
J. D. Kurtness, porte-parole de Je lis autochtone! propose :
Dumont est une de mes écrivaines préférées, toutes nationalités confondues. Perles de verre (Hannenorak) raconte l’histoire de quatre amis, échelonnée sur deux décennies. Une écriture pétillante d’intelligence détaille les péripéties de ces personnages faillibles, mais tellement humains, forcés de quitter leurs communautés pour améliorer leur sort. Comme des perles dans un motif, les courts chapitres font état des victoires et des échecs, où le tragique côtoie l’humour et l’amitié tricote les familles qu’on se choisit. Dumont prouve l’ampleur de son talent avec ce troisième roman plus acéré que ses deux premiers (On pleure pas au bingo et La course de Rose). Ici, les yeux de l’enfance ou le surnaturel ne dorent plus la pilule, mais on retrouve avec joie la sensibilité et l’autodérision de Dumont.
J. D. Kurtness est née en 1981 à Chicoutimi, d’une mère québécoise et d’un père ilnu de la communauté de Mashteuiatsh. Elle a signé deux ouvrages qui ont trouvé de chaleureux échos : De vengeance (2017), l’histoire d’une tueuse en série dont la carrière débute dès ses 12 ans et qui est, paradoxalement, aussi méchante que sympathique, et Aquariums (2019), un roman d’anticipation polyphonique dont l’intrigue tourne autour d’un vilain virus destructeur. Récemment, elle signait la nouvelle Bienvenue, Alyson (2022).




Jocelyn Sioui, porte-parole de Je lis autochtone! propose :
Je vous propose Enfants du lichen de Maya Cousineau Mollen (Hannenorak). Quand je lis sa poésie, j’ai l’image d’un long portage qui me rappelle la résilience autochtone. Il y a beaucoup de similitudes entre la résilience et le portage de canot. Courir avec un canot sur le dos, c’est possible sur une courte distance. Mais pour traverser des dizaines de kilomètres, courir avec une embarcation au-dessus de la tête nous tue avant l’arrivée. Il faut donc marcher, le poids sur l’échine. Maya me rappelle les milliers de kilomètres parcourus sans courir, pour ne pas se faire avaler par ce monde qui espérait notre fin. Pour revoir la rivière et la parcourir, enfin. Sans fin. Cette douceur entêtée ancrée dans le cœur. La résilience se marche sur des miles et des miles. Les mots de Maya voguent entre rage sourde et espoir de lumière. Ils sont aujourd’hui et hier. Ses deuils, ses histoires personnelles, celles des femmes autochtones oubliées, résonnent dans les vers qu’elle écrit.
Jocelyn Sioui, comédien, dramaturge, marionnettiste et écrivain wendat, estmembre fondateur de Belzébrute, band de théâtre. Il est aussi le fondateur et le directeur du OUF! Festival Off Casteliers, consacré aux arts de la marionnette. Il a publié l’essai biographique Mononk Jules (2020) et le conte Frétillant et agile (2022) aux Éditions Hannenorak.





















