private jokes » pour initiés; eh bien, pas du tout! L’atelier mastodonte, c’est avant tout un livre qui fait rire. Pas sourire, non, vraiment rire aux éclats grâce à ces auteurs qui se sont visiblement bien amusés à nous raconter ou à inventer des situations tirées du huis clos de leur atelier ou vécues à Angoulême, à se répondre par cases interposées, à se caricaturer les uns les autres. Un album indispensable qui pourra se lire et se relire sans jamais lasser.
Le règne des Supermen. La mort de Superman (t. 2)
C’était sur une note surréaliste que se terminait le tome 1… une possible résurrection de l’homme d’acier? En fait, c’est à l’apparition de quatre prétendants au titre de Superman qu’on assiste au début de ce pavé. Chacun semble porter une qualité typique du superhéros, tout en possédant de fortes différences… Est-ce que l’un d’eux est réellement Superman revenu des morts? J’ai bien aimé me laisser prendre au jeu, et je dois l’admettre, au piège dans ce second volume qui a ébranlé le monde de la bande dessinée! Et comment ne pas sourire devant ces années 1990, les looks et tout! Il y a même un Superman qui propose à un président émerveillé de pouvoir le joindre avec un appareil qui s’apparente au cellulaire! Un incontournable de DC Comics!
In God we trust
Six ans après son adaptation décalée de Pinocchio et un détour par le cinéma, Winshluss revient à la charge avec In God We Trust, une vision insolente de la Bible et de ses personnages. Quoique ce très bel album à la facture impec cable soit moins ambitieux et incisif que son précédent ouvrage, l’auteur mélange habilement, Saintes Écritures et culture pop, ponctuant ses courtes histoires par des pastiches publicitaires et des gags à l’humour irrévérencieux et absurde. Guidé par Saint-Franky, patron de la bande dessinée et de la bière, le lecteur redécouvrira avec un malin plaisir les dessous de ces histoires bien connues. Mais qui aurait pu deviner qu’Adam était un fervent joueur de badminton, Jésus un surfeur et Jean-Paul II, une star rock décadente?
Le canon graphique (t. 3)
Amoureux de la grande littérature mondiale et des arts graphiques? Le canon graphique est le résultat parfait de la rencontre entre ces deux mondes! Si vous avez aimé le premier tome, vous serez renversé par la qualité des deux volets suivants, sortis en même temps en décembre. Souvent on aime, parfois moins, mais on ne ressort pas indemne de ce voyage culturel. Chaque oeuvre est présentée avec attention, anecdotes et mise en contexte dans le temps. Le second tome couvre le XIXe siècle, de Jane Austen à Baudelaire, alors que le troisième couvre le XXe, de Kafka à Murakami. Ce sont des ouvrages qui peuvent se déguster lentement… mais le boulimique que je suis s’est goinfré jusqu’à la dernière miette! À avoir absolument dans sa bibliothèque!
Ainsi soit Benoîte Groult
Il y a des rencontres qui se doivent d’être racontées, comme celle entre Catel et Benoîte Groult. Par ses amours, ses actions et ses écrits, Benoîte Groult méritait d’avoir un livre qui lui rende hommage. Catel, qui aime faire le récit de la vie de femmes fortes et indépendantes, était la personne toute désignée. En relatant le fil de leur rencontre, la bédéiste nous permet d’être témoins de la naissance d’une belle amitié tout en nous faisant découvrir l’écrivaine dans son passé et son quotidien. En terminant cette BD, on ne peut qu’avoir envie de lire madame Groult, Marie Cardinal et Simone de Beauvoir, et de réfléchir aux avancées de la condition féminine, aux luttes qui restent à faire et aux acquis qu’il faut protéger.
Melvile
Samuel Beauclair, un écrivain en panne d’inspiration, s’est réfugié à Melvile, un village au nord de Montréal, pour tenter d’écrire son second roman et vaincre ses démons. Pour se changer les idées, il répondra à une petite annonce et retrouvera ainsi le goût à la vie en faisant des travaux manuels chez des gens avec qui il sympathisera. Cette BD en est une d’atmosphère dont l’histoire se dévoile par petites touches. Le dessin rajoute une dimension onirique au récit. De plus, une application iPad augmente l’expérience du livre par des vidéos, des croquis et une musique qui peut accompagner la lecture. Un roman graphique qui fait appel à nos sens et qu’il faut lire pour l’ambiance envoûtante du récit.
Gauguin. Loin de la route
Après Gainsbourg. Vie héroïque, porté au cinéma par Joan Sfar, voici un autre monument de la culture française qui passe sous le crayon des bédéistes. Gaultier et Le Roy s’attaquent au peintre Gauguin. Sous le regard extérieur de Victor Segalen, homme de lettres français qui s’affaira à rassembler les écrits et peintures de Gauguin, on y découvre les derniers jours de l’artiste en Polynésie française. Le portrait qui se dessine est celui d’un homme malade, d’un homme libéré des contraintes de la société moderne, mais surtout d’un homme engagé, d’un militant bataillant pour sauver son « paradis perdu » des vicissitudes de la société française, de l’État et du clergé. Bref, au-delà de l’esthétisme de l’oeuvre, voilà un Gauguin beaucoup moins lisse qui transparaît.
Deux milligrammes
La Pastèque propose une nouvelle collection « Pomelo » qui offre de faux guides pratiques. Benjamin Adam en a profité pour publier l’histoire de son arrêt de la cigarette. Il y dépeint comment il a voulu arrêter de fumer et les différentes procédures utilisées pour mener à terme son combat contre la nicotine. Faisant preuve d’une grande sensi bilité teintée d’humour, Deux milligrammes est un excellent remontant pour tous ceux qui désirent en finir avec le tabagisme et un véritable hommage à ceux qui ne sont jamais tombés dans ce vice. Pour ma part, je lis le blogue de Benjamin Adam depuis longtemps, et voir ses planches éditées chez la Pastèque ne peut que me réjouir.
Les quatre soeurs. 4 saisons
Enid a quatre soeurs : Hortense la littéraire, Bettina la romantique, Geneviève la sportive et Charlie, l’aînée et la responsable de cette belle troupe d’orphelines. Elles habitent toutes ensemble, avec deux chats et beaucoup de courants d’air, une grande maison déglinguée, la Vill’Hervé, juchée au bord d’une falaise et qui voit à l’occasion ses murs hantés par la visite bienveillante des fantômes de leurs parents. Au fil des saisons, chaque soeur vivra ses petits événements, doutes et question – nements quotidiens qui, réunis dans ce bel album de textes illustrés, sont adaptés des romans du même nom.
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