Quel beau roman imprégné de poésie et de citations, où les émotions nous traversent comme une vague déferlant tout doucement?! Hannah vient de perdre sa mère, Simone, mais l’a-t-elle vraiment connue?? Pour enfin rencontrer cette femme silencieuse, elle retourne sur les lieux de son enfance en empruntant la route 132, jusqu’à Kamouraska. Avec ce recul dans le temps, tout se place et les tragédies prennent forme, surtout celle du premier amoureux de sa mère, tragédie à laquelle Hannah s’expose. De ce passé cruellement enraciné, Hannah ne sait plus si elle est une survivante ou une naufragée, mais elle en revient plus forte pour renaître et se recomposer.
Numéro 120
Dossier
Libraire d'un jour
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Les libraires craquent
Trois réveils
C’est d’abord un rêve qui place Antoine devant l’urgence. Ce rêve lui dicte qu’on peut sauver le monde par la musique. C’est plutôt lui que la musique sauve, alors qu’il joue du hautbois dans le métro. Pourtant, au Conservatoire, on lui reconnaissait un grand talent?! Hélas, l’extrême rigueur a fini par le conduire en psychiatrie. Soins, isolement, amours ratées?: rien n’efface en lui la musique, point commun avec son père mélomane. Pour adoucir la fin de vie de celui-ci, Antoine lui offre un classique. L’auteure, claveciniste, rend ici hommage à son propre père aussi mélomane, avec qui elle a partagé cette passion réconfortante, mais souvent dévorante.
Le cas de l’archipel
Dans la tradition classique des romans d’anticipation, Le cas de l’archipel explore une autre facette du genre en plaçant le pouvoir sur le divan. Par le biais de la psychanalyse, les rouages de la gouvernance se révèlent?; ce qui paraît immuable hier s’avère aujourd’hui d’une étonnante fragilité. Derrière la façade de l’institution, les fondements tremblent et les mécanismes censés préserver la stabilité présentent tous les symptômes d’une insidieuse gangrène. La démission de Paul, rare politicien exerçant le pouvoir en tâchant de tendre vers l’idée d’un bien commun, suffira à donner le champ libre aux opportunistes. Rythme effréné, réflexions politiques et fulgurances poétiques sont les solides assises de ce beau roman.
Le patron
De prime abord, ce premier roman de l’infiltrateur en pyjama Meunier a tout pour nous insupporter. Un nouveau patron d’une salle de presse numérique en crise de la quarantaine tâchant d’instiller un minimum de déontologie à une génération autocentrée à l’extrême, le tout grassement saupoudré de références culturelles populaires et de proto-idéologies qui se propagent à la vitesse où les cons se reproduisent. Or, on y découvre plutôt un humour de franc-tireur ajustant chaque fois sa mire pour atteindre précisément ce qui dépasse du poncif. En s’amusant avec les codes du roman policier, il passe à la satire avant de se faire plus grave. Laissez-vous entraîner par ce charismatique roi de la jungle aux dents longues et à l’humour gargantuesque?!
Pour qui je me prends
Qui n’a jamais rêvé d’être quelqu’un d’autre?? Qui n’a jamais souhaité être ailleurs, changer de vie?? Lori Saint-Martin, elle, a toujours su qu’elle n’était pas née au bon endroit, dans la bonne famille, dans la bonne langue. Poussée par cette conviction, par un désir impétueux de s’élever et de s’émanciper, elle cherchera par tous les moyens à s’extirper de son milieu. La découverte et l’apprentissage de la langue française seront son salut, la clé de voûte de sa nouvelle identité. Pour qui je me prends raconte l’audace d’une femme qui a choisi de se mettre au monde et de devenir réellement celle qu’elle souhaitait être. Un récit à découvrir, qui nous confronte inévitablement à notre propre détermination, et duquel on ne sort pas indemne.
Autobiographie de l’étranger
Avec ce cinquième livre, l’autrice de Peggy dans les phares explore sous de multiples facettes la problématique des frontières, en commençant par celles du récit. De nature fortement autobiographique, l’histoire est visiblement celle de Lacasse. Partie vivre en France à l’âge de 17 ans pour fuir le monde morne des banlieues québécoises, la jeune Marie-Ève est dès lors plongée dans un éternel entre-deux. Entre soi et les autres, la normalité et les marges, l’ici et l’ailleurs, toutes des dynamiques complexes que l’écriture de Lacasse traduit admirablement, avec adresse et sensibilité. Véritable éloge de l’ailleurs, ce récit soulève pourtant une question paradoxale?: arrive-t-on vraiment à se détacher complètement de sa terre natale??
Un beau désastre
M.-J. est un enfant, puis un adolescent, taciturne, déprimé, rongé par la crainte de voir le monde s’effondrer. Il est pourtant bien entouré?: sa tante Célia, éternelle optimiste, Mathias, sorte de figure paternelle, et son ami Izuba. M.-J. chemine péniblement dans la vie jusqu’au jour de ses 16 ans, où il fait une rencontre inattendue qui instillera en lui un désir de créer, de vivre enfin. Ce roman apporte une touche d’humanité en cette époque trouble. Son écriture nous happe, nous touche par sa candeur, son humour fin. Nous ne pouvons faire autrement que de nous attacher à cette faune bigarrée qui gravite autour du jeune protagoniste. Un roman lumineux qui dévoile la beauté là où on ne l’attend pas.
Viral
Un événement anodin?: une prise de bec entre une chauffeuse d’autobus de la Société de transport de Montréal et un adolescent. Pas de quoi fouetter un chat. Mais la chauffeuse aurait fait une insinuation raciste et l’adolescent d’origine maghrébine, vêtu de façon traditionnelle, aurait craché sur la chauffeuse. Ça se corse. Sans compter que la scène a été filmée et partagée sur les médias sociaux par une passagère. L’opinion publique s’enflamme. Dans ce roman choral, plusieurs personnages aux perspectives différentes nous livrent leur vision de l’événement et des heures qui suivent. À travers ces voix, Mauricio Segura nous permet de nous questionner de façon intelligente sur la place réservée aux immigrants et à leurs enfants dans la société québécoise et aussi sur le fameux vivre-ensemble.
Juliette ou Les morts ne portent pas de bigoudis
C’est dans une odeur d’oseille et de livèche que Pénélope Mallard nous offre son premier livre. Son roman par nouvelles nous entraîne dans les terres des herboristes comme à la cime des arbres, par le biais de plusieurs personnages féminins, dont le cœur est Juliette. La jeune fille va dans le monde avec la confiance de celles qui ne se savent pas seules. Effectivement, elle emporte, où qu’elle aille, «?son courant d’air de grand-mère?», bien blotti au creux d’une bouilloire. L’univers onirique de Mallard donne à voir un monde singulier où le temps, la vie et la mort sont cycliques — ce à quoi le genre du roman par nouvelles se prête merveilleusement bien. Ce recueil se suspend dans la journée comme une brume, entre légèreté et profondeur, faits (L’Isle-Verte, Rimouski, aéroport de Roissy) et rêveries (pianocktail de Vian, redingote magique). À lire pour mettre de l’iode dans votre journée?!
L’appel du huard
Jane reçoit un jour une lettre bien intrigante. Une amie de son père, qu’elle n’a jamais rencontrée, lui décrit celui-ci comme un homme qu’elle ne reconnaît pas. Jane part à la recherche de cette femme et de son père sous le regard désapprobateur de son frère jumeau. Son périple la conduira de Montréal au Yukon. Traversant des routes et des villages isolés, elle rencontrera des êtres exceptionnels qui lui permettront de mener à bien son enquête. Imitant l’appel du huard, elle obtiendra une réponse étonnante. Comme dans beaucoup de familles où des secrets cachés refont surface, ce que Jane découvre ne pourra sans risque être partagé.
La morte
C’est en tant que meilleur ami de l’autrice québécoise Vickie Gendreau, décédée à l’âge de 24 ans d’une tumeur au cerveau, que Mathieu Arsenault prend la plume pour écrire La morte, ce texte où la mort n’est pas une fin. On assiste au travail de Mathieu Arsenault, responsable de la mise en livre des derniers écrits de son amie, qui tente par tous les moyens de la garder vivante. Dans une narration qui n’est pas sans rappeler le flux continuel de la pensée, Vickie Gendreau reprend forme (dire «?vie?» ne serait pas adéquat) à travers ce qu’Arsenault appelle le fantôme, mais qui pourrait tout aussi bien être l’œuvre de la jeune femme. «?La mort n’est pas rien, elle n’est pas négative, elle n’est pas l’absence?»?; voilà précisément ce que démontre le livre. Un serrement au cœur, un goût amer, La morte donne à voir un sentiment qui n’a pas de nom, à mi-chemin entre la douleur et la colère, la fatigue et l’amour.
Le goût de l’élégance
Voici un court roman qui nous fait un grand bien. Simone vient de perdre injustement son emploi. Elle se sent abandonnée car rien ne va dans sa vie. Ayant remarqué par hasard une offre d’emploi dans une petite librairie, elle ose s’y présenter et décroche l’emploi. Elle se retrouve dans un milieu qu’elle aime, entourée de collègues attentionnés et passionnés. Petit à petit, elle se reconstruit. Porteur d’espoir et de réconfort, ce roman nous permet de rencontrer des gens qui ont choisi d’être heureux et dont la bonté permet à ceux qui les croisent de grandir. Voici un bel hommage aux libraires et à tous ceux qui possèdent l’élégance du cœur.
Jenny Sauro
L’univers de Marc Séguin est sauvage, rural, cru, sans cliché romantique ou pastoral. Ici, au bord du lac, tout le village vit au rythme des saisons. La pêche, le jardin, le bois à couper, la bête à trapper. Jenny, belle et indépendante, sert le café au resto du coin avec une résignation assumée jusqu’à ce qu’elle meure en sauvant son fils. Séguin donne la parole aux gens qui l’ont croisée, le premier client du jour, l’amie qui se nourrit du drame, le père éploré, le policier qui est aussi le pasteur, le fils qui grandit plus vite. Il le fait avec un réalisme rassurant, non dénué de tendresse pour cet ordinaire qui est la vie dans toute sa force tranquille. Un texte fort, aux allures de fable, qui transcende la routine en leçons de sagesse.
Sourire en coin ou les ruses de l’autodérision
À 86 ans bien sonnés, l’auteur d’Un après-midi de septembre, maintenant au soir de sa vie littéraire, continue pourtant d’irradier avec la bienveillance de celui à qui on ne la fait plus, ponctuant ses saillies d’un semblant de romanesque dont personne n’est dupe, lui le premier. Monsieur Archambault, dont l’approche littéraire a toujours su se garder des affres de l’esbroufe, cultive lui-même ce qu’il confesse admirer chez Henri Calet, à savoir une manière de se regarder aller avec une sympathie dénuée de complaisance. Puisant dans ses souvenirs, littéraires surtout, mais pas que, il disqualifie avec un naturel réconfortant ses névroses, nargue son orgueil et encoigne le sourire éponyme de son plus récent livre.
Les crapauds sourds de Berlin
Ouvrage de déconstruction sans pareil, Les crapauds sourds de Berlin aborde de front la thématique des relations intimes sous la loupe d’un homme hétérosexuel au passé maculé de nombreuses histoires d’un soir. Puis c’est l’effondrement. Il y a cette serveuse qu’il ne désire plus, ces conquêtes qui passent de trophées à troubles, et Alex, cet ami révolutionnaire qui a fini par flancher, dérivant tranquillement vers la vie rangée. Il y a aussi Marion, cette artiste qui ressent le besoin de profaner son corps de poupée en portant des talons hauts pour séduire François. D’une prose poignante et par saccades qui rappellent ce fameux « travail à l’horizontale », l’auteur fait voir avec brio l’effondrement des réalités dans la recherche de l’amour.
Les rosemonteries
La machine à glycol brise. C’est la fête nationale. On dirait bien que le destin s’acharne sur Adam, microbrasseur de profession chez MaBrasserie. Et tout ça lors de sa seule journée de congé après deux mois consécutifs d’ouvrage. Des milliers de litres de bière sont en jeu, une quête s’impose : trouver la pièce qui lui permettra de réparer la machine, et peut-être même son malheur. C’est à travers cette épopée rosepatrienne qu’Adam vit plusieurs rencontres surréalistes. Au fil de ses réflexions ressurgissent aussi les personnages principaux de sa vie : son ex et son frère mort. Comme le refroidisseur, son sentiment d’échec lui pète aussi au visage. Est-ce seulement le LSD ou son existence a-t-elle réellement pris cette drôle de tournure ?
Le bleu des garçons
Artiste multidisciplinaire aux talents variés et colorés, Éric LeBlanc s’invite sur les tablettes des librairies avec Le bleu des garçons. On retrouve au fil des pages le côté touche-à-tout de cette figure littéraire connue pour ses multiples projets, puisque bien des genres — littéraires, notamment — sont explorés parmi les quatorze chapitres qui composent son patchwork créatif. Poésie, théâtre, nouvelle… la plume libre et libertine de notre auteur nous fait voyager, du Québec à l’Europe, dans les ombres des chambres aux sièges des trains, des interrogations amoureuses aux certitudes du désir. On arpente tous ces chemins à la fois, on apprécie l’éclectisme de l’écriture photographique et on se plaît à s’entortiller dans les fils de cette masculinité.
L’œil de Jupiter
« On ne sait jamais quand l’émotion va nous prendre. » J’ai aimé cette phrase, j’en ai aimé des centaines d’autres. Il m’a suffi de plonger, c’est tout. Facile. L’œil de Jupiter, ce sont deux voix. Celle de la jeune Anne, qui a fui un Saint-Domingue embrasé par la révolte des esclaves de 1791, et celle de Simon, professeur d’histoire à Montréal qui démissionne du jour au lendemain pour une raison qui lui fait mal. C’est à La Nouvelle-Orléans que la vie les rattrapera, par vagues, comme le ressac sur la grève. Se noyer, se relever ? En arpentant les rues, au fil des rencontres se dévoilent leurs histoires respectives. L’écho du passé, le regard de l’autre, les choses qui nous retiennent et celles dont nous nous affranchissons. Et aussi, les étoiles.
Les crépuscules de la Yellowstone
En 1843, l’Ouest américain est encore le domaine des Amérindiens ainsi que des trappeurs métis et canadiens, avec, çà et là, quelques forts militaires. Audubon, le grand naturaliste et peintre, se rend au confluent des rivières Missouri et Yellowstone, à la recherche d’espèces nouvelles. Mais c’est d’animaux morts qu’il a besoin pour faire ses dessins et ce sont des trappeurs comme Étienne Provost qui l’en approvisionnent. Grand choc pour le lecteur, confronté également au massacre des bisons et aux rapports troubles avec les Autochtones. Presque deux siècles après, quand l’auteur va sur place, il ne peut constater que la destruction s’est amplifiée : le pétrole de schiste règne en maître. Rien de bien réjouissant pour l’avenir…
Deux et demie
Reprendre contact avec son ex du secondaire, lui ouvrir la porte de son petit deux et demie, de son lit, de son cœur et de sa vie semblait une bonne idée pour la protagoniste du premier recueil de poésie de l’auteure Carolanne Foucher. Mais faire de la place pour l’amour n’est pas toujours facile, surtout quand les choses ne se passent pas comme prévu et que l’espace disponible est limité. C’est donc une histoire de rupture qui nous est racontée, une histoire de grossesse imprévue et d’avortement aussi qui nous plonge dans les recoins de l’intimité et dans les états d’âme d’une jeune femme qui doit faire un choix. Dans un style désinvolte et sans artifice, Deux et demie nous touche par sa simplicité et surtout par sa sincérité.
On n’est pas des trous-de-cul
C’est à la petite et audacieuse équipe de Moult Éditions que l’on doit cette réédition inespérée du livre de Marie Letellier. Issu d’un mémoire de maîtrise en anthropologie, mais publié comme un roman chez Parti pris en 1971, cet ouvrage hybride fait le portrait d’une famille pauvre du quartier Centre-Sud de Montréal. Les entretiens informels rassemblés par Letellier abordent différents aspects de la culture de la pauvreté telle que définie par le chercheur Oscar Lewis, comme l’alcoolisme, la violence, le présentisme ou la solidarité familiale. Si on peut aujourd’hui se questionner sur la scientificité de l’ouvrage, il présente néanmoins une indéniable valeur artistique en ce qu’il transforme notre manière de concevoir comment la pauvreté pouvait se vivre à cette époque.
La femme cent couleurs
Bien qu’il s’agisse de sa première publication, l’auteure montréalaise Lorrie Jean-Louis nous offre un recueil de poésie emplie de pureté et de maturité. Avec un sujet très actuel, elle nous confie sa vision sur les stéréotypes raciaux et féministes. En toute simplicité, les vers de cet ouvrage nous amènent à réfléchir sur certains qualificatifs que nous utilisons pour définir la « race » d’un individu. La poète traverse le temps et parcourt ses origines à la recherche d’une vérité incomprise. Selon elle, ce sont notre personnalité, nos racines et notre parcours personnel qui déterminent notre véritable couleur. Les éditions Mémoire d’encrier font paraître, encore une fois, un recueil de poésie qui nous touche, nous émeut, mais surtout qui ébranle nos idées préconçues.
Le roman de Tyll Ulespiègle
Till l’Espiègle a beau être un personnage du folklore médiéval germanique, cela n’empêche pas le romancier Daniel Kehlmann de le faire vivre au début du XVIIe siècle, en pleine guerre de Trente Ans, quand les luttes entre catholiques et protestants plongent l’Europe centrale en conflits sanglants. Lorsque son père est condamné et pendu pour sorcellerie, le jeune garçon (rebaptisé Tyll Ulespiègle) s’enfuit avec son amie Nele. S’acoquinant avec des artistes itinérants, Tyll devient à son tour un saltimbanque facétieux et irrévérencieux, dont la réputation l’amènera à la cour des plus grands à titre de bouffon. Dans un récit non chronologique, Daniel Kehlmann dresse un portrait original d’une époque méconnue, mais pas si différente de la nôtre…
Les fleurs de l’ombre
Nous sommes à Paris dans un futur proche. Clarissa Katsef, romancière, vient d’apprendre un terrible secret sur son mari. Elle décide de couper les liens et d’emménager dans une résidence hautement sécurisée et réservée aux artistes : CASA. Pour son confort de vie, une intelligence artificielle répond à tous ses besoins. Mais il semble que CASA recueille beaucoup d’informations. Ses résidents sont-ils ainsi espionnés ? Dotée d’une grande imagination, Clarissa fait-elle de la paranoïa ? Les fleurs de l’ombre navigue entre le roman d’anticipation et l’intime. Bien que le lecteur cherchera à découvrir tous les secrets de ce livre, il y trouvera aussi un voyage intérieur, une réflexion sur notre futur et un bel hommage à Virginia Woolf.
Je suis une Viking
Zelda a 21 ans et voue un culte aux Vikings, particulièrement ceux du livre d’un éminent spécialiste à qui elle écrit occasionnellement ses péripéties. Sa vie se module au credo de ses héros autant qu’aux règles établies avec son frère aîné, Gert, avec qui elle vit. Celui-ci s’associe à de mauvaises personnes pour payer les factures qui s’accumulent. Zelda voit bien qu’il a des ennuis et fera tout, avec sa couleur et sa naïveté, pour aider son frère à se sortir de ce mauvais pas. Un roman tendre et rafraîchissant sur la résilience et sur la force de la différence qui rappelle Le boulevard, de Sénéchal ou Le bizarre incident du chien pendant la nuit, de Haddon. Suivez les aventures de cette jeune Viking certes candide, mais non moins courageuse !
Augustus
Comment un jeune homme, timide et maladif, héritier du nom de César, parvient-il à devenir le premier empereur de Rome ? Les points de vue divergent sur cette fulgurante et déroutante ascension, et l’écrivain américain John Williams nous en fait un étonnant constat dans son roman épistolaire primé Augustus, enfin traduit en français, près de cinquante ans après sa première publication. Tous, témoignages de centurions ou d’esclaves affranchis, mémoires d’amis fidèles, lettres d’adversaires ou de philosophes, journal de sa fille Julia, l’adorée, la sacrifiée, l’exilée, nous tracent le portrait d’un Octave devenu Auguste à la personnalité complexe et fascinante, sacrifiant son bonheur à la prospérité de Rome. Une réflexion sur la solitude du pouvoir et la corruption du monde qui n’a rien à envier aux Mémoires d’Hadrien de Marguerite Yourcenar.
Kim Jiyoung, née en 1982
Ce roman féministe a fait polémique en Corée du Sud. Il est maintenant traduit dans une vingtaine de langues et a été adapté au cinéma. En 2016, Kim Jiyoung est une femme avec des troubles de personnalité : parfois, elle est sa mère, parfois sa grand-mère… Le roman raconte son histoire, de sa naissance à aujourd’hui. Cette femme a été témoin, ou victime, de sa condition de femme : un combat permanent contre l’injustice sous différentes formes. À sa lecture, vous constaterez sa portée universelle tant il vous invitera à réfléchir. Pour ce premier roman, l’autrice réussit avec brio à photographier la femme coréenne du XIXe siècle, mais aussi à déclencher ou à continuer une réflexion, une discussion sur la place de la femme dans nos sociétés.
Le champ
Robert Seethaler donne la parole aux morts, rend hommage à leurs singuliers souvenirs et réussit par ce roman choral à rendre palpable l’histoire d’une petite bourgade autrichienne dans ce chef-d’œuvre de concision littéraire. Chaque portrait de personnages est comme une odelette où nostalgie et béatitude se confondent avec les regrets du passé. Ce livre est l’ultime soubresaut du vivant avant la chute inéluctable vers le silence éternel, et l’acte fatal de la grande faucheuse ne m’aura jamais semblé aussi doux qu’à travers les mots simples et profonds du grand écrivain.
Sanction
Dans ce nouveau recueil, Ferdinand von Schirach nous offre douze nouvelles en lien avec le monde judiciaire. Avocat de formation, l’auteur s’inspire comme à son habitude de son expérience personnelle pour brosser un portrait juste et fascinant de personnages qui se retrouvent confrontés au système judiciaire. Une femme accusée du meurtre de son mari qui clame son innocence, une jeune avocate qui doit défendre un homme accusé de crimes abjects, des enfants qui tourmentent un vieillard sur le chemin de l’école… toutes les histoires de ce recueil sauront captiver les lecteurs. L’écriture de Ferdinand von Schirach, concise et tranchante, est celle d’un homme qui pose un regard lucide sur les différentes facettes de la justice. Un livre passionnant comme on les aime !
Ayiti
Fondée depuis déjà plus de dix-sept ans, la maison d’édition Mémoire d’encrier s’est donné comme mission de faire découvrir des auteurs et des auteures d’origines multiples ainsi que de publier l’authenticité qui découle de leurs œuvres. Cette fois-ci, nous avons le privilège de lire l’œuvre de la talentueuse Américaine Roxane Gay. Impeccablement traduit par nul autre que Stanley Péan, ce recueil de nouvelles confronte les stéréotypes liés au peuple haïtien ainsi que des immigrants issus de ce pays énigmatique. À travers seize histoires, nous aurons la chance de faire la connaissance de personnages parfois complexes, mais qui sont surtout d’une véracité émouvante. Ces récits sont à la fois touchants, enrichissants et nous donnent envie de mieux comprendre la réalité de ce merveilleux pays qu’est Haïti.
10 minutes et 38 secondes dans ce monde étrange
10 minutes, 38 secondes. C’est le temps pendant lequel notre esprit pourrait continuer de fonctionner après notre mort biologique. Ici, c’est dans l’esprit de Téquila Leila, prostituée violemment assassinée, que nous voyagerons pendant ces précieuses minutes. De son enfance en tant que fille de bonne famille en Anatolie, jusqu’à sa fin brutale dans les rudes quartiers d’Istanbul. Comment une vie, un destin, peut-elle basculer ainsi ? Plus que le portrait de Leila, c’est la condition féminine turque d’hier et d’aujourd’hui dont on dresse le portrait dans ce livre. On y traite de profondes injustices, de violence, de rigidité des mœurs, d’hypocrisie, mais aussi de sensibilité et d’appel à la tolérance. Mais c’est l’amitié qui prend assurément la plus grande part de lumière de ce livre. Une chose est certaine, on ne peut sortir indemne de cette lecture.
La soustraction des possibles
1989. Genève, haut lieu du secret bancaire et du blanchiment d’argent. Aldo, prof de tennis et gigolo, aime bien « consoler » les épouses richissimes et désœuvrées qu’il côtoie sur les courts… L’une d’elles s’incruste particulièrement et, bien au fait de son désir de s’enrichir, lui procure un filon : le transport illicite de sacs d’argent entre la France et la Suisse. Mais voilà que le bel Aldo s’éprend passionnément de la séduisante banquière qui réceptionne les sommes qu’il trimballe. Tous deux découvrent très vite qu’ils partagent les mêmes ambitions… Joseph Incardona propose un récit vif et surprenant, avec mafieux corses, prostituées albanaises et banquiers véreux. Un roman d’amour, un polar, un récit d’aventures ? Peu importe, on adore !
Journal 1950-1956
Retiré des archives et publié pour la première fois, le Journal de Gatien Lapointe relate ses années de formation, de sa sortie du Petit Séminaire de Québec à sa diplomation de l’Université de Montréal. Celui que l’on connaît entre autres pour Ode au Saint-Laurent explore ici plusieurs thèmes propres à l’entrée dans l’âge adulte, tels que l’incertitude de l’avenir, la socialisation et l’éveil amoureux. Influencé par Gide et Eluard, le récit diariste trouve son sublime dans cette auscultation de l’âme nécessaire à la jeunesse. Le lecteur est séduit par la constante ambivalence de Lapointe face à ses humeurs, à sa profession et à ses envies. À travers moult interrogations transparaît une soif de vivre, un « infini [qui] brûle les mains ».
Mon siècle, ma jeunesse
Ce livre se présente comme les mémoires d’Anatoli Mariengof. Poète imaginiste de l’avant-garde en Russie, longtemps censuré et abhorré par les autorités soviétiques, il a fréquenté les plus grands artistes de l’âge d’argent. Exquis portraitiste, il chante comme un barde les traits singuliers de ses amis, occultant gentiment Maïakovski, déifiant Meyerhold et excusant trop souvent le virulent Essenine. De sa jeunesse à l’institut Alexandre II pour jeunes nobles au monde enfiévré des cafés de la bohème, il rend avec émotion l’atmosphère de son époque. Mariengof est l’écrivain salamandrin d’une Europe à feu et à sang, traversant le XXe siècle avec quelques poèmes explosifs dont les éclats se sont maintenant rendus jusqu’à nous. Cette présente réédition chez Noir sur Blanc est une parousie pour les fervents de poésie russe, rendant le Moscou des années folles d’une vibrante manière.
Je n’en ai jamais parlé à personne
Ce petit livre, du haut de ses 126 pages, en est un puissant et malheureusement nécessaire. À l’ère #metoo, Martine Delvaux propose un assemblage de témoignages de femmes ayant vécu des abus sexuels de toutes sortes. Ces témoignages mêlent les voix, formant une chronologie aux directions multiples. On suit alors le récit de plusieurs femmes à la fois, provenant de tous horizons, nous donnant l’étendue des possibles, du moins une grande partie. La parole est donnée à ces femmes dans ce livre, une plateforme leur permettant de s’exprimer en étant entendues et crues. Je rêve du jour où ce livre ne sera plus d’actualité et que l’on écoutera inconditionnellement les victimes, sans qu’elles ressentent de la culpabilité, car il est temps que la honte change de camp.
Notre corps, nous-mêmes
Version entièrement réactualisée du manuel féministe Our bodies, ourselves (1973), ce nouvel opus « écrit par des femmes, pour les femmes » nous accompagne à travers ce qui nous lie toutes, quel que soit notre âge, notre genre ou nos orientations sexuelles : notre corps — physique ou social. Santé, sexualités, normes, violences, anatomie, mais aussi autodéfense et sororité… Rien n’est oublié dans ce livre de près de 400 pages très documentées et engagées qui font dialoguer science, multiples références et témoignages. Nous en ressortons avec autant d’outils pour mieux nous connaître, nous assumer, et nous sentir unies et fortes — ensemble. Un ouvrage essentiel, passionnant, et qui devrait toujours être à portée de main de tous et toutes tellement nous avons à y apprendre !
Au nom de l’enquête
Tout un défi d’exercer son métier en temps troubles, guerre ou épidémie, alors que les entraves se multiplient, surtout pour un policier résolu comme le commissaire Zyga Maciejewski ! N’ayant pas réussi à identifier, à l’automne 1938, un an avant l’occupation allemande de Lublin, l’assassin d’une jeune servante, et sachant que le meurtrier tuera encore et encore — et il le fera —, le limier polonais parvient à rester en service, au risque d’être traité de collabo, et à poursuivre son enquête, jouant les trouble-fêtes pour ses nouveaux employeurs nazis. Marcin Wronski nous entraîne dans un périlleux univers, semé de dialogues tranchants, de propos délicieusement dérangeants, subversifs même, un univers environné de zones grises où tous, conquérants allemands ou brigands juifs, patriotes polonais ou combattants communistes, ont quelque chose à se reprocher.
Les oubliés de Londres
Ce qui caractérise les polars d’Eva Dolan, outre une intrigue qui se joue des codes habituels, c’est une dénonciation manifeste des maux de la société britannique actuelle. Dans ce troisième roman brillamment construit, les habitants d’un vieil immeuble de Londres luttent contre l’expropriation. Lors d’une fête pour marquer la sortie d’un livre consacré à leur combat, Hella, en panique, réclame l’aide de sa vieille amie Molly : elle vient de tuer un homme qui s’en prenait à elle. Fidèle à ses valeurs, Molly n’hésite pas et l’aide à jeter le cadavre dans la cage d’un ascenseur désaffecté… Mais qui est cet homme ? Que s’est-il vraiment passé ? Nous sommes bientôt pris dans un engrenage machiavélique qui aboutit à un face-à-face final qui nous laisse bouche bée…
Vis-à-vis
Hen, artiste de talent au sombre imaginaire, vient d’emménager avec son mari en banlieue de Boston. Alors qu’ils sont invités par leurs nouveaux voisins Mira et Matthew pour un souper afin de faire connaissance, Hen remarque dans le bureau de ce dernier un trophée qui lui rappelle l’histoire d’un meurtre irrésolu auquel elle s’était intéressée il y a quelques années. Hen soupçonne Matthew d’être le meurtrier, mais comment en convaincre son mari et les policiers, alors qu’elle a déjà connu des épisodes de délire paranoïaque dans le passé ? De plus, Matthew a bien remarqué son trouble à la vue du trophée. S’ensuit alors un jeu du chat et de la souris entre les deux protagonistes dans ce thriller psychologique si agréable à dévorer et qui sait soutenir notre intérêt avec ses multiples revirements inattendus.
L’abominable
Du grand roman d’aventures, copieusement détaillé, digne équivalent de Terreur du même auteur, rehaussé d’un suspense qui « pogne aux tripes ». Deacon, Perry et Clairoux, trois alpinistes aux personnalités et aux nationalités distinctes, auxquels va se joindre une partenaire imprévue et perturbante, montent à l’assaut de l’Everest, sommet invaincu en 1924. Rien n’est facile pour les grimpeurs, pour qui chaque pas représente un défi insurmontable. Dans ce combat contre une nature inhospitalière, ces pionniers vont tout aussi bien soutirer le meilleur d’eux-mêmes qu’éveiller les pires démons intérieurs… ou réels. Et, au bout de l’ascension, quelque chose d’abominable les attendra et fera de ce « toit du monde » la plus terrifiante des arènes.
Les employés
Sur un vaisseau éloigné à jamais de la Terre, dans une immensité pourtant irrémédiablement hermétique, une enquête est menée à l’issue d’un événement que l’on comprend avoir été grave. Le roman prend la forme d’un cahier de dépositions où chaque chapitre reflète la personnalité de l’employé interrogé, qu’il soit humain ou non. Ces non-humains, les ressemblants, ont-ils un rôle à jouer dans la fêlure ? Plus l’enquête progresse, plus les dépositions deviennent intimes, et plus elles deviennent sombres. Olga Ravn nous livre un roman saisissant et déstabilisant, chargé de questions morales et de prises de conscience. Les souvenirs sont-ils réels ? La mémoire peut-elle être transférée ? Un être vivant peut-il être plus humain qu’un autre ?
Luna (t. 3) : Lune montante
Toute saga, aussi palpitante soit-elle, doit éventuellement trouver sa fin. McDonald, habitué aux romans indépendants, met ici le point final à son intrigante trilogie. En plus de la suite aux haletants jeux de coulisses développés dans les deux précédents tomes, l’auteur apporte comme à son habitude des concepts éclairants quant à la course prochaine de notre monde. Reconstitution d’un esprit à partir de souvenirs de proches, ascenseur spatial, universitaires défendant le savoir par la force… les idées se bousculent autour de la foule de personnages tâchant de se tailler un morceau enviable dans la cartographie du pouvoir. Sans que ce cycle soit l’ouvrage le plus achevé de McDonald, on prend un grand plaisir à suivre cet univers évoluer.
Le journal de Claire Cassidy
Un collège anglais comme on les imagine. Claire Cassidy, fascinée par un mystérieux auteur qui a vécu dans ce collège, R. M. Holland, y enseigne la littérature. Sa fille Georgia fréquente la même école, dont la routine est bientôt bouleversée par le meurtre sordide d’une collègue de sa mère. À côté du cadavre, une citation tirée d’un livre de Holland… La lieutenante Harbinder Kaur, d’origine sikhe, est chargée de l’enquête. La tension monte encore d’un cran quand Claire réalise qu’un inconnu a laissé un message dans son journal intime… Puis survient l’assassinat d’un autre enseignant… Elly Griffiths livre un polar à la structure addictive, porté par trois narrateurs. Un polar « so British » où l’humour abonde ! Le thriller de l’année selon The Times !
Le puits
Saint-Hyacinthe, 1996 : une vache est retrouvée étêtée près d’un puits à Saint-Jude. Commence alors une enquête menée par Réal Rondeau, inspecteur ronchon au bord du divorce et Monique Demers, son sous-lieutenant. Ce qui devait être une simple enquête de routine se transforme en investigation pour retrouver le fils disparu du propriétaire de la vache morte dont l’estomac contenait une grande quantité de PCP. Amours cachées, violence conjugale, réseau de revente de stupéfiants… voilà autant de pistes que le duo doit démêler pour trouver le coupable. Enseignant et musicien, Vincent Fournier-Boisvert nous offre un premier roman policier bien ficelé se passant dans une campagne plutôt tranquille. Tous les ingrédients pour captiver le lecteur sont présents.
Delhi noir
Un conducteur de rickshaw justicier, un petit cireur de chaussures arnaqueur, un homme d’affaires surpris, à poil, dans un bus, un agent de police porteur d’un virus mortel, une matante dévergondée et redoutable : voilà quelques-uns des protagonistes colorés et extravagants des quatorze nouvelles de Delhi noir, une invitante façon de découvrir cette gigantesque ville indienne. Hommes ou femmes, musulmans ou sikhs, des auteurs talentueux nous dessinent une carte sordide et sournoise de cette cité, plusieurs fois millénaire, avec sa corruption policière, son commerce du sexe, ses meurtres commandités, ses vains espoirs de mobilité sociale. Delhi a beau se moderniser à la vitesse de la lumière, les vieux réflexes sociaux ou tribaux s’y maintiennent pour le meilleur ou pour le pire.
La cité de feu
Kate Mosse, conteuse experte, folle amoureuse du Languedoc et de son fier passé, rassemble, ici, tous les ingrédients d’une fresque historique parfaite, brûlante de passion, débordante de mystère. Les guerres de religion déchirent, en 1562, le malheureux royaume de France. La paisible cité fortifiée de Carcassonne risque, très bientôt, d’être emportée par ce tourbillon sanglant. Mais une menace plus pressante, une vengeance liée à un lointain secret familial, pèse sur les épaules d’une de ses habitantes, la dégourdie Marguerite Joubert, fille d’un libraire catholique. Elle va croiser Piet, un protestant, lui-même le pion involontaire d’un vaste complot lié à une sainte relique. L’une et l’autre vont s’unir pour tenter de faire triompher la tolérance et la raison dans ce monde dominé par le fanatisme et la quête de richesses et de pouvoir.
Randonnée pédestre au Québec
Un bon livre permet toujours de s’évader, et ce n’est pas celui-là qui va faire exception. Parue début août, la nouvelle édition de ce classique des éditions Ulysse a toujours le même point fort : il est complet. On y trouve plus de 150 lieux de marche avec tous les niveaux de difficulté à travers absolument toute la province. Et une foule d’informations pratiques pour optimiser ses sorties : reconnaître des traces d’animaux, donner les premiers soins, lire une carte topographique et des dizaines d’autres tuyaux du genre. Très bien construit, le guide met aussi en avant les parcours préférés de l’auteur. Idéal pour partir à la découverte des trésors naturels du Québec.
L’autre pharmacie : guide d’herboristerie familiale
Encore un beau livre d’Écosociété sur nos tablettes ! Ce manuel d’herboristerie familiale fera le bonheur de qui est à la recherche de savoirs médicinaux théoriques et de conseils pratiques. Une solide introduction résume l’histoire et les principes scientifiques de l’herboristerie, et donne des conseils pour la cueillette, la préparation et la conservation. Le reste du livre vous permettra de rechercher des remèdes par affection ou pathologie, puis de connaître cinquante plantes courantes à travers leurs fiches techniques détaillées. Une bonne partie d’entre elles sont d’ailleurs disponibles juste là, dans votre jardin, votre cour arrière ou le bois tout proche… Alors, prêts et prêtes à sortir vos paniers et vos sécateurs ?
L’anxiété sans complexe
Vivant avec l’anxiété, Sophie Maffolini sait de quoi elle parle, connaît les sentiments et les sensations autant physiques qu’émotionnelles que l’anxiété fait vivre. Sans prétendre que vous serez débarrassé de l’anxiété à tout jamais, elle propose de la gérer sainement. C’est avec douceur et compassion qu’elle invite les gens anxieux à connaître l’anxiété, les pensées parasites, les émotions vécues à travers la vie quotidienne. Simple et aéré, cet ouvrage est empreint de calme et d’acceptation. Le texte est parsemé d’images apaisantes et teinté des bribes de sa lutte pour vivre avec l’anxiété. Les exercices suggérés sont simples et accessibles. Alors, respirez et faites-vous plaisir avec ce magnifique livre !
L’anxiété apprivoisée : Transformer son stress en ressource positive
L’anxiété vous pourrit la vie ? Vous avez l’impression d’avoir huit hamsters qui courent en même temps dans votre tête ? L’anxiété apprivoisée propose une aide pour gérer ce sentiment désagréable. En se basant sur la thérapie cognitivo-comportementale, les auteures amènent à comprendre à quoi sert l’anxiété et à l’apprivoiser sans se condamner et en apprenant à vivre avec elle. Des exercices concrets vous accompagneront pour démystifier cette inquiétude qui vous ronge. Accessible à tous, à lire à votre rythme sans vous mettre de pression, cet ouvrage est un excellent point de départ pour reposer les petits rongeurs de cerveau !
Cher monstre
Le monstre de la caverne après une longue course attrape son dîner, un petit garçon qu’il rebaptise « Son petit dîner ». Content de sa prise, il décide d’envoyer des invitations à ses amis pour les convier à un bon repas. Le petit dîner quant à lui devient inquiet pour son sort — que va-t-il lui arriver ? Le monstre reçoit des réponses à son invitation avec plusieurs demandes particulières de ses invités. Un désire un bon dîner juteux et gras, l’une un repas bien salé, l’autre un dîner bien boueux. La dernière réponse arrive et celle-ci réclame un repas bien refroidi. Ces invités sont bien exigeants. Le jour de la fête arrive, le monstre a bien tenté de satisfaire les demandes de ses amis. Petit dîner sera-t-il au goût de tous ? Cette histoire pleine de rebondissements et de petites lettres à ouvrir est vraiment très drôle. Préparez-vous à en faire la lecture souvent ! Dès 4 ans.
Mauvaise herbe
Eugène, architecte, vit rue Pythagore, et il très, très, très ordonné. Tout doit toujours être rangé, organisé, obéir à des règles strictes, et absolument rien ne doit dépasser de ce cadre. Or, un jour, sur un de ses chantiers très, très, très ordonnés, il fait la rencontre imprévue d’un arbre parfait. Et tout son univers s’en voit chamboulé. Un album très contemporain qui interroge à la fois la nécessité de s’adapter au changement, de se laisser bousculer par la vie, mais qui parle aussi de la place que nous, les humains, accordons au vivant et au sauvage dans notre occupation de l’espace. Une lecture idéale pour les architectes en herbe, mais aussi pour faire bouger les lignes ! Dès 6 ans.
Occupé
Et si les personnages de contes, après leur promenade dans les bois, étaient pris d’une envie pressante ? Le Petit Chaperon rouge court jusqu’aux toilettes, tape à la porte et entend une voix qui dit « C’est occupé ». Puis c’est au tour des trois petits cochons et d’un petit oiseau, que l’on reconnaîtra, de se retrouver à faire la file pour y aller. Sauf que celui qui est déjà aux toilettes prend vraiment beaucoup son temps ! Quand il a enfin fini, il doit remettre son pantalon, puis ses chaussettes, ses chaussures, et quand il ouvre enfin la porte… Nos petits amis ne s’attendent assurément pas à ça ! Encore une fois, Matthieu Maudet nous offre un album drôle et pétillant qui fera autant rire les tout-petits que les parents ! Dès 3 ans.
Comment fonctionne un phare ?
Je ne me suis jamais posé la question, voilà ce qui m’a intriguée… Alors j’ai lu et j’ai appris que le phare a été pendant des siècles un des repères les plus importants pour les navigateurs, parfois le seul disponible pour se rendre à destination. Quel est le rôle du gardien de phare, comment sont-ils construits selon le paysage, comment l’éclairait-on au fil du temps ? En cas de brouillard, on actionnait un sifflet à vapeur ou un canon. Saviez-vous que la statue de la Liberté a servi de phare lors de son inauguration en 1886 ? Moi non plus avant de lire ce savant documentaire qui a éclairé ma lanterne sur le sujet ! L’information complète et pertinente fait revivre ces monuments oubliés par la technologie moderne. Dès 9 ans.
Hilda et la princesse
L’époque compte de moins en moins de princesses éplorées scrutant au loin, du haut de leur tour, l’hypothétique prince charmant à la conquête. Les beaux livres comme celui d’Eva Rust contribueront, à n’en pas douter, à les faire plus rares encore. Car pourquoi soupirer après les princes lorsque l’on peut se faire sorcière ? Voici un super album aux super pouvoirs qui, d’un coup de baguette, ne se contente pas de faire apparaître quelques succulentes pointes de pizza, mais enseigne la beauté de la différence, fait l’éloge de l’amitié et secoue quelques prétentieux galants au passage. Quelques contes gagneraient à être ainsi bousculés par l’irrévérence facétieuse de Rust, laissant enfin les filles rêver aussi large que les garçons en leur offrant de singuliers modèles ! Dès 4 ans.
Les animaux qui existent peut-être du professeur O’Logh
Quel ouvrage adorable ! Sous forme de bestiaire, ce livre présente des créatures toutes aussi farfelues et sympathiques les unes que les autres. Avec beaucoup d’originalité et d’inventivité, l’auteur s’est amusé à créer des bestioles complètement déjantées, et à les classer par catégories telles que « Les animaux qui font des trucs dégoûtants » ou encore « Les animaux qui chantent faux ». Le résultat en fait un fort joli livre et c’est en partie grâce aux magnifiques illustrations à l’aquarelle qui accompagnent chaque description de bestioles. Mon préféré est incontestablement le « Tzatzikiki à sa mémère » : j’ai tellement ri que mes collègues se sont mis à lire quelques extraits dans la librairie. Dès 8 ans.
Abeilles et vers de terre : Pourquoi notre monde dépend de leur survie
Si nous connaissons le rôle précieux des abeilles, nous sommes un peu moins savants quant au boulot des vers de terre. Qu’ont-ils en commun ? Butinant sous nos yeux ou rampant sous nos pieds, chacun d’eux favorise la biodiversité. Découvrez-le dans ce livre fascinant qui vous invite dans les sombres réseaux souterrains des vers de terre ou en plein cœur de la frénésie d’une ruche. Les enfants, ces éternels curieux, apprécieront les textes concis autant que les très jolies illustrations aux couleurs vives, foisonnantes de détails. Ce documentaire inspirant met en lumière le rôle majeur de ces petites créatures qui œuvrent discrètement à la bonne marche du monde. Aucun doute que cette lecture incitera les jeunes à les honorer en les protégeant ! Dès 8 ans.
Mon chien-banane
Mon chien-banane est un petit album rempli d’absurdités et d’humour signé par Roxane Brouillard. Un enfant promène une banane au bout d’une laisse dans un parc. La situation attire vite l’attention des passants qui s’attroupent, curieux, autour du jeune garçon. Ils entament une longue discussion avec lui et essaient de comprendre pourquoi il promène une banane, alors que lui, de son côté, leur explique que sa banane est un chien, précisément son chien Banane. Le texte est simple et efficace. Les illustrations de Giulia Sagramola ont un style minimaliste et un peu vintage. Ses personnages représentent bien la diversité que nous croisons dans notre quotidien. La fin inattendue surprendra les lecteurs et des rires éclateront partout, c’est promis ! Dès 5 ans.
Trois filles dans la forêt
Summer Marks, âgée de 13 ans, est retrouvée morte. Son corps porte sept marques de couteau et repose dans un cercle de pierres. Ses deux meilleures amies Mia et Brynn sont suspectées. Obsédées par un livre, les trois filles s’étaient lancées dans l’écriture de sa suite. L’auteure nous amène où elle le désire en égrainant petit à petit les indices sur le meurtrier. L’histoire oscille entre passé et présent, entre relations d’amitié et d’amour, entre monde magique et réalité. Les personnages sont merveilleusement bien établis. Ils sont plongés dans les troubles psychologiques causés par une chasse aux sorcières invraisemblable et tourmentée tant par les bons souvenirs de leur amie que par les mauvais. Dès 13 ans.
La ville sans vent (t. 1)
Belle découverte, que ce livre porteur d’un riche univers fantastique ! Éléonore Devillepoix nous offre avec son premier roman un récit solide, à la trame fouillée et originale. Le rythme est rapide, la plume, franche et fluide, et les personnages, bien que classiques, s’avèrent pertinents. L’histoire se déroule dans la cité d’Hyperborée avec Lastyanax, fraîchement promu mage, qui se voit nommé ministre dès que son mentor meurt dans des circonstances qu’il aimerait élucider. Il prend comme apprentie Arka, une jeune femme au tempérament fougueux et imprévisible qui recherche son père. Ces deux-là devront vite se faire confiance pour parer aux embûches qui se dressent sur leur route… Une aventure palpitante qui se terminera dans le prochain tome ! Dès 12 ans.
Scarlet (t. 1) : Le Faucheur d’âmes
Dans une fermette près du village de Messis, sur les Terres d’Illud, vit Scarlet. Adopté alors qu’il n’était qu’un bébé, il aimerait en savoir plus sur ses origines et, malgré la méfiance qu’inspire son apparence particulière, voir le monde. Lorsque son vœu sera enfin exaucé, Scarlet devra entreprendre un long voyage pour en apprendre plus sur ses capacités, et peut-être même sur son passé. Toutefois, il devra rester sur ses gardes, car le Faucheur d’âmes rôde près des morts… Avec son histoire à la fois simple et authentique, ce livre est un régal pour les lecteurs du genre. Un personnage attachant, une aventure rocambolesque, des dangers mystérieux… C’est un excellent départ pour Véronique Blanchette qui signe ici son premier roman. Dès 14 ans.
Wilder Girls
Contaminé par une infection brutale appelée la Tox, le pensionnat de Raxter attend désespérément le remède promis par l’armée. Hetty, jeune étudiante atteinte, survit malgré son œil en moins et la disparition de sa meilleure amie. Récemment choisie pour faire partie de l’équipe de ravitaillement, elle découvre certains secrets qui la grugent de l’intérieur. L’auteure nous confine dans le quotidien stressant d’adolescentes affamées, prisonnières sur une île, dont elle nous fait voir les différents points de vue, mais aussi leur état mental. Celui de Byatt est particulièrement oppressant avec ses phrases entrecoupées de vides qui font sentir sa condition étourdissante. Un roman puissant et évoquant le mal-être d’un huis clos bien conçu. Dès 14 ans.
Sophie Germain : La femme cachée des mathématiques
Au balbutiement de la Révolution française, Sophie Germain observait d’un œil inquiet l’ambiance survoltée de la rue par sa fenêtre parisienne. C’est peut-être par souci d’ordre et de calme qu’elle s’abandonna aux livres de mathématiques de la bibliothèque familiale. Complètement autodidacte, elle se fit une tête sur la trigonométrie, sur les calculs exponentiels et autres termes abscons jusqu’à développer une authentique passion. Et quand l’acousticien allemand Chladni vint faire sa fameuse expérience en 1808 sur le son et l’impulsion, ce fut l’occasion rêvée pour elle de faire valoir ses idées en travaillant sur le modèle mathématique capable d’expliquer ce phénomène. Si peu faite pour les pâmoisons de salons, elle se cloîtra dans un labyrinthe de chiffres, faisant de sa vie une énigme dont elle seule était la solution. Dès 11 ans.
La grande métamorphose de Théo
Théo, petit garçon ordinaire et rêveur, se questionne : ça doit être le fun d’être un moineau, non ? Mais le jour où son souhait se réalise, il constate que ce n’est pas si facile d’être devenu un enfant-oiseau… Heureusement, il ne tarde pas à s’apercevoir que d’autres camarades d’école sont dans la même situation que lui. Ensemble, cette petite gang multianimale aux désirs contradictoires (difficile de résister à la tentation de mordre sa maman quand on est un enfant-lion !) va tenter de résoudre l’énigme de sa métamorphose pour redevenir, peut-être, des enfants… Une lecture rafraîchissante, drôle et poétique, à offrir à votre enfant qui rêve parfois d’être autre chose que lui-même. Dès 9 ans.
Maladroit de naissance
Yaro Abe n’a pas son pareil pour raconter des histoires. L’auteur de l’excellente série La cantine de minuit nous revient ici avec un manga qui nous livre ses souvenirs d’enfance dans la petite ville de Shimanto, au sud du Japon. Dans un florilège de situations tantôt drolatiques, tantôt très touchantes, il se décrit comme un enfant faiblard et quelque peu enclin à la malchance, à un âge où toutes les catastrophes font partie de l’apprentissage de la vie. On rit et on s’émeut devant la profonde tendresse qui se dégage de ces pages, la nostalgie d’un temps révolu, l’amour pour sa famille, les déboires écoliers, l’ombre de la mort aussi. Yaro Abe travaillait dans la publicité quand, à l’âge de 40 ans, il est devenu mangaka. Il a bien fait.
Wild West (t. 1) : Calamity Jane
Notre longue attente aura été récompensée ! Thierry Gloris et Jacques Lamontagne nous offrent un premier opus flamboyant et sans concession. Martha Cannary n’est pas encore Calamity Jane. Elle fait le ménage dans un bordel d’Omaha. Mais la vie âpre de l’Ouest réclame son dû. Dans un univers sans pitié, c’est en prenant les armes qu’elle pourra lutter d’égal à égal avec les hommes. Et c’est Wild Bill Hickok qui lui donnera sa première leçon. Un pur plaisir que cette BD qui revisite le mythe. Un scénario cru et réaliste, un superbe travail de couleurs et de lumière, des gueules… L’intense mélange entre le froid glacial des Plaines et le brasier de la vengeance. À boire cul sec, comme un whisky brûlant.
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