Dans les méandres de la Seine se matérialisent les rêveries prodigues du nouvel académicien François Sureau. En suivant ses paresseux bouillons, peu à peu se dessine une manière d’autobiographie intellectuelle, baroque et érudite. On pense au genre de chefs-d’œuvre que sont Danube de Claudio Magris et Voyage d’un Européen à travers le XXe siècle de Geert Mak, touffus et luxuriants. Comme bâton de marche pour son pèlerinage intérieur, Sureau s’est inventé un alter ego, ami peintre des surréalistes et résistant, admiré autant que craint de l’autocrate Breton. Il se nomme Agram Bagramko, et c’est en sa compagnie que nous orpaillerons le temps à la recherche de lumières atténuées par la mémoire défaillante ou traficotée de l’humanité.