Comment un philosophe tel qu’Alain Deneault peut-il se retrouver propulsé sur les planches? Grâce à la compagnie Carte blanche qui « a pour mission de créer et de produire un théâtre exploratoire résolument contemporain, aux formes scéniques multiples, décomplexées et ancrées dans le prisme des arts visuels, performatifs et multidisciplinaires ».
Avec la pièce Use et abuse, présentée la semaine dernière à La Chapelle à Montréal, au Périscope du 9 au 13 décembre et à La Rubrique à Saguenay le 16 janvier, les artistes Alix Dufresne et Christian Lapointe provoquent pour incarner la parole d’Alain Deneault portant sur la manipulation par le politique qui se sert des procédés artistiques pour diriger et infléchir le discours.
Le spectacle commence avec la projection sur grand écran d’une conférence d’Alain Deneault intitulée « Comment l’industrie culturelle use et abuse de l’art », issue de son livre manifeste L’économie esthétique publié chez Lux Éditeur. Tout au long de l’heure que dure l’exposé, l’acteur et l’actrice improvisent suivant les mots de l’essayiste qui énonce de façon implacable la brutalité du capitalisme qui évalue l’art à l’aune de sa rentabilité.
Ce qui n’est pas une pièce à proprement parler, mais plutôt une performance scénique destinée à un public de 18 ans et plus, provoque certes, ne lésinant pas sur les moyens pour mettre en lumière la violence de la marchandisation et de ses manœuvres déloyales, mais elle convainc en ce sens qu’elle illustre pour le mieux les rouages de la machination. Use et abuse, en s’octroyant toutes les libertés, redonne ainsi ses droits à l’art, ultime espace de liberté.
Photo : © Maxim Paré Fortin













