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Dossier

Les libraires craquent

Réflexions mentales : 2e journal d’un Ti-Mé
Claude Meunier Leméac Éditeur

Vingt ans après la parution de son premier journal, Ti-Mé est de retour pour nous éblouir une fois de plus par sa grande sagesse. Dans Réflexions mentales, on aborde des sujets sérieux, d’autres un peu moins, toujours avec cet humour unique grâce auquel Claude Meunier a bâti sa carrière. Au fil des pages, Ti-Mé se prononce sur de nombreux thèmes tels que la pandémie, la religion, la fidélité, les phénomènes paranormaux, etc. Môman, Caro, Pogo ainsi que d’autres personnages de la télésérie La petite vie font également leur apparition pour notre plus grand plaisir. C’est avec bonheur et nostalgie que les amoureux de l’univers de Claude Meunier parcourront ce livre. Le célèbre humoriste n’a pas fini de faire rire le Québec.

Jimmy Poirier (L’Option)
14 février 2021
Esprit de corps
Jean-François Vaillancourt Le Quartanier

Esprit de corps, c’est le quotidien brut d’un groupe de recrues de l’armée de réserve en formation, le temps d’un été. L’auteur, lui-même ancien soldat, utilise le jargon militaire et en fournit le lexique à la fin, ce qui est apprécié de la néophyte que je suis. C’est une vie de camaraderie forcée, de promiscuité tolérée avec des jeunes hommes et des jeunes femmes au tempérament fougueux et désinvolte, tempétueux et fier, et qui doivent parvenir à faire équipe, malgré tout. Au rythme de leur sergent qui leur impose corvées et chants patriotiques, les recrues se dévoilent, franchissent de nouvelles étapes ou dépassent leurs limites. Avec humour, affection et respect, l’auteur témoigne de cette expérience aussi riche que dure, et honore ceux et celles qui la vivent.

Rien que le bruit assourdissant du silence
Valérie Garrel Éditions De La Pleine Lune

Au Musée des beaux-arts de Montréal (MBAM), un homme aborde une femme dans l’espoir d’entamer un dialogue. À défaut de lui répondre, souhaitant peu faire des rencontres, Cassandra écoute néanmoins cet étranger lui raconter les récits que lui évoquent ces toiles. (Notons qu’il s’agit des œuvres de l’exposition permanente du MBAM.) Les photos des peintures sont reproduites dans le livre pour permettre au lecteur de s’en imprégner. L’intériorité des personnages se dévoile peu à peu, par petits coups de pinceau, révélant l’histoire de chacun. Avec ce premier roman, Valérie Garrel nous fait vivre l’émoi d’une rencontre amoureuse par le truchement de l’art, un voyage fabuleux, exotique et émouvant.

Indice des feux
Antoine Desjardins La Peuplade

Le premier livre d’Antoine Desjardins compte certainement parmi les titres les plus intéressants à paraître en ce début d’année. Recueil de sept longues nouvelles déployant chacune leur lot de trésors aussi variés qu’originaux, le tout avec pour dénominateur commun le caractère déliquescent de notre époque, ce baptême littéraire très réussi multiplie les prouesses. Rester terre à terre tout en voyant plus loin, en visant plus haut et en creusant plus profond, voilà le tour de force qu’incarne ce recueil empreint d’un réalisme d’une rare authenticité. Mention spéciale à la nouvelle « Feu doux », dont la justesse de ton et la finesse du propos sont d’une subtilité à vous redonner foi en l’humanité. Excellent.

Em
Kim Thúy Libre Expression

Em, c’est prendre soin. Em, c’est protéger. Em, c’est aimer. C’est sur fond de guerre du Vietnam que Kim Thúy nous présente son dernier roman. Grâce au fil conducteur, nous suivons une parcelle du destin de plusieurs Vietnamiens, parfois d’Américains, mais toujours d’êtres humains. Ce fil qui les relie est tissé d’humanité, cette humanité qui résiste malgré la barbarie, l’horreur et les atrocités de la guerre. Kim Thúy nous raconte l’insupportable avec la douceur d’une toute petite souris. Elle dépose tout doucement ses mots dans un texte épuré, franc, mais fort. L’essentiel est là. Dans Em, nous lisons la résilience, nous devinons cette volonté de survie, nous ressentons tout l’amour de celui et celle qui protègent. Em, ce sont les toutes petites histoires qui ont fait la grande.

Ariane Huet (Côte-Nord)
14 février 2021
L’absente de tous bouquets
Catherine Mavrikakis Héliotrope

On n’enterre pas une mère comme on enterre une fleur. Il y a cependant une certaine beauté dans la souffrance, le deuil s’entretient et requiert un soin. Dans ce récit introspectif, Catherine Mavrikakis brosse le portrait de cette femme traumatisée par la guerre, encastrée dans le quotidien de la vie de famille et qui, exilée de son Europe natale, habitait Montréal comme un lieu transitoire. À travers les souvenirs, elle parle aussi des figures littéraires et cinématographiques qui ont inoculé son univers intérieur, partageant avec nous ce qu’elle aurait aimé transmettre à sa mère. De cette écriture se dégage une authenticité sensible où le passé se cultive à la manière d’un jardin. La douleur devient alors une occasion de refleurir.

Laurence Primeau (Poirier)
14 février 2021
Là où je me terre
Caroline Dawson Éditions Du Remue-Ménage

Dans ce premier livre, Caroline Dawson évoque son déracinement, après son arrivée au Québec, dans une petite ville proche de Montréal. Funambule entre les normes, l’autrice nous invite au cœur d’une multitude de récits qui lui sont propres. Entre la famille, les amis et les souvenirs, Caroline ouvre cette porte vers l’intimité de son histoire. Les chapitres décrivent la complexité des questions identitaires et cette culture qui ne lui colle jamais entièrement à la peau. Là où je me terre se nourrit de fragments intimes qui traduisent l’ampleur des réalités sociales d’une femme racisée et immigrante, et ce qu’elle doit être.

L’espoir de la beauté
Andrée Laberge Éditions De La Pleine Lune

L’homme en fauteuil roulant de cette histoire aurait toutes les raisons d’en vouloir à la vie. Atteint d’une maladie dégénérative, il se voit diminuer petit à petit, nécessitant au quotidien l’aide de préposés. Avant de se retrouver dans cet état, il a festoyé plus d’une fois, a même joué au troubadour amoureux et failli croupir en prison. Le texte est d’une telle précision que nous ressentons intensément ce que vit maintenant cet homme. Ses questionnements nous amènent à regarder en nous, sa vulnérabilité soulève notre empathie, et sa bienveillance suscite l’espoir d’une humanité meilleure. Un livre qui donne envie d’y croire.

Lise Chiasson (Côte-Nord)
14 février 2021
Danser sur tes braises suivi de Six décennies
Ananda Devi Doucey Éditions

Davantage connue pour ses romans (Le sari vert, pour nommer le plus célèbre), l’autrice mauricienne Ananda Devi nous offre deux longs poèmes narratifs aussi intimes qu’universels. Dans le premier, Danser sur tes braises, elle honore la mémoire de sa défunte mère, réfléchissant depuis celle-ci sur le legs féminin, la perte et la maternité. Dans le second, Six décennies, c’est le vieillissement qu’elle scrute patiemment, celui du corps, apparent, et celui de l’esprit, plus subtil. Les complications du désir qui ne tarit pas, la révolte de devoir admettre ce qui n’existe plus sont au cœur de la méditation. La langue est flamboyante comme les braises tisonnées aux ardeurs de la passion. Une bonne façon d’entrer dans la vaste œuvre de cette grande dame.

Dans les plis du tablier
Éditions David

Entre 2014 et 2018, les membres du Kukaï de Québec se réunissaient une fois par mois pour partager leurs haïkus. À la suite d’une méticuleuse sélection parmi leurs trouvailles, ils nous offrent ce superbe collectif, leur troisième, cette fois-ci dirigé par André Vézina et Jeannine St-Amand, et illustré par Michèle Gauthier. Rappelons-le, le haïku est un poème d’origine japonaise composé de trois courts vers ; une poignée de mots mettant en lumière des instants de beauté qui, sans l’intervention d’un regard attentif, risqueraient de se perdre. Dans cet ouvrage, on évoque des moments merveilleux, nostalgiques, bouleversants, tous puisés dans le quotidien des auteurs. Dans les plis du tablier se déguste lentement : à chaque poème, un voyage.

Jimmy Poirier (L’Option)
14 février 2021
Cuisiner sans recettes : Guide de résilience alimentaire
Véronique Bouchard Écosociété

Enfin, il existe, ce livre! Celui qui nous libère des recettes, nous affranchit des listes d’ingrédients à nous procurer, il est là, à notre portée. Véronique Bouchard, fermière et agronome, entre autres, nous invite à reprendre notre autonomie en nous faisant confiance, en cuisinant les fruits et les légumes de saison, en apprenant à maîtriser les bases d’une alimentation saine, écologique et locale. Du yogourt au kombucha, de la congélation à la mise en conserve, c’est toute notre créativité alimentaire qui s’en trouve grandie. Plonger dans Cuisiner sans recettes, c’est se donner la chance de mûrir et de respecter l’environnement, tout en honorant le savoir-faire de nos artisans du terroir. Un livre inspirant aux idées délicieuses, à savourer pleinement.

Ce matin-là
Gaëlle Josse J'ai Lu

Ce matin-là, la voiture refuse de démarrer. Clara remonte à son appartement et se laisse glisser au sol. La bonde vient de lâcher : continuer n’est plus possible. Des mois, voire des années, que se prépare ce burn-out… D’abord, l’AVC de son père, douze ans plus tôt, qui l’a empêchée de partir travailler à l’étranger. Puis, au fil des ans, ce cumul de frustrations dans la boîte où elle est employée. Et maintenant, « cette impression d’avoir perdu le lieu, l’axe, le repère »… Descendre au fond du baril, faire le vide… avant de trouver l’étincelle qui ramène un peu d’énergie et génère le désir de tout changer. Gaëlle Josse raconte avec tendresse et justesse les mois de fragilité de Clara, ces moments de noirceur qui pourraient aussi être les nôtres…

André Bernier (L’Option)
14 février 2021
Le sel de tous les oublis
Yasmina Khadra Julliard

Yasmina Khadra frappe les esprits à nouveau! Au lendemain de l’indépendance de l’Algérie, Adem perd sa femme et du même coup son honneur, lorsqu’elle le quitte pour un autre. Il part en errance à travers le pays qui conserve les cicatrices de la guerre : « Nos têtes sont pleines de vacarme, nos poumons de baroud, nos consciences de traumatismes. » L’amertume de l’antihéros reflète une hargne qui n’a d’égal que l’âme bienveillante des gens croisés sur sa route. La vision quelque peu misogyne des gens vivant dans certains coins reculés est également représentée. Ce livre est un souffle du Moyen-Orient : il en trace un portrait poignant par la description de grands paysages riches et de personnages issus de différentes couches de la société et par des termes propres à sa culture.

Ce qu’ici-bas nous sommes
Jean-Marie Blas De Roblès Zulma

Jean-Marie Blas de Roblès a une culture générale époustouflante et il sait s’en amuser dans chacun de ses livres. En campant son plus récent roman à Zindan, une oasis perdue située en dehors des époques, des langues et du monde, il peut se permettre toutes les fantaisies, ou presque. Auguste Arbour, un ethnologue aujourd’hui interné dans une maison de repos au Chili, nous relate son séjour dans ce lieu mythique. Les références aux cultures anciennes ainsi qu’à Terry Pratchett et aux codes QR parsèment son récit. L’auteur a poussé l’audace un cran plus loin en dessinant des vignettes explicatives inspirées de l’iconographie du XIXe siècle. Un livre aux multiples niveaux de lecture, à lire avec le sourire aux lèvres et l’esprit affûté.

L’été des oranges amères
Claire Fuller Stock

Frances Jellico est mourante, mais elle revit sans cesse les événements survenus vingt ans plus tôt, à l’été 69, pendant ses premiers moments de liberté après le décès de sa mère qui l’a toujours tenue en laisse. Un riche Américain l’a embauchée pour inventorier les ornements du parc d’un manoir anglais à l’abandon qu’il vient d’acquérir. Mais à son arrivée, elle constate qu’un couple est déjà présent : Peter, engagé pour estimer la valeur du mobilier de la maison, et Cara, sa mystérieuse compagne. Frances, jusque-là si seule, se lie peu à peu d’amitié avec ces gens étranges et fascinants, mettant ainsi le doigt dans un engrenage. On le sent très vite, ça ne pourra que mal finir… Magnifique roman d’atmosphère aux retournements qui nous laissent bouche bée.

André Bernier (L’Option)
14 février 2021
Fin de combat
Karl Ove Knausgaard Denoël

Il n’y a que Karl Ove Knausgaard pour happer ses lecteurs avec la description de la vie quotidienne dans sa plus pure banalité. Dans cet ultime tome de la série Mon combat, il raconte jusque dans les détails les plus anodins les jours qui ont précédé la publication du premier volume ainsi que les bouleversements causés par la sortie de ce livre. Entre les deux, il analyse le texte qui a inspiré le titre de son cycle, Mein Kampf d’Adolf Hitler. Il en fait une lecture très intéressante tout en décrivant la réception que la population allemande de l’entre-deux-guerres a réservée à ces écrits. Une lecture fascinante clôturant une entreprise bien personnelle qui aura su chambouler bien des lecteurs par la grande franchise, souvent dérangeante, dont l’auteur a fait preuve.

American Dirt
Jeanine Cummins P. Rey

Véritable plongée en apnée aussi captivante qu’un thriller, ce roman nous bouleverse par sa lucidité poignante. Jeanine Cummins pointe sa lumière sur la migration en Amérique en nous offrant des personnages certes attachants et grandioses, mais ordinaires, soulignant intrinsèquement que ce peuple marcheur, ça pourrait être nous-mêmes. À travers l’épopée de Lydia et du jeune Luca, fuyant un puissant cartel, de Soledad et de Rebeca, deux sœurs se sauvant pour préserver ce qui peut l’être encore, et de tous ceux et celles qui croisent leur route, c’est le désir de bien-être, le besoin de sécurité et la nécessité de cultiver l’espoir qui brillent dans ce roman magistral. Cette lecture nous secoue, nous bouscule, et humanise ceux que nous entendons si peu.

Fantaisie allemande
Philippe Claudel Stock

Ce n’est pas parce qu’un livre nous raconte une affreuse histoire qu’il s’agit d’un mauvais livre. Les mauvais sont vite oubliés, alors que celui-ci nous habite longtemps. En cinq nouvelles, dans une Allemagne en fin de guerre, l’auteur nous écorche le cœur en nous relatant cinq récits dans lesquels revient un personnage nommé Viktor. Chacune de ces nouvelles sème l’émoi et la dernière se raccroche à la première. Impossible de sortir indemne de ces drames où le pire et le meilleur de l’être humain se montrent au grand jour. La plume puissante de Claudel laisse les lecteurs errer entre le réel et la fantaisie.

Lise Chiasson (Côte-Nord)
14 février 2021
Terres et forêts
Andrew Forbes Éditions De Ta Mère

Les nouvelles du recueil Terres et forêts d’Andrew Forbes, campées loin des grands centres, nous font voyager du creux de la forêt au paysage désertique, en passant par la campagne ontarienne. Elles nous plongent dans le quotidien de personnages ordinaires, issus de différents milieux. En fin portraitiste de l’âme humaine, Forbes dépeint avec sobriété et sensibilité les aspirations et les tourments des protagonistes, ballottés par les aléas de la vie. Beauté fugace et perte cruelle s’entrecroisent dans des univers imprégnés du même caractère imprévisible que la nature qui nous entoure. En ressort une impression de douceur, ancrée dans la terre, comme si la fébrilité ambiante s’était muée en une acceptation silencieuse de la valse impitoyable des éléments.

Cassandre Sioui (Hannenorak)
14 février 2021
L’or du temps
François Sureau Gallimard

Dans les méandres de la Seine se matérialisent les rêveries prodigues du nouvel académicien François Sureau. En suivant ses paresseux bouillons, peu à peu se dessine une manière d’autobiographie intellectuelle, baroque et érudite. On pense au genre de chefs-d’œuvre que sont Danube de Claudio Magris et Voyage d’un Européen à travers le XXe siècle de Geert Mak, touffus et luxuriants. Comme bâton de marche pour son pèlerinage intérieur, Sureau s’est inventé un alter ego, ami peintre des surréalistes et résistant, admiré autant que craint de l’autocrate Breton. Il se nomme Agram Bagramko, et c’est en sa compagnie que nous orpaillerons le temps à la recherche de lumières atténuées par la mémoire défaillante ou traficotée de l’humanité.

Moi les hommes, je les déteste
Pauline Harmange Seuil

Moi les hommes, je les déteste est un essai nécessaire. Un petit livre de moins de 100 pages aux grands objectifs : démontrer pourquoi les femmes devraient revendiquer la misandrie et comment cela peut être libérateur pour elles. Cette misandrie est explicable par le traitement systémique violent des hommes envers les femmes dans la société actuelle. Une lecture pour celles qui veulent pousser leur réflexion sur le sujet ou se sentir comprises, mais également pour les hommes, afin de leur permettre de comprendre à quoi ils participent. Un livre menacé d’interdiction en France pour ses propos radicaux. Il est plutôt temps de voir la réalité en face : pour les femmes, être misandre, jusqu’à preuve du contraire, est la plupart du temps une nécessité.

Et comment… ? 28 recommandations délirantes pour pimenter scientifiquement votre vie
Randall Munroe Flammarion

Pourquoi faire simple quand c’est drôlement plus époustouflant de faire compliqué, surtout lorsque ça pète et ça produit des milliards d’étincelles. Le déluré physicien Randall Munroe, qui, dans son précédent Et si… ?, résolvait, avec tout son savoir, les questions les plus saugrenues (Combien de blocs Lego pour édifier un pont entre Londres et New York?), invente maintenant, dans Et comment… ?, les réponses les plus délirantes, mais rigoureusement scientifiques, aux problèmes de tous les jours, comme modifier l’écoulement du temps pour nous permettre d’être ponctuel, construire un fossé de lave pour protéger notre maison, ou abattre un drone à l’aide de Serena Williams et d’une balle de tennis. Ce livre nous fait entrevoir que bien des idées, apparemment ridicules, comme déménager sans faire de cartons, peuvent s’avérer, de temps en temps, révolutionnaires.

La créativité de la crise
Evelyne Grossman Minuit

Après s’être habilement penchée sur l’angoisse de pensée et l’hypersensibilité, Evelyne Grossman s’applique dans cet essai à réfléchir la crise comme volonté créatrice — pure coïncidence avec l’état d’urgence sanitaire actuel, l’auteure veut surtout évoquer la douleur de la création et les processus complexes cachés derrière une œuvre personnelle. C’est la crise qui engendre le processus créateur, qui rend féconde l’imagination, et l’inventivité viendrait d’un déséquilibre que l’on tenterait de maîtriser sans chercher à le résoudre entièrement. Éditrice et spécialiste des théories littéraires, elle a le don de nous insérer dans le crâne toutes sortes d’histoires de grands écrivains qui ne font qu’attiser notre curiosité et allonger impitoyablement notre liste de lectures à venir.

Abandon
Joanna Pocock Mémoire D'encrier

Canadienne d’origine, Joanna Pocock vit à Londres depuis vingt-cinq ans quand elle décide d’aller vivre au Montana pendant deux ans avec son mari, histoire de se reconnecter avec la nature, savourer la proximité des montagnes, les forêts à perte de vue et les grands espaces. Or, l’auteure découvre vite l’envers du décor : les rivières polluées, les mines à ciel ouvert et l’empreinte de l’humain partout où elle va. Au cours de ce voyage sous le signe de la transformation intérieure, elle fera des rencontres surprenantes, culminant avec cette communauté écosexuelle. Plaidoyer pour la nature, l’engagement social et la découverte de soi, ce récit de vie bien documenté nous amène à repenser le monde.

Autopsie d’un crime imparfait : 22/10/80, l’assassinat de France Lachapelle
Jacques Côté Groupe Homme

Le 22 octobre 1980, la comédienne France Lachapelle est sauvagement assassinée dans son appartement à Québec. Les soupçons se tournent (à tort) vers la dernière personne à l’avoir vue vivante, le jeune Robert Lepage, dont le traumatisme vécu lui inspirera la pièce et le film Le polygraphe. Alliant de rigoureuses recherches à ses talents d’auteur de romans policiers, Jacques Côté narre avec force et détails l’histoire d’un meurtre horrible, l’enquête et les procès qui ont suivi. Les descriptions à la fois précises et atmosphériques donnent froid dans le dos. L’auteur porte également un regard critique sur le système judiciaire et le traitement réservé aux suspects atteints de maladies mentales.

Jean Leloup : Le principe de la mygale
Nadia Murray L'instant Même

Fans de Jean Leloup, vous serez comblés! Cet essai, consacré aux textes d’un des plus grands poètes du Québec, vous ravira! À partir d’un mémoire, l’autrice en a fait un essai touffu et détaillé. Dans l’ordre chronologique des albums de Leloup, elle dresse un portrait de l’artiste à partir de ses mots, de ses influences musicales et littéraires. Cet ouvrage n’a rien de biographique, mais le lexique du chanteur est parlant… Ses mots nous portent du début de sa carrière, où il est un personnage plutôt extravagant, à ses dernières œuvres plus simples et authentiques. Cette fine analyse des textes m’a donné un nouvel éclairage sur ma perception de certaines chansons et m’a fait découvrir des textes sur lesquels je ne m’étais pas arrêtée, même en tant que fan finie de Jean Leloup. Vous aurez grand plaisir à plonger ou à replonger dans l’univers éclaté de Leloup!

Nous méritons mieux : Repenser les médias au Québec
Marie-France Bazzo Éditions Du Boréal

Celle que nous devrions d’ores et déjà considérer comme une grande dame de la radio et de la télévision nous propose ici un essai extrêmement pertinent sur l’omniprésence de l’humour et du divertissement au sein du milieu des médias et de façon encore plus pertinente, sur l’actuelle léthargie des médias traditionnels. Ciblant plusieurs des traits caractéristiques du monde médiatique québécois contemporain, notamment cette sacro-sainte peur de la chicane dont la mollesse et la rareté de nos débats de société seraient l’une des manifestations, l’essayiste articule une pensée critique hautement informée que toute personne aspirant à davantage de substance dans le paysage accueillera à bras ouverts.

Ce lien entre nous
David Joy Sonatine Éditions

Tout commence par un accident de chasse. Darl Moody braconne dans une forêt privée, à la recherche d’un cerf, quand il repère ce qu’il croit être un sanglier en train de fouiller le sol. Il tire, mais c’est un homme qu’il a abattu, le frère de Dwayne Brewer, un individu connu pour sa cruauté. Pris de panique, il court chez son meilleur ami afin qu’il l’aide à enterrer la victime. Ainsi démarre ce suspense haletant qui se déroule dans le décor sauvage des montagnes de Caroline du Nord, où pauvreté et violence vont de pair. On sent très vite que rien ne freinera le désir de vengeance de Dwayne, un être complexe, prêt à tout. David Joy livre un récit intense et cru qui nous tient en haleine jusqu’à la dernière ligne. Une réussite totale!

André Bernier (L’Option)
15 février 2021
Grumo, l’ourson aventurier : Le véritable cadeau
Audrey Jadaud Dominique Et Compagnie

Grumo est un ourson vivant sur une banquise au pôle Nord. Malheureusement, le jeune ours blanc a perdu sa famille et vit seul. Un soir, une étoile filante traverse le ciel. Grumo fait alors le souhait d’avoir des amis. Le lendemain, un intrigant cadeau l’attend sur la glace. Ce présent sera l’élément déclencheur d’un voyage inoubliable durant lequel Grumo partira à la recherche des sept autres familles d’ours. En plus d’apprendre à connaître ses cousins et leur mode de vie, il recevra le plus beau des cadeaux : l’amitié. Avec les magnifiques illustrations d’Audrey Jadaud, faites le tour du monde auprès d’un ours polaire au grand cœur. Éducatif et attachant, cet album est sans contredit mon coup de cœur de l’année en littérature jeunesse. Dès 3 ans

Si tu viens sur Terre…
Sophie Blackall Scholastic

Si nous voulions décrire notre planète et ses habitants à un visiteur de l’espace, comment le ferions-nous? C’est l’exercice que décide d’accomplir un petit garçon rêveur. Il se lance donc dans une description tout à fait charmante de notre planète, de sa luxuriante nature et de l’étonnant monde animal qui la compose. Il aborde également l’être humain sous toutes ses coutures : des particularités physiques, aux nombreuses habitudes du quotidien en passant par les réalités climatiques, familiales et culturelles vécues par des gens de partout dans le monde. Chacune des pages magnifiquement illustrées regorge de détails, une vraie chasse au trésor visuelle! Chaque illustration est propice à ouvrir une belle discussion avec les enfants. En ces temps où la différence dérange parfois encore trop souvent, plongeons dans cette histoire d’ouverture et de découvertes! Dès 5 ans

Ariane Huet (Côte-Nord)
15 février 2021
Des lunettes pour voir
Margarita Del Mazo Éditions Les 400 Coups

Charlie aime aller en classe, car il y retrouve la belle Inès. Chaque jour, il essaie d’attirer son regard, mais Inès passe toujours tout droit. Un bon matin, elle annonce qu’elle aura des lunettes. « Elle me verra enfin », pense-t-il. Hélas, non. Peut-être lui faut-il, à lui aussi, des lunettes, pour qu’elle le remarque. Vite, essayons les lunettes roses de maman, celles en fond de bouteille de grand-maman, celles en 3D pour les films et même celles à rayons X qui permettent de voir les gens nus! Un vrai examen de la vue permet de constater que Charlie a effectivement besoin de lunettes. Le jour où il les étrenne fièrement, toute une surprise l’attend! Dès 5 ans

Lise Chiasson (Côte-Nord)
15 février 2021
L’œil de Berk
Julien Béziat Ecole Des Loisirs

Berk est de retour! Dans cette quatrième aventure, alors que Berk le canard et ses amis font les fous dans la cuisine, un incident fâcheux se produit… Berk perd un œil! Mais il ne se fait pas de souci, il parviendra bien à le retrouver… mais où pourrait-il bien se cacher? Julien Béziat nous offre à nouveau un superbe album, qui plaira autant aux enfants qu’aux parents. Une histoire charmante, avec des péripéties amusantes et un dénouement plein d’humour! Béziat a un talent indéniable pour offrir des histoires colorées à ses lecteurs, qui n’en attendent pas moins de l’auteur du Mange-doudous. Allez, courez chez votre libraire, je vous assure que vous ne serez pas déçus! Dès 4 ans

Lucy Wolvérène (t. 1) : Les cristaux d’Orléans
Sandra Dussault Éditions Québec Amérique

Au début du XXe siècle, la jeune Lucy Wolvérène est une cambrioleuse au caractère fort, rêvant de s’affranchir de son patron qui l’exploite pour commettre des vols. Lorsqu’elle apprend qu’un prince passera par Québec, elle y voit l’occasion d’y parvenir. Avec sa petite équipe, elle décide de tenter sa chance de faire un coup, malgré toutes les embûches évidentes. Dans ce roman autant historique que fantastique, Sandra Dussault mène de main de maître une histoire palpitante où des hommes-corbeaux hantent les nuits, où la science en est à ses balbutiements et offre des possibilités inouïes et que l’île d’Orléans est un lieu terrifiant. Ce premier tome laisse le lecteur pantois et c’est avec impatience qu’on attend la suite! Dès 12 ans

Paul-Absent
Evelyne Fournier Éditions Québec Amérique

Paul ne tient plus en place! Que d’excitation! Aujourd’hui, super pépère vient le chercher avec son beau bolide rouge. Il se fera garder toute la journée et toute la nuit et, surtout, ensemble, ils s’amuseront comme des petits fous. Pendant ce temps, les parents D’Amours en profiteront pour penser à eux. Du moins, c’est leur intention. Hélas, sans leur petit loup, la vie semble vide. Papa tente une sieste dans son petit lit, maman cherche ses préférences à l’épicerie, et la sortie au cinéma sans Paul, c’est ennuyant. Mais que font donc les parents sans enfant? Voilà une histoire rassurante et un beau clin d’œil à la vie familiale. Dès 3 ans

Lise Chiasson (Côte-Nord)
15 février 2021
Le petit livre pour les géants
Obom Comme Des Géants

Destiné aux bambins de 1 à 3 ans (mais aux géants, selon son auteure, vu, justement, son format géant), cet imagier est rempli de créativité et d’humour. Le premier réflexe qu’on a est de se dire que le livre est trop encombrant, mais ce serait une erreur de passer à côté de cet album unique à cause de cela. Une fois le livre déposé à plat au sol, il devient une sorte de tapis d’éveil où l’enfant peut explorer chaque lieu à son rythme. Six géantes et géants seront donc présentés, pour six lieux différents comprenant des objets du quotidien et des créatures mythiques en tout genre. À noter aussi : l’idée géniale d’avoir inséré quelques mots en abénaquis, ce qui trahit les origines de l’auteure. Dès 1 an

Le tricot
Jacques Goldstyn La Pastèque

Madeleine a toujours vu sa grand-maman Léa tricoter divers projets : des mitaines, des tuques, des chandails et même de magnifiques foulards. Un beau jour, sa grand-maman lui fait découvrir son tout premier projet d’écharpe. Un foulard fait de laines détricotées de divers vêtements de membres de sa famille à des époques importantes de leurs vies. Madeleine, bien impressionnée par tout le travail derrière ce foulard, est enchantée quand Léa le lui offre. Fière, elle part pour l’école sans se rendre compte que son foulard reste accroché et qu’il se défile derrière elle! Elle accourt chez sa grand-mère, en lui demandant de le réparer, mais celle-ci lui offre plutôt de lui apprendre à tricoter. Un magnifique ouvrage, rempli de détails, sur la transmission des connaissances et l’héritage passé d’une génération à l’autre. Dès 5 ans

Valérie Morais (Côte-Nord)
15 février 2021
Qui veut la peau du Cirque Fantastico?
Pierre-Alexandre Bonin Éditions Foulire

Plus que quelques heures avant le début du spectacle. La tension est palpable. Les coffres sont vides, et les factures s’accumulent. Pire encore, d’étranges phénomènes se produisent. La femme à barbe s’est fait voler sa barbe, l’homme fort se retrouve tout à coup sans force, l’acrobate n’a plus d’équilibre et le clown a perdu son sens de l’humour. Roberto Fantastico, directeur du cirque, doit résoudre tous ces mystères au plus vite! Au fil de son enquête, il nous fait rencontrer des personnages sympathiques, étranges et rigolos. Impossible de ne pas rire en lisant ce cinquième titre de la collection « Cactus », joliment illustré par les dessins de Myriam Roy. Roberto arrivera-t-il à sauver le Cirque Fantastico? Dès 8 ans

Jimmy Poirier (L’Option)
15 février 2021
C’est quoi l’amour?
Lucile De Pesloüan Éditions De L'isatis

Voilà une question à laquelle nous pouvons trouver une multitude de réponses dans ce livre. L’amour, c’est plus que l’amour avec un grand A ou l’attachement aux membres de notre famille. On explore ici avec douceur l’amour de soi, de la nature, des animaux, en plus de découvrir les différentes facettes de l’amitié. On y montre que le partage, l’esprit de communauté, l’entraide sont essentiels dans nos vies. Ce livre est éclairant, nous fait réfléchir au monde et aux gens qui nous entourent. Poésie, courtes nouvelles, illustrations qui parlent d’elles-mêmes : nous ne pouvons qu’être séduits par ce volume. Un livre qui mène à de belles discussions. Dès 11 ans

Valérie Morais (Côte-Nord)
15 février 2021
Bix
Scott Chantler La Pastèque

Le bédéiste canadien Scott Chantler revient à la charge avec une bande dessinée biographique, feutrée et rythmée, presque sans texte, bercée par le son de la trompette, du saxophone, de la batterie et du piano, gangrenée par l’alcool, projetée au cœur de la gloire et de la déchéance d’un des acteurs phares de la scène jazz à ses balbutiements. Si les opinions divergent sensiblement au sujet de la vie de Leon Bismark Beiderbecke, Chantler a décidé de prendre le parti de l’histoire qui semblait la plus vraie, la plus honnête. La plus vécue. Désapprobation familiale, abandon, intoxication, maladie, solitude… Bix est une histoire poignante et tragique, vue à travers le prisme du regret. Un hommage en teintes de nuit.

Temps libre
Mélanie Leclerc Mécanique Générale

Avec sa deuxième bande dessinée, Mélanie Leclerc apporte une belle continuité à sa première, Contacts, qui décrivait la relation qu’avait son père, Martin Leclerc, avec son travail de caméraman. Dans celle-ci, l’auteure fait maintenant face à ses propres défis. Également dans le milieu du cinéma, Mélanie Leclerc peine à trouver un équilibre entre ses obligations familiales, sa vie professionnelle et la poursuite du rêve qu’elle a de réaliser son premier film. J’ai été extrêmement touchée par cette histoire. Au-delà du fait que je me suis sentie très proche du personnage principal, les thèmes abordés sont universels : le deuil, la conciliation de ses rêves avec la réalité, la famille, les bilans de vie. Un très bel ouvrage avec un scénario impeccable, le genre qui vous habite longtemps même après la fin de votre lecture.

Le roi des oiseaux : Un conte inspiré du folklore russe
Alexander Utkin Gallimard Bande Dessinée

Ça pétarade de couleurs et d’aventures épiques dans cette bande dessinée! Alexander Utkin nous captive avec ses personnages aux étoffes de héros librement inspirés de la mythologie slave. Les histoires légendaires se fondent souvent autour d’une simple pomme et celle-ci s’empare aussi du fruit mythique pour construire la genèse d’une guerre venant chambouler l’équilibre entre les animaux terrestres et célestes. Faites partie du règne des oiseaux en survolant attentivement chaque page de cette œuvre magique au monde sans limites où le désir inassouvi de s’affranchir y mène la ronde.

Casa Rodeo
Thom Éditions Pow Pow

Pour sa deuxième bande dessinée, Thom nous plonge à nouveau dans les aventures rocambolesques de Caropin, DeSerre et Souchet. Cette fois-ci, les trois exubérants colocataires réussissent à mettre leur propre maison à bout de nerfs. Résultat? Eh bien, la pauvre chaumière se pousse et laisse les trois canailles complètement désemparées. Chacun vivra cette épreuve à sa façon et, même si le ton principal du livre est très comique, j’avoue m’être laissée émouvoir par leur résilience et la forte amitié qui les lie. Une BD originale (Thom est d’ailleurs un des rares bédéistes à réaliser des bandes dessinées muettes au Québec), parfaite pour les fans de l’univers des Looney Tunes. Ce jeune auteur de talent vaut vraiment la peine d’être découvert, croyez-moi.

Le département des théories fumeuses
Tom Gauld Alto

Après Vous êtes tous jaloux de mon jetpack et En cuisine avec Kafka, le plus récent florilège de Gauld se concentre cette fois-ci sur le monde fantastique de la science, avec tout ce que cela ouvre comme possibilités en matière de références à la culture populaire, de retournements incongrus et autres calembredaines typiques de son humour. C’est bien là tout ce qui fait le charme des planches du bédéiste, unique en son genre : une drôlerie bon enfant qui fait aussi appel à notre intelligence tout en revisitant avec sagacité les contradictions du monde moderne en usant d’une finesse appréciable à différents degrés.

Des souris et des hommes
John Steinbeck Alto

Après le somptueux livre-objet Midi pile, la prodigieuse Rébecca Dautremer s’attaque ici à l’illustration du texte intégral du classique de Steinbeck : Des souris et des hommes. Renouvelant entièrement son style pour refléter l’innocence broyée sous l’implacable meule du monde, l’illustratrice renouvelle notre regard sur ces grandes et tristes pages de la littérature américaine. Le texte est entièrement intégré à l’image, communiquant sans cesse avec elle, à mi-chemin entre la BD et le livre illustré. On s’attarde longuement sur les 420 pages travaillées avec un soin maniaque, crayonné et aquarelle s’harmonisant, empruntant à la riche imagerie des publicités vintage, en détournant les codes pour les amalgamer avec son propre imaginaire.

Mind MGMT (t. 1) : Guerres psychiques et leurs influences invisibles
Matt Kindt Monsieur Toussaint Louverture

Après l’immense succès de Moi, ce que j’aime, c’est les monstres, l’audacieux Monsieur Toussaint Louverture fait une nouvelle embardée voluptueuse du côté de la BD avec la captivante trilogie Mind MGMT. Maître d’œuvre de ce grand trip paranoïaque, Matt Kindt nous arrive du milieu codé des comics américains pour nous livrer son grand œuvre. Accompagnant l’enquête d’une écrivaine à succès en panne d’inspiration, le lecteur découvre peu à peu un programme souterrain des services secrets tablant sur des aptitudes psychiques paranormales pour manipuler la politique mondiale. Crayonné dynamique et aquarelle colorée servent admirablement cette épopée échelée. L’objet en soi est magnifiquement relié et fera le bonheur des collectionneurs.

Le printemps des traîtres
Christian Giguère Héliotrope

Printemps 2017. Les illusions du printemps érable sont bien loin. Michaël et Dominique y ont cru, mais leur vie a basculé depuis, malgré la naissance de leur fille. Réduit à écouler du fentanyl dans les bas-fonds de Longueuil, l’ex-universitaire désire améliorer son sort en intégrant le groupe mafieux du Gang de l’Ouest, poussé par un vieil Irlandais en qui il a confiance. Mais sa première mission tourne à la catastrophe… Printemps 2019. Michaël sort de prison. La police veut le recruter comme agent double, son vieil ami lui propose une autre voie tout aussi risquée… Que choisir? Christian Giguère explore un univers glauque à souhait, où monde interlope et politiciens corrompus s’entrecroisent. Un sujet, de toute évidence, inépuisable.

André Bernier (L’Option)
15 février 2021