À l’aube des élections au sein d’un pays déchiré par des tensions politiques, Vadim Bleed rejette toute responsabilité. Flâneur aguerri, rebelle et esthète, il préfère échapper au milieu diplomatique et laisser son cabinet essuyer son lot de bourdes. Son père, lui, le manie comme bon lui semble pour garder sa mainmise sur le territoire. Entre-temps, de cruciales négociations commerciales avec les États-Unis sont vouées à l’échec. Pour ne rien arranger, la presse du parti sème la propagande comme outil de soulèvement populaire. Puis, tout explose : Vadim disparaît, le peuple se révolte, l’armée joue du coude. Dimitri Nasrallah nous livre un récit enlevant sur fond de chasse à l’homme, de machination politique et d’abus de pouvoir. Trépidant !
Numéro 109
Dossier
Libraire d'un jour
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Dossier
Entrevues
Articles
Chroniques
Les libraires craquent
Plomb
Premier roman de l’auteur, Plomb est une véritable découverte. À travers l’histoire fade de Carl Hubert, on suit la descente aux enfers d’un homme sans emploi, passant ses journées à mépriser tout le monde excepté Myriam Aaron, cette star hollywoodienne pour qui il alimente fantasmes et obsession. Après l’envoi infructueux de plusieurs lettres au ton enflammé, il partira finalement à la poursuite de l’actrice en laissant tout derrière lui. L’histoire captive dès le début par sa vraisemblance frappante et son tragique bien modulé. Lire Plomb, c’est recevoir de plein fouet une leçon à la fois sur la bestialité et sur l’ingéniosité dont est capable l’humain lorsqu’il se laisse submerger par l’impressionnant, le grandiose, l’inatteignable.
Nouvelles de la conscience
Une nouvelle technologie est inventée pour permettre d’implanter un esprit avec tous ses acquis dans le corps d’un autre humain. Cette technologie surprenante développée par le programme spatial international permettra de réduire le temps de formation des astronautes. Une première tentative est réalisée entre une jeune astronaute super entraînée et un vétéran du service. La technologie se développe rapidement et plusieurs lacunes sont vite diagnostiquées, ce qui rend cette pratique illégale. Plusieurs autres tentatives secrètes sont menées et nous font découvrir tout ce que le transfert de conscience peut avoir comme conséquence. Un recueil de nouvelles qui porte à réflexion et qui nous reste en tête un bon moment
Reine de miel
Sept générations d’apiculteurs se partagent le dialogue, avec la trouvaille soudaine d’un corps dans les cuves d’une production de miel. À travers cet échange se retrouve la maîtrise exceptionnelle des connaissances en matière d’apiculture de l’auteur. Simon Paradis crée un côté mythique à son œuvre en décrivant de mystérieux masques faits à base de miel, tradition lointaine qui se transmet de maître (apiculteur) à élève. Une diversité de décors s’illustre entre les pages, dévoilant de multiples parcelles du monde, où de riches connaissances intergénérationnelles se partagent. Simon Paradis livre ce premier roman dans la plus grande finesse de ces détails, donnant une texture à la fois élégante et mielleuse à ses mots.
Feue
Dans ce roman polyphonique, les secrets d’un village se révèlent peu à peu. La jeune Bellay est prise pour folle, sa sœur vend son corps aux camionneurs de passage, leur père sombre dans l’alcoolisme, leur mère a disparu — ou peut-être pas. Autour de ce noyau, les voisins s’observent, se jaugent, tous honteux de quelque chose. Leurs désirs coupables allument des feux au long des pages et, tandis que les souvenirs renaissent de leurs cendres, chacun se dévoile. Les voix, changeantes, forment un désordre envoûtant soutenu par des styles distincts, toujours maîtrisés. L’œuvre se lit d’une traite, dans la hâte de démêler les liens entre ces sorcières, ces fous, ces personnages absolument sublimes dans leurs laideurs. Un premier roman admirable.
Quelqu’un
L’auteur du livre-bulldozer Queues nous revient avec un nouvel opus tout aussi éloquent et percutant que l’était le premier avec sa crudité. Quelqu’un, c’est la quête autant de l’âme sœur que d’une baise, c’est l’attente d’un regard ou d’un baiser vrai ou faussement intéressé. Mais c’est surtout la solitude et le mal d’amour d’un être dont les visites hebdomadaires au seul bar gai de sa région prennent des allures de ritournelle triste. À nouveau, on est saisi par la facture littéraire unique de Giguère qui n’est pas un magicien, mais plutôt un mécanicien des mots ; son écriture visse, tord, cogne pour faire en sorte que le lecteur ne ressorte pas indemne de la lecture de cette œuvre sans égale. Un auteur d’exception est assurément né.
Nyotaimori
Sarah Berthiaume nous offre avec Nyotaimori un texte puissant qui, par sa force poétique et sa tendance surréaliste, réussit à libérer l’emprise que le quotidien peut avoir sur chacun d’entre nous. La pièce place rapidement une journaliste dans une situation fort compromettante : Maude accède à une sorte d’interdit, à des informations dérangeantes qui la font se questionner sur son identité. Le lecteur se voit ainsi proposer des réflexions autour du bonheur, du féminisme, du travail et de ce qui nous rend humains. Le destin de Maude est lié à des personnes éloignées d’elle, au Japon et en Inde, qui s’immiscent dans sa vie. Les frontières s’effritent donc pour que la pensée du lecteur puisse se déployer pleinement.
Extramoyen
Avec Extramoyen, Alexis Martin et Pierre Lefebvre proposent une brillante histoire de la classe moyenne. Riche sur la forme comme sur le fond, la pièce se réapproprie l’imaginaire des Trente Glorieuses et le détourne pour mieux en révéler les travers. Pastichant les émissions télévisées The Price is Right et Papa a raison, la pièce intègre les interventions de différents penseurs québécois (Alain Deneault, Julia Posca, Gilles Gagné) et propose ainsi un éclairage sur le contexte socioéconomique du dernier siècle. Extramoyen multiplie également les références au théâtre antique ; l’économie ou la finance apparaissent comme des divinités réglant fatalement le cours de nos existences. Une pièce qui plaira aux amateurs de théâtre comme aux lecteurs d’essais.
Avec toutes mes sympathies
La journaliste littéraire française Olivia de Lamberterie fait le saut du côté de l’écriture afin de nous livrer un récit très personnel. C’est avec beaucoup de justesse, d’émotion et d’amour que l’auteure revient sur le suicide de son frère survenu il y a quelques années, alors qu’ils vivaient chacun de leur côté de l’océan. Alexandre, directeur artistique chez Ubisoft Montréal, était un père aimant, un frère aimé, un artiste respecté. Le texte de sa sœur est un hommage touchant à cet homme troublé en plus d’être un témoignage plus que nécessaire sur la maladie mentale et sur l’effet dévastateur du suicide chez les proches.
Swing time
On pense à L’amie prodigieuse d’Elena Ferrante en lisant cette histoire de deux jeunes amies passionnées par la danse dont l’une réussira mieux que l’autre. Les amies se sépareront à l’adolescence, alors que la plus talentueuse des deux rejoindra une école de danse. À l’âge adulte, la narratrice — la moins bonne danseuse — deviendra l’assistante d’une star de la pop. Ce boulot, qui l’entraînera à travers le monde, la mènera notamment en Afrique, où elle devra superviser la fondation d’une école pour fillettes, projet humanitaire mis sur pied par la célèbre chanteuse qui l’emploie. Zadie Smith offre ici une histoire riche où se côtoient différents thèmes : la passion, les inégalités sociales, le métissage et l’aide humanitaire entre autres choses. Un roman passionnant !
La femme de Dieu
Judith Sibony signe son premier roman, La femme de Dieu, aux éditions Stock. Un livre que j’ai eu plaisir à lire, grâce à une plume simple et invitante. On y rencontre une grande actrice qui semble immunisée face aux traces des années qui passent et dont le mari est metteur en scène et auteur de théâtre acclamé par le public. Ensemble, ils ont eu une fille. Cette dernière se trouve à l’aube de l’âge adulte. Impressionnée par des parents dont la vie revêt une apparence parfaite, elle redoute les choix décisifs qui se présentent à elle. C’est un roman qui explore la peur de ne pas vivre sa vie « comme on le devrait », ainsi que le défi du détachement face aux pressions externes et internes que l’on rencontre inévitablement. On réfléchit également aux faux-semblants et aux apparences, trop souvent trompeuses.
Idaho
Ce roman nous raconte l’histoire d’Ann et de Wade, mariés depuis neuf ans. Cependant, la mémoire de l’homme commence à faillir et Ann se pose encore plusieurs questions sur le passé de son mari. Que s’est-il passé lors de cet été de 1995 ? Qu’advient-il de sa première femme et de ses deux filles ? Et si, sans le vouloir, Ann avait déclenché ce drame ? Emily Ruskovich nous offre un roman à couper le souffle et capte l’attention de ses lecteurs jusqu’à la fin. Âmes sensibles s’abstenir. Soyez assurés qu’avec ce roman, vous vivrez un amalgame d’émotions.
À son image
Aujourd’hui, on enterre Antonia. Un bête accident l’a tuée sur une route de sa Corse natale, après une soirée avec un ex-militaire serbe qu’elle avait suivi en tant que photographe de guerre pendant les conflits en ex-Yougoslavie. La photo, sa passion depuis l’enfance, elle en avait fait son métier. Son parrain, qui lui a offert sa première caméra, s’apprête à célébrer ses obsèques. S’enchaînent alors, rythmés par le rite de la liturgie funéraire, divers épisodes de la vie d’Antonia marquée, jusque dans ses amours, par la violence de son île. Plus qu’un requiem pour la jeune femme, le roman de Jérôme Ferrari explore la force de la photographie à titre de témoin de la vie et de la mort. Une œuvre puissante portée par une structure hors du commun !
Smith & Wesson
Rassemblons aux chutes Niagara un escroc ingénieux, un pêcheur de cadavres et une jeune journaliste jouant sa vie pour un moment de gloire et nous voilà engagés dans une histoire rocambolesque ! L’auteur nous dirige habilement vers un événement historique réel : la descente des chutes en tonneau, romancée à la sauce humoristique de Smith et Wesson. N’ayant rien en commun avec l’entreprise d’armes à feu, les deux protagonistes, dont les prénoms sont Tom et Jerry, ne cessent de se relancer dans ce projet hors du commun. Le texte présenté sous forme de pièce de théâtre provoque un rythme accentué et loufoque des événements. Rafraîchissant !
Trois fois la fin du monde
Un autre roman surprenant de Sophie Divry. Après avoir traité de la solitude, de la foi, de l’inconfort du confort pavillonnaire et de façon surréaliste de la précarité contemporaine, l’auteure aborde ici la liberté, le bonheur. L’histoire commence avec Joseph, notre narrateur, qui se fait arrêter par la police pendant un braquage où son frère est tué. En résulte une plongée effroyable dans l’univers carcéral français. Puis, un cataclysme. Tout le monde meurt ou presque, mais Joseph, lui, survit. Après un bref épisode digne de La route, on le voit tenter, tel Robinson dans une France déserte, de se rebâtir un bonheur simple. Le résultat est parfois inégal, mais on ne peut que louer l’inventivité de cette auteure.
Le monarque des ombres
Il s’appelait Manuel Mena et avait 19 ans en 1938 quand il est mort sur le champ de bataille, en pleine guerre civile espagnole, alors qu’il combattait pour le triomphe de Franco. Même si la mythologie familiale a transformé le jeune militaire en héros, Javier Cercas, lui, homme de gauche, a toujours rougi de honte en pensant à ce grand-oncle qui avait choisi le mauvais camp. Mais il finit tout de même par se lancer à la recherche des rares survivants qui ont côtoyé Mena et assemble du mieux qu’il peut les fragments exhumés. En sus des témoignages qu’il recueille, l’écrivain s’attarde aux batailles auxquelles l’homme a participé. Ainsi se dessine peu à peu le portrait captivant du grand-oncle, de sa famille et de son pays en guerre.
La leçon de Rosalinde
Imaginons. Pourquoi Hamlet se venge-t-il réellement et si tardivement ? Lequel des deux est le plus authentique, entre le monde dans lequel nous vivons et celui couché sur papier ? Don Quichotte meurt-il vraiment de vieillesse ou plutôt de la tristesse de n’avoir jamais été reconnu comme le brave chevalier de la Manche ? Pourquoi enseigner la littérature ? Mais, ultimo, comment décortiquer notre société et la peaufiner grâce aux livres, baume idéal ? Voilà autant de questions auxquelles cherche à répondre Mustapha Fahmi, signant d’une plume empreinte de compassion un traité sur la beauté de la nature humaine et l’influence lumineuse des lettres. Intime, poétique, tout en murmures et en images. Un livre qui réchauffe et revigore. Un livre-nuage.
Bourassa et Lévesque : Marketing de raison contre marketing de passion
Une décisive et pétillante preuve de la puissance de l’image que ce Bourassa et Lévesque de « l’archéologue » de la politique québécoise Alain Lavigne. En 200 pages, savoureusement agrémentées de caricatures et « d’artéfacts » publicitaires (de la chope de bière libérale aux discours colorés, sur 45 tours, du créditiste Camil Samson), il nous immerge, avec bonheur, dans la campagne électorale d’avril 1970, nous offrant les meilleurs sièges pour assister, alors que l’Union nationale, avec son style d’une autre époque, s’éteint, au premier des trois duels entre Robert Bourassa, le tacticien (qui s’impose avec ses « 100 000 emplois ») et René Lévesque, le charismatique croyant aux idées, mal à l’aise avec les trucs de marketing (c’était avant les jingles de Stéphane Venne). Le Québec entre dans une nouvelle ère politique.
L’été où tout arriva : 1927, l’Amérique en folie
Comment discerner une trame captivante, cohérente dans le fouillis du passé ? Comment restituer l’état d’esprit d’époques de plus en plus éloignées de la nôtre, mettre en lumière les caprices de la mémoire et l’arbitraire du commissariat au souvenir ? Ce sont là des réflexions qui sont au centre des livres géniaux de Bryson. Dans son plus récent, L’été où tout arriva, le conteur braque son projecteur sur la très courte période de l’été 1927 aux États-Unis. Étonnamment faste en événements extraordinaires pour une période aussi circonscrite, cette saison en compagnie de l’aviateur Lindbergh, du gestionnaire ascendant Hoover et du président nonchalant Coolidge n’aura de cesse de vous étonner.
Miley Cyrus et les malheureux du siècle
Le nouvel essai de Thomas O. St-Pierre publié chez Atelier 10 s’approprie de façon ingénieuse le personnage médiatique que s’est fabriqué Miley Cyrus. Son personnage est en fait habité d’une tension entre quelque chose de contestataire, associé à la jeunesse, et quelque chose de plus conventionnel, associé à la musique populaire et à la peur du changement. On remarque assurément une rupture entre la joviale Hannah Montana de Disney et la perturbante Miley Cyrus du vidéoclip de la chanson Wrecking Ball. Comment faut-il percevoir ce changement et, plus largement, répondre au changement ? Même si nous avons tendance à douter devant la différence, nous ne devons pas avoir peur d’aller de l’avant pour reconnaître la beauté du monde et ce qu’elle a de plus littéraire à nous offrir.
Une flamme à transmettre : L’héritage social et culturel des communautés religieuses
Ce livre d’à peine 136 pages nous rappelle la place importante de communautés religieuses fondatrices d’œuvres caritatives, discrètes, mais toujours actives dans divers milieux de Montréal. Que ce soit pour l’Accueil Bonneau, entre autres, on retrouve toujours le même respect, le même désir de servir notre société selon l’appel et le charisme du fondateur ou de la fondatrice. Pour chaque organisme, une religieuse et un laïc sont interrogés. Le défi pour ces communautés vieillissantes est dans la transmission aux laïcs de l’esprit et des valeurs qui ont animé dans les débuts l’âme de ces organismes de charité. Et ce qui jaillit de ce livre en le parcourant, c’est que la mémoire n’est pas ce qui fait durer le passé, mais ce qui fait vivre le présent.
Le voleur d’orchidées
Lorsque Susan Orlean entend parler d’un vol massif d’orchidées dans un parc naturel, elle se lance dans une longue enquête. Suivant la piste que lui ouvre John Laroche, autodidacte mi-génial, mi-cinglé, elle élargit le champ de son investigation aux botanistes, collectionneurs et chasseurs des XIXe et XXe siècles, aux nombreuses expositions contemporaines où les pépiniéristes se livrent une lutte sans merci pour les honneurs et le pactole qui récompenseront les vainqueurs. Vol de plantes rares, mutations radioactives et trafic d’influence, le monde des plantes n’est pas aussi paisible que l’on se l’imagine. Profondément drôle, ce livre réjouira tant les adeptes de sciences naturelles que les fervents de bonnes histoires racontées avec verve.
Lettres à un jeune auteur
Auteur de deux recueils de nouvelles et de six romans — dont le remarquable Et que le vaste monde poursuive sa course folle —, l’Irlandais Colum McCann nous offre humblement, dans son plus récent ouvrage, de lorgner un instant par-dessus son épaule, de cogiter avec lui sur l’écriture et le métier d’écrivain. Il en résulte un livre fascinant qui n’est pas sans rappeler (évidemment !) les Lettres à un jeune poète de Rilke, à mille lieues donc des sempiternels « guides miracles » prétendant vous faire écrire un best-seller instantané. Empruntant entre autres à Borges, Michael Ondaatje, Oscar Wilde, Truman Capote et Virginia Woolf, l’écrivain invite l’aspirant auteur de tout âge à se montrer audacieux, discipliné, tenace, à sublimer l’ordinaire, à être une caméra qui capte tout et transforme ce qu’elle emmagasine pour en faire de la beauté. Et à écrire !
Aventures chez les transhumanistes
Qui se souvient du roi de la Lune, dans Les aventures du baron de Münchhausen, capable de se détacher la tête du corps, afin de nourrir des réflexions élevées sans subir les avaries de la chair ? Certaines promesses des adeptes du transhumanisme, comme celle de télécharger l’esprit dans un substrat « mieux adapté à ses besoins », n’apparaissent pas moins fantastiques. Serons-nous la dernière génération à devoir nous soucier de la faim, de la maladie, ou même de la mort ? Les technologies futures nous permettront-elles de fusionner l’organique et la machine ? L’auteur a rencontré les principaux acteurs de ce mouvement en plein essor, qui est tout aussi fascinant qu’inquiétant. En résulte un point de vue agréablement nuancé, loin du Terminator habituel.
Ces hommes qui m’expliquent la vie
Avril 2008. Rebecca Solnit, activiste, essayiste et auteure de plusieurs articles et livres, se rend à une réception avec une de ses amies. Sur place, interrogée sur sa carrière, elle se met à parler de sa plus récente publication, River of Shadows : Eadweard Muybridge and the Technological Wild West (un essai sur l’industrialisation du quotidien), et un homme l’interrompt pour lui parler de ce livre extrêmement important portant sur Muybridge paru cette année-là. Vous l’aurez sans doute deviné, il s’agissait de celui écrit par Solnit — ce que l’homme de l’histoire prit longtemps à réaliser, trop occupé qu’il fût à s’écouter parler. C’est avec cette histoire que commence Ces hommes qui m’expliquent la vie, un recueil à la fois révoltant et nécessaire de sept essais portant, entre autres, sur les rapports de genre à travers le monde, le patriarcat, les agressions sexuelles et le harcèlement.
Ma vie dans les monts
Se retirer « hors du monde », quitter les chemins balisés pour vivre au rythme des saisons, à la manière des lettrés de la Chine ancienne. C’est l’expérience que fait ici Antoine Marcel, retiré avec sa compagne dans un ancien moulin niché au cœur des montagnes du Massif central. Il fait ici, en rupture avec l’agitation vorace de notre civilisation, l’expérience d’un quotidien plus lent et riche, mais pas exempt de mélancolie ni de pessimisme. À l’heure d’un anthropocène au relent d’apocalypse global, Ma vie dans les monts n’est pas une ode à une illusoire pureté originelle. C’est plutôt un retour à l’émerveillement, au silence et à la méditation que vallons et rivières savent enseigner à qui sait encore écouter.
Meurtres sur la Madison
La Madison est sans doute la rivière à truite la plus réputée du Montana. Pas étonnant donc qu’on y accoure de partout pour y tester ses mouches, surtout si on peut se payer un bon guide… Mais quand l’un de ses riches pêcheurs y ferre un cadavre à la lèvre ornée d’une Royal Wulff, on change de sport… C’est ici qu’intervient l’intrépide shérif Martha Ettinger. En parallèle, la mystérieuse Velvet Lafayette vient solliciter Sean Stranahan, ex-détective recyclé en peintre et lui-même pêcheur, afin qu’il recherche son jeune frère disparu. On assistera bientôt à une palpitante enquête conjointe, qui lèvera le voile sur le big business de la pêche au Montana. Captivant et dépaysant à souhait. On attend déjà le deuxième volet de cette nouvelle série !
Hunter
Patrick Manoukian, dont le pseudonyme le plus connu est sans aucun doute celui de Ian Manook, emprunte cette fois-ci le nom de Roy Braverman pour écrire un polar des plus captivants et déroutants. Un homme d’origine autochtone, Hunter, condamné à mort pour le meurtre de cinq hommes et la disparition de leurs femmes, s’échappe du couloir de la mort. Freeman, un homme défait par la disparition de sa fille Louise, ne compte pas le laisser s’échapper. Pourtant, les apparences sont trompeuses et la ville de Pilgrim’s Rest pourrait cacher plus d’un tueur. Hunter est-il le responsable de cette boucherie ou la réalité est-elle plus sombre encore ? Braverman signe ici un roman surprenant à plusieurs voix, certainement un des meilleurs polars de l’année.
L’enfant de poussière
Suivez les péripéties de Syffe, petit orphelin qui verra sa vie chamboulée par toute une série d’événements où il se retrouve la plupart du temps entraîné malgré lui. Affublé de rêves peuplés de créatures par-delà notre monde et mêlé à une série de manigances politiques, il sera tour à tour mendiant, espion, palefrenier, assistant-chirurgien et soldat. Le jour où il est victime d’un coup monté et accusé de meurtre, il doit abandonner tout ce qu’il avait connu pour fuir et échapper aux chasseurs de primes. Nous le voyons grandir, évoluer et, surtout, essayer de survivre dans un monde riche en histoires et en détails imaginé avec brio par l’auteur.
Nous sommes Bob
Imaginez-vous vous réveiller après vous être fait frapper par une voiture et découvrir que vous n’avez plus de corps : plus d’un siècle s’est passé depuis l’accident et on a copié votre conscience pour la télécharger dans un ordinateur. Imaginez qu’on vous a choisi pour remplir une mission importante, celle de partir à la découverte de planètes habitables (un rêve !), mais qu’il va falloir faire des copies de vous-même durant le voyage pour accomplir la tâche (quoi ? !). Plusieurs dangers (humains et naturels) menacent votre mission (et votre existence) ; pour survivre, il vous faudra faire preuve d’ingéniosité, de persévérance, et de beaucoup d’humour geek ! Vous comprendrez alors un peu ce que c’est d’être Bob. Alors ça, c’est de la bonne science-fiction !
Brasier noir
Penn Cage, ex-procureur, doit défendre son père, accusé d’avoir tué son ancienne infirmière. Ses recherches pour découvrir la vérité mettent à jour une série de meurtres impunis commis dans les années 60, au cœur de la ségrégation raciale. Si les premières pages sont dures, mettant en scène les terribles exactions d’un groupe plus radical que le Klu Klux Klan, elles fondent l’assise du roman et fournissent le matériel pour un texte labyrinthique, au rythme effréné maintenu par une plume vive et consciencieuse. De l’amour filial au sentiment de trahison, du besoin intrinsèque de justice à la corruption enracinée, du journaliste local aux agents de la CIA, Brasier noir bouscule par sa vérité décapante et rappelle la fragilité de nos acquis.
Le Reich de la Lune
Le Troisième Reich n’a pas disparu. Plus vigoureux que jamais, cela fait des années qu’il fomente l’invasion de la Terre depuis une base lunaire secrète. Une situation que l’on aurait pu qualifier de préoccupante si leurs technologies avaient seulement dépassé le stade de la radio et de la machine Enigma. Alors pour le virage numérique, on repassera, hein ? Le Reich de la Lune n’a rien à envier aux pires meilleurs films de série B, dont il récupère les ingrédients les plus éculés. Un cocktail composé d’expériences médicales hasardeuses, de propagande douteuse, de vaisseaux spatiaux, de méchants nazis, de vidéos de chats et, surtout, de la formidable connerie humaine. Bref, un véritable plaisir coupable. ÉMILIE ROY-BRIÈRE / Pantoute (Québec)
L’ange gardien
Angel Dare est en fuite (on saura bientôt pourquoi). Depuis peu, l’ex-actrice porno travaille comme serveuse sous un faux nom. Imaginez son choc quand un client l’appelle « Angel »… C’est Vic, un ancien amant et partenaire de films XXX, qu’elle n’a pas revu depuis des lustres. Il a rendez-vous avec son fils Cody, 18 ans, dont il a appris récemment l’existence. Baraqué comme un lutteur, le garçon arrive peu après et se dirige vers la table qu’occupe Vic. Entrent alors trois Mexicains qui font feu dans leur direction. Angel et Cody s’enfuient par la cuisine, traînant un Vic agonisant, pendant que le patron du resto tire sur le gang. Ainsi démarre ce polar truculent et haletant, qu’on déguste sans modération.
Au nom de l’horreur
Difficile de suivre la piste d’un meurtrier alors qu’on est probablement le prochain accroché à son tableau de chasse ! Enquête, hémoglobine et sueurs froides sont au rendez-vous dans le nouveau roman de L. P. Sicard, jeune plume prometteuse à l’origine de Blanche Neige, chez « Les contes interdits ». Une poignée de gagnants d’un concours sont invités dans un manoir reclus au charme d’antan. Pas de ligne téléphonique, pas de réseau. Si l’idée d’être un peu coupé du monde semble faire l’affaire de Philippe, il le regrettera bientôt ; les coupes de vin viennent à peine de tinter qu’un cri résonne dans la demeure. S’amorce dès lors une enquête complètement tordue, d’abord pour trouver un coupable, mais rapidement pour survivre. À lire dans une pièce bien éclairée, et préférablement pas seul…
Le silence est d’or
Un matin d’hiver, Roxanne, 8 ans, se réveille sur le plancher de sa cabane dans l’arbre, sourde. Plusieurs années plus tard, lors d’une fête entre amis où un incident fâcheux se produit, elle entend à nouveau. Elle se rendra compte, par la suite, que son handicap disparaît seulement en présence d’un certain Liam. Qui est-il pour posséder ce pouvoir ? Et que s’est-il passé huit ans plus tôt ? La quatrième de couverture avait piqué ma curiosité ! Je me suis lancée dans la lecture et je me suis rapidement retrouvée happée par ce mystère et cet univers, aux côtés de personnages qui me semblaient si réels que j’aurais voulu côtoyer ces gens encore plus longtemps que le temps d’un roman. Chapeau pour cette intrigue touchante ! Dès 12 ans. ANIK BEAULIEU / Carpe Diem (Mont-Tremblant)
Les gardiens du temps (T. 2) : Le grand livre d’incantations
Les gardiens du temps ont reçu la mission de retrouver le Grand Livre d’incantations, celui qui contient tous les pouvoirs divins, avant leurs ennemis. Mais qui sont-ils au juste ? Le monde des dieux et des enfers est tordu ! Au rythme des révélations consenties par l’auteur et des changements d’allégeance des personnages, nous passons de surprises en découvertes qui nous laissent songeurs quant à la transparence et à l’authenticité de certains individus. Nous visiterons de nouvelles époques : de Rome à la Grèce en passant par la mythique Atlantide, avec, en toile de fond, une incursion dans l’allégorie de la caverne de Platon. Un deuxième tome qui démontre plus de profondeur. Vivement le tome 3 pour connaître le fin mot de l’histoire ! Dès 12 ans.
Tellement sauvage !
Qu’ont en commun Francesca Cicchetti, Safia Nolin et Michelle O’Bonsawin ? Ce sont quelques-unes des dix filles allumées que nous présentent Laïla Héloua et Corinne De Vailly dans un documentaire coloré. À travers des fiches remplies d’informations et d’anecdotes personnelles, on découvre le parcours, souvent semé d’embûches, de dix femmes inspirantes qui ont su faire leur place dans des domaines souvent réservés aux hommes. Illustré avec talent par Mika, ce documentaire est un véritable hommage à la persévérance et à l’importance de croire en ses rêves. En bonus, on retrouve le portrait de neuf pionnières qui ont marqué leurs domaines respectifs. Un gros coup de cœur pour le trio allumé derrière ce documentaire ! Dès 10 ans.
Mustafa
Cette auteure ne cesse de créer de magnifiques albums merveilleusement illustrés. Celui-ci traite d’un sujet très actuel : l’intégration des immigrés. Mustafa est un petit garçon timide qui découvre son nouveau pays avec joie et nostalgie, à travers ses balades dans le parc. Tout le fascine : les fleurs, les insectes, les passants et les autres enfants ! Par contre, la barrière de la langue le rend invisible. Une petite fille enjouée, Maria la fille-au-chat, réussira tranquillement à l’apprivoiser. Leurs jeux annoncent une belle amitié dont on aimerait bien connaître la suite ! L’ouverture vers l’autre est exprimée simplement, sans préjugés. Quel bel album ! Dès 3 ans.
Tellement sauvage !
Mais que font les animaux sauvages quand nous dormons la nuit ? Rien de bien spécial, pensez-vous ? Eh bien, vous vous trompez joyeusement ! Et c’est ce que vous découvrirez au fil des pages de Tellement sauvage ! Un album d’une grande richesse qui joue et jongle de manière très habile avec les mots et les expressions, dans un décor fabuleusement drôle et amusant. Préparez-vous à une escapade en nature qui vous réservera bien des surprises ! Plusieurs détails cocasses se cachent dans les somptueuses illustrations de France Cormier, si bien qu’on prendra plaisir à le relire souvent ! Dès 3 ans.
Ash princess (t. 1)
Theodosia, 6 ans, assiste à l’assassinat de sa mère, la reine d’Astrée, pendant un assaut brutal. À cet instant, elle perdra non seulement sa mère, mais aussi son peuple, son titre et son identité. Elle sera désormais nommée Thora, princesse des cendres, et sera affublée d’une couronne de cendres, symbole de sa fragilité et de sa servitude. S’ensuivront dix ans de torture et d’insécurité. Laura Sebastian nous offre une histoire de soumission, d’hypocrisie et de pouvoir à travers laquelle perce tout de même l’espoir. Des personnages au caractère fort nous accrochent et nous portent dans notre lecture. Le fantastique s’ajoute, à notre plus grand plaisir, apportant son lot de croyances et de mystères sur Theo, la jeune fille qui désire la liberté. Dès 13 ans.
Le mille-pattes
Le mille-pattes est la nouvelle bestiole à faire son entrée dans la collection « Les petits dégoûtants » d’Elise Gravel. Un autre mal-aimé des adultes, mais qui pique bien la curiosité des plus jeunes. Ce livre nous apprend en quoi cet animal nous est utile, qu’il ne faut pas lui faire de mal et nous invite à aller en faire la découverte. D’une page à l’autre, on découvre des informations inusitées sur l’animal, ce qui nous pousse à continuer la lecture. Le mariage est parfait entre les informations et l’humour. Les illustrations rendent le mille-pattes attachant et même mignon. Un nouveau volume de cette collection qui fera rigoler vos petits curieux ! Dès 4 ans.
Je t’aime beaucoup cependant
Le prolifique Simon Boulerice nous offre, après L’enfant mascara, un deuxième roman inspiré d’un fait divers. Cette fois-ci, il s’agit d’un drame local, qui avait ébranlé tout le Québec, la disparition de la jeune Cédrika Provencher. L’auteur nous présente le côté de ceux qui restent, de ceux qui ont souffert de cette disparition. Plus précisément, il prend l’exemple de la meilleure amie de la jeune disparue. Bien sûr, tout ceci est romancé, mais Simon nous fait bien ressentir l’impact que cela peut avoir dans la vie de cette amie. Pas besoin d’aller dans le mélodramatique, car cette histoire se veut franche et sans artifice. Je t’aime beaucoup cependant de Simon Boulerice est un roman que j’ai aimé beaucoup… tout simplement ! Dès 14 ans.
La saga des trois petits pois
Après La soupe aux lentilles, les éditions La courte échelle nous offrent un nouvel album « alimentaire » avec La saga des trois petits pois. Cette ludique histoire, brillamment imaginée par Pierrette Dubé, nous présente les aventures de trois petits frères pois. Tout commence avec un grand cri : « C’est aujourd’hui ! C’est la récolte ! » Le lecteur suivra cette verte fratrie à travers les différentes étapes de la culture de ce légume, du champ à notre table. En plus d’être éducatif, cet album fera rire les plus jeunes lecteurs grâce à des blagues sur les pois chiches, mais captera leur attention avec les intrigues qu’il offre. Bien illustré par Yves Dumont, ce livre donnera peut-être envie à nos enfants de manger leurs légumes ! Dès 4 ans.
Éléphant et Rosie : Aïe ! Ma trompe !
Gérald l’éléphant se retrouve dans une fâcheuse situation : il s’est cassé la trompe ! Il raconte alors à son amie Rosie l’histoire abracadabrante qui a mené à ce malencontreux accident impliquant ses amis Rhino et Hippo. Son histoire amène toutefois son lot de surprises et une finale inattendue. Ce nouvel opus de la série « Éléphant et Rosie » est encore une fois une réussite. Mo Willems sait captiver les tout-petits grâce à son sens aiguisé de l’intrigue ainsi que son sens de l’humour. Une série à découvrir et qui trouve sa place parmi les classiques de la littérature jeunesse. Dès 3 ans.
La nuit de Berk
Que se passe-t-il lorsqu’un animal en peluche passe la nuit à l’école ? Oubliés par des enfants à l’école, Berk le canard et Croc le croco-sac-à-dos se mettent à arpenter l’école à la noirceur. Ils doivent affronter leurs peurs lorsqu’ils entendent de drôles de bruits dans la salle de classe. Les bruits étranges ne sont toutefois pas ce qu’ils croient et ils devront passer la nuit à réparer leurs dégâts. Après Le mange-doudous et Le bain de Berk, le personnage de Berk revient en force dans une troisième histoire de Julien Béziat, toujours aussi attachante et amusante. On aime aussi le clin d’œil aux autres personnages des éditions L’école des loisirs qui se cachent dans les pages de ce magnifique album. À lire et à relire ! Dès 3 ans.
Cher monsieur Donald Trump
Le jeune Sam est contraint de partager sa chambre avec son grand frère, « une personne indésirable ». Un soir, il aperçoit un homme au bulletin de nouvelles qui parle de son projet de bâtir un mur pour séparer son pays du voisin et se dit : « Peut-être que je devrais en faire un moi aussi ». Dès lors, à travers plus d’une dizaine de lettres adressées au président américain, Sam élabore son grand projet de séparation qui peu à peu et avec de grands efforts, en deviendra un de réconciliation. Un album dont l’écho se fait encore sentir bien après avoir refermé la couverture, fait pour être lu, raconté, partagé, discuté. Grand et magnifique, illustré avec humour et sensibilité, ce livre rappelle qu’il vaut souvent mieux franchir les murs que les bâtir. Dès 7 ans.
Hazel Wood
Hazel Wood m’a prise par surprise. Évidemment, avec sa magnifique couverture et son synopsis intéressant, je m’attendais à une histoire qui en valait la peine. Et je n’avais pas tort. Toutefois, ce qui m’a davantage plu n’est pas nécessairement le cours du récit, mais bien la différence que ce dernier apporte dans la littérature fantastique jeunesse. J’étais habituée à ces jeunes héros et leurs acolytes qui réussissent constamment à vaincre les méchants. Mais avec Alice, le personnage principal, tout est différent. Dans cet univers de conte noir, l’auteure nous guide entre le fil intrigant de l’histoire et le danger qui guette constamment la jeune fille en quête de réponses. Dès 14 ans.
Blue Giant (t. 1)
Pas besoin d’être un mordu de jazz pour embarquer dans ce manga?! Dans un registre inusité, Shinichi Ishizuka nous entraîne dans les pas de Dai, jeune saxophoniste qui a appris à jouer seul, à l’oreille. Pendant des heures chaque jour, sur les berges du fleuve, il donne tout. C’est sa façon de s’exprimer, de respirer?; la musique l’habite avec toute sa puissance. C’est décidé, il sera le meilleur musicien de jazz au monde?! Mais la passion ne suffit pas et il y a beaucoup à apprendre… Blue Giant est un manga résolument enthousiaste, positif et éclatant?! Ce qui vous attend, c’est le plaisir d’entendre (oui, d’entendre?!) une musique pure et brute qui vous laissera pantelant, et de suivre le rythme pour voir jusqu’où il vous entraînera?!
Il faut flinguer Ramirez (t. 1)
Falcon City, Arizona. Jacques Ramirez est un modeste, mais efficace employé d’une grande compagnie d’électroménager. Par hasard, deux membres de la pègre mexicaine le reconnaissent?: c’est lui, le tueur impitoyable qui a autrefois trahi le boss?! Désormais, la chasse est ouverte?: il faut flinguer Ramirez?! S’ensuivent planques, règlements de compte et vengeance, auxquels s’ajoutent deux filles en cavale, un nouvel aspirateur hi-tech et un flic dépassé par les événements… Vous l’aurez compris, cette BD est digne d’un film?! Petrimaux a déjà goûté aux scénarios et ça se sent. Les scènes se succèdent, les couleurs sont magnifiques et les dialogues percutants. Un comic très abouti, les fans de Tarantino s’y retrouveront. Vivement la suite?!
Zviane au Japon
Zviane est de retour?! Cette fois, la bédéiste québécoise nous offre le récit de son voyage récent au Japon. Dessiné dans son style particulier, avec les observations humoristiques et les discussions philosophiques qui font le charme de plusieurs de ses œuvres, ce livre plaira tout autant aux amateurs de récits de voyage qu’à ceux de bandes dessinées indépendantes. Découvrez les petites choses de la vie qui rendent le Japon si fascinant et particulier, comme le service à la clientèle, les manières, le bruit, l’argent et, bien sûr, les toilettes?! Il n’y a rien de plus à dire?: allez découvrir (ou redécouvrir) Zviane (mais, cette fois, au Japon?!) et amusez-vous bien?!
L’obsolescence programmée de nos sentiments
Ulysse, ancien déménageur, est rongé par l’ennui depuis qu’il est à la retraite. Sa femme, Pénélope, est morte depuis un bon moment déjà, et il ne sait que faire de sa solitude. Méditerranée, dont la mère était malade depuis plusieurs mois, doit maintenant faire son deuil, et trouve son réconfort à la fromagerie familiale qu’elle dirige depuis le décès de son père. Tous deux se rencontreront par hasard dans la salle d’attente d’un gynécologue, et de cette rencontre naîtra une magnifique histoire d’amour. L’obsolescence programmée de nos sentiments, un tendre et sublime hommage au temps qui passe, à la vieillesse et à l’amour. Un récit touchant, riche en images fortes et authentiques, où tout est présenté tel quel, sans embellissement ou exagération. Parce que des fois, les maladresses sont ce qui rend la vie merveilleuse.
L’esprit du camp (t. 2)
Le premier volet nous transportait à l’été 94 alors qu’Élodie s’était vue forcée d’adopter l’esprit du camp alors qu’elle avait plutôt l’esprit de rébellion. Sa finale nous avait laissés sur une note inquiétante il y a plus d’un an et c’est avec plaisir que l’on retrouve Élodie, les espiègles rouquines, l’étrange directeur et tous les autres afin de clore l’été 94 et de résoudre ses mystères à un rythme trépidant. Élodie a-t-elle rêvé ou un mauvais esprit rôde réellement autour du camp?? Qui est Hector, ce vieux bourru qui plonge avec la grâce d’un cygne?? L’amour sera-t-il au rendez-vous?? On retrouve tout l’humour acidulé, le suspense, la nostalgie des années 90 et le brin de romantisme du premier volet, et c’est avec le cœur gros qu’on quitte le camp du Lac à l’Ours.
Once and for All
Once and for All est cette dose d’amour quelque peu naïf dont nous avons tous besoin une fois de temps en temps. Que ce soit pour nous faire rêver ou nous rappeler nos premières expériences de cœur, la plume de l’auteure arrive à faire avec brio les deux. Elle parvient à combiner la candeur de l’adolescence avec ce côté dramatique et réel qui touche actuellement notre monde. Dans cet univers romantique où l’organisation de mariages est l’activité principale, nous rencontrons Louna et Ambrose. Aussi différents l’un de l’autre, ils apprennent à se connaître page après page. C’est en partie grâce à leur complicité comique et attachante que j’ai été charmée par ce roman qui a marqué mon été littéraire 2018 ! Dès 13 ans.
Chat tricote !
Chat et Fille sont amis depuis longtemps. Un jour, un étrange invité fait son entrée dans la maison : Phil la pelote de laine ! Chat et Phil deviennent rapidement inséparables. C’est tellement amusant de faire tourner et rouler entre ses pattes cette grosse boule de laine rose ! Mais un jour, Chat et Phil sont séparés. Fille se met à tricoter des foulards, des chandails et toutes sortes de vêtements roses… Chat est inquiet. Où est passé son ami Phil ? Et à qui sont destinés tous ces étranges vêtements ? Un véritable coup de cœur qui aborde avec humour la vie d’un chat capricieux, mais très attachant. Dès 4 ans.
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