Après s’être habilement penchée sur l’angoisse de pensée et l’hypersensibilité, Evelyne Grossman s’applique dans cet essai à réfléchir la crise comme volonté créatrice — pure coïncidence avec l’état d’urgence sanitaire actuel, l’auteure veut surtout évoquer la douleur de la création et les processus complexes cachés derrière une œuvre personnelle. C’est la crise qui engendre le processus créateur, qui rend féconde l’imagination, et l’inventivité viendrait d’un déséquilibre que l’on tenterait de maîtriser sans chercher à le résoudre entièrement. Éditrice et spécialiste des théories littéraires, elle a le don de nous insérer dans le crâne toutes sortes d’histoires de grands écrivains qui ne font qu’attiser notre curiosité et allonger impitoyablement notre liste de lectures à venir.