C’est un Alain Deneault autrement plus hargneux que par le passé que nous retrouvons ici pour décrier avec force les tenants et aboutissants de cette figure délaissée que serait le colon, sorte d’hybride entre le colonisateur et le colonisé dont l’orgueil et les tares ne seraient pas sans rappeler certains traits observables chez la classe moyenne contemporaine. Revisitant avec une sévérité qui atteint de nouveaux sommets l’histoire du Canada, Deneault dénonce vaillamment le caractère factice de l’identité canadienne, les artifices ayant mené à son érection, son mercantilisme éhonté ainsi que les multiples visages de l’aliénation qui serait la nôtre. Un titre qui ne réconcilie personne, mais qui laisse néanmoins songeur.